Cisco le Ruthénois le fait lui-même... avec les autres

  • Avec son label Dora Dorovitch, Cisco produit aussi des vinyles.
    Avec son label Dora Dorovitch, Cisco produit aussi des vinyles.
Publié le , mis à jour

J’ai eu un gros coup de chance. » Voilà résumé la genèse de la carrière musicale de Francis Esteves, alias Cisco, 43 ans, quand il se penche sur sa trajectoire musicale de ces 20 dernières années. Dans les années 90, voilà le petit Francis qui se met à la basse et commence à jouer dans des groupes locaux, Moan, puis Téléfax, qui avaient établi leur QG dans les locaux du studio de la Nauze, perdu quelque part sur le Lévezou. Et puis « ça a commencé à partir » : Francis rejoint un groupe toulousain, Diabologum, qui reçoit le soutien de Dyonisos puis de Bertrand Cantat.

Le groupe signe chez Lithium, qui avait dans son écurie des artistes comme Yann Tiersen, Dominique A ou Jean-Louis Murat, Lithium qui devient un sous-label de Virgin... Et hop, avec Diabologum, puis Experience, voilà le Francis devenu Cisco embarqué dans des tournées en Europe et aux États-Unis, entre 2000 et 2006. Et voilà la crise du disque, le label revendu à EMI, et Cisco coincé dans les rouages de l’industrie musicale. Un univers impitoyable qui « ne collait pas avec nos propos qui étaient revendicatifs ». Et sans éthique, le groupe et donc Francis vont quitter le navire de croisière et prendre le large.

En même temps, Cisco a vécu aux États-Unis et sa qualité de musicien labellisé lui a « ouvert toutes les portes ». C’est ainsi qu’il a travaillé avec Steve Albini, musicien et producteur, entre autres de Nirvana, Breeders, Sonic Youth ou encore PJ Harvey, et surtout « figure emblématique du Do it yourself » des années 90, précise Cisco. « Aux États-Unis, soit tu es un très gros et tu vis bien, soit tu es un artiste intermédiaire et tu vis dans la misère ». Avec son esprit punk rebelle, le « Do it yourself », ou « fait maison », né à la toute fin des années 60, vise à sortir de cette logique-là : « On est dans la culture indépendante, commente Cisco, là c’est comment trouver une économie en dehors des majors et de l’industrie du disque. C’est une démarche solidaire, un système d’entraide dans la culture ».

Alors Francis s’y lance, souvre avec un esprit rock sur le hip hop indépendant ; et imagine le BAM, pour « Binary Audio Misfits » : « Le but était de construire un album totalement par Internet », dit-il. Lui-même entre le Canada, les États-Unis et la France, le voilà à travailler, par exemple, avec un type du Texas. Et Bam, si je puis dire, voilà le projet qui décroche le FAIR, le concours du ministère de la Culture, qui finance les voyages et la tournée de Cisco... Qui se retrouve ainsi au festival d’Austin, l’un des plus grands du monde, où chaque pays présente sa culture musicale et où quelque 3 000 groupes se produisent en deux semaines, et...

Et voilà ? Que nenni. Revenu à Rodez depuis 3 ans pour raisons familiales, Cisco n’a pas pour autant débranché l’ampli ni éteint l’ordinateur. Le Do it yourself, il continue à le faire lui-même, pour et avec les autres. Il a réveillé ainsi le label Dora Dorovitch qu’il avait créé en 2000, la plus vieille maison de disques. Mais pas que : il crée également via la Toile « Connect the machine to the map », ou branche ta machine sur la carte, qui se veut « une réunion de plein de labels mondiaux », qui veut « mutualiser les compétences et faire évoluer les artistes ».

En clair, « quand on a un artiste qui vaut le coup, on peut le faire tourner partout dans le monde ». Mais pas que : le beat-maker Cisco se branche aussi avec des artistes transversaux, des peintres ou des écrivains, pour faire coller de la musique sur leurs œuvres. Ou avec des salles ou des associations pour créer des événements. Mais pas que toujours : voilà qu’il amène MAO dans les écoles, de la musique assistée par ordinateur pour sensibiliser les gamins au son.

« La MAO, c’est très ludique, et ça amène les enfants vers pratique des instruments. » À l’école des Genêts d’Onet ou Pierre-Puel des Quatre-Saisons, « Je leur fais prendre des musiques qu’ils aiment, comme Maître Gimm’s ou Tal, des trucs que que je déteste, et je leur fais couper des bouts, travailler le tempo et recréer leurs morceaux. Ils trouvent ça magique. » Ce « Do it yourself » total et altruiste, Cisco le fait partout, tout le temps, « mais de chez moi, en fait ». Voilà qui limite fortement son empreinte carbone...

Centre Presse / Laurent Roustan
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