Réforme : coup d’accélérateur au permis de conduire

  • Des cours de code dans une auto-école. L’enseignement est toujours dispensé par les professionnels.
    Des cours de code dans une auto-école. L’enseignement est toujours dispensé par les professionnels.
  • Réforme : coup d’accélérateur au permis de conduire
    Réforme : coup d’accélérateur au permis de conduire
Publié le , mis à jour

Depuis plusieurs mois, les épreuves théoriques classiques du code de la route ne sont plus organisées par l’État (via les Directions départementales des territoires). « L’État a fait le choix d’externaliser l’examen du code pour libérer les inspecteurs sur l’examen pratique du permis », précise Arnaud Aninat, délégué à l’éducation routière Tarn/Aveyron. Objectif : réduire les délais d’attente des candidats. Au niveau national, le délai moyen pour un élève a pu ainsi être réduit de 90 à 60 jours (moyenne estimée pour un second passage). En Aveyron, le temps d’attente, déjà faible, a baissé de 10 %.

« Après quelques mois d’adaptation, aujourd’hui, ça fonctionne. Les centres privés couvrent la totalité des villes où la DDT organisait les examens du code », observe le délégué. Les avantages de ce nouveau fonctionnement sont non négligeables pour les candidats : le nombre de places d’examen a presque doublé et les occasions de s’inscrire (et donc de réussir) plus fréquentes. Il est également possible de passer l’examen dans un autre département. Le tout « sans qu’il n’y ait eu d’impact sur le taux de réussite, estimé entre 67 et 70 % ». Côté auto-école, le changement semble recevoir un accueil favorable. « C’est plus pratique et plus fluide pour nous. L’augmentation du nombre de places permet de s’inscrire quand on veut », estime Marie Vayssettes, gérante d’auto moto Marie à Espalion. « Les élèves sont gagnants sur les délais. On garde la main toutefois sur les inscriptions pour assurer le suivi pédagogique des élèves », complètent les enseignants de l’auto-école Mobil’Emploi.

Les habitudes ont été bousculées avec la dématérialisation des inscriptions des candidats au code et de l’examen. À présent, les inscriptions s’opèrent sur le site internet de l’organisateur moyennant une redevance de 30 €, fixée par l’État. De plus, l’épreuve théorique se réalise sur une tablette et les questions, issues de la base du ministère, sont individuelles (il est loin, le temps où l’on poinçonnait sur un boîtier !). « Tous les élèves ne sont pas égaux devant les outils numériques et cela nous demande de l’accompagnement pour certains », constate-t-on chez Mobil’Emploi.

La généralisation des outils numériques facilite également l’évolution des méthodes d’apprentissage du code de la route (usage de plateformes sur internet) et des procédures administratives de demande du permis (lire encadré). Le nombre de personnes présenté en candidat libre augmente. « Le numérique et internet favorisent l’autonomisation des élèves. Cela impacte leur rapport avec l’auto-école », conclut Arnaud Aninat.

Externalisation : neuf centres en Aveyron

À ce jour, cinq organisateurs privés, agréés par le ministère de l’Intérieur, sont habilités comme centre d’examen du code de la route en France : La Poste, SGS, Bureau Veritas, Decras et Pearcon Vue. « Seules les épreuves en établissement pénitencier et celles réservées aux personnes maîtrisant mal la langue française ou atteintes d’un handicap restent sous la responsabilité de l’État ». En Aveyron, La Poste et SGS ont ouvert respectivement six et trois centres avec l’aval de la DDT. Rodez : SGS (CCI rue Aristide-Briand) ; Onet : La Poste (Centre de tri) ; Millau : SGS et La Poste ; Saint-Affrique : La Poste ; Villefranche : SGS et La Poste ; Decazeville : La Poste ; Espalion : La Poste.

Dématérialisé

Les auto-écoles du département ont reçu l’information il y a quelques mois par la DDT : l’enregistrement des demandes de permis passera par la voie numérique à partir du 1er novembre. Exit les dossiers CERFA 02 et 06 papier. Tout devra se faire depuis le site de l’Agence Nationale des Titres Spécialisés (ANTS) sur un espace dédié. Le dossier sera ensuite administré par un opérateur de la DDT locale et validé par l’élève. Cet espace personnel traitera également, à terme, les demandes de carte d’identité, de passeport, etc. « Familiarisez-vous au plus tôt avec l’outil tant que nous sommes dans la période de transition. Ce d’autant que nous avons beaucoup de dossiers papier en attente. Au 1er novembre, il n’y aura plus d’autre alternative », conseille Arnaud Aninat.

Centre Presse / CORRESPONDANT
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