Trafic de stupéfiants à Rodez : le chef et ses « petits » à la barre

  • Frédéric Coulomb représentait le ministère public lors de cette audience.
    Frédéric Coulomb représentait le ministère public lors de cette audience.
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Centre Presse / Lola Cros

C’est un renseignement anonyme qui, en novembre 2015, a mis les policiers ruthénois sur la piste d’un trafic bien organisé de stupéfiants. L’une des « deux principales filières » connues sur le Ruthénois : l’autre étant déjà ciblée par une instruction en cours. Sept membres de cette importante filière, imputée au « chef » Faisal Ali Khan, étaient présentés mercredi au tribunal de Rodez.

Pendant huit mois, leurs téléphones ont été écoutés et leurs actes pistés. Sur cette période, 20 kg de résine de cannabis et 1 kg de cocaïne seraient passés entre les mains de ces jeunes hommes, dont le chef aurait tiré un bénéfice de 20 000€, sans compter les « dédommagements » prévus pour ses petites mains. Cinq d’entre eux comparaissaient libres, dont l’un était absent de l’audience. Quant au « chef » et son « second », tous deux étaient déjà incarcérés et sont arrivés au tribunal sous escorte.

Dans une salle d’audience agitée et remplie de proches des prévenus, chacun a tenté de minimiser ses responsabilités et de revoir à la baisse les quantités de drogues que les uns et les autres ont eu en leur possession. Une attitude classique, analyse le procureur Frédéric Coulomb : « Les prévenus pinaillent sur des détails, reviennent sur leurs déclarations : c’est récurrent. Dans les audiences pour trafic de drogues, le mensonge est roi pour que les autres prévenus ne sachent surtout pas ce que l’on a dit aux policiers pendant l’enquête ».

Il ressort de cette enquête que le « boss », Faisal Ali Khan, s’appuyait sur ses six « petits », comme il disait dans ses écoutes. Ces derniers étaient envoyés en banlieue parisienne et à Montpellier, « tous les quinze jours environ » pour approvisionner le trafic. Pendant que d’autres servaient de « nourrice » en stockant et écoulant la drogue dans différents appartements. Frédéric Coulomb demandait au tribunal, dans ses réquisitions, de ne pas faire preuve d’une « répression sans faiblesse ».

« Contrairement à ce que l’on croit, l’Aveyron n’y échappe pas. Aujourd’hui on trouve de tout en Aveyron, de véritables réseaux s’installent et enrôlent de nombreux jeunes avec pour conséquences : des risques sur la santé, sur la salubrité mais aussi sur la sécurité. Lutter contre les trafiquants de drogue ne doit pas être une fatalité : ces hommes doivent l’entendre », a-t-il insisté. « Aujourd’hui, nous sommes là pour rendre justice : il n’y a pas de place pour l’exemple », a plaidé Alexandra Gosset, avocate des deux « chefs » du réseau.

Le tribunal a pourtant prononcé des peines plus clémentes que celles requises. La tête du réseau, âgée de 30 ans, Faisal Ali Khan, déjà incarcéré pour des faits similaires (et dont la petite fille de 22 mois a été retrouvée « complètement défoncée » après avoir ingurgité de la drogue, révèlent les écoutes), écope de 4 ans de prison avec mandat de dépôt et de 10  000€ d’amende. Les peines des six « petits » oscillent entre 4 mois de prison avec sursis et 2 ans de prison ferme, assorties d’une obligation de soins et de travail pour certains. Deux d’entre eux écopent également d’amendes de 1 000 € et 2 000 €.

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