A Laguiole, Jeune Montagne se sépare (déjà) de son directeur

  • L’aventure laguiolaise de Frédéric Duvauchelle aura été de courte durée.
    L’aventure laguiolaise de Frédéric Duvauchelle aura été de courte durée.
Publié le , mis à jour

Il n’a pas pris l’habit du directeur. Au bout de six mois, il n’était pas impliqué dans la structure et nous ne voulions pas perdre de temps. Nous avions parié sur lui, nous lui avons donné sa chance car il avait un bon profil dans l’agroalimentaire, un vécu important de 17 ans dans la même entreprise mais on est déçu. Nous avons l’impression d’avoir perdu un an en interne. Les équipes étaient toujours en train de le relancer.

Nous sommes ici à Laguiole dans une entreprise où il faut mettre la main à la pâte. Il faut agir, accompagner les équipes de productions et commerciales.

Nous n’avons pas encore choisi le cabinet. Pour l’instant, on pallie à l’urgence. On s’est donné six mois pour trouver la bonne personne mais ce n’est pas facile. Il faut trouver quelqu’un qui ait les compétences et qui accepte de vivre à Laguiole, de trouver un poste pour son ou sa conjoint(e). On en souffre. On recherche toujours la personne très motivée.

Non, il n’y a pas eu de souhait en interne. On se préoccupe de la production laitière sur l’Aubrac avec 75 exploitations sur Laguiole et une vingtaine sur Thérondels. On se réjouit du Salon de l’agriculture avec la race aubrac en tête d’affiche mais il y a plus de demandes en production viande qu’en production laitière car cette dernière demande beaucoup plus de travail.

Il faut que l’on s’ouvre. Il y a une dynamique à mettre en place à travers les nouveaux produits comme la tarte à la tome et le packaging. Nous devons lancer un projet d’investissement dans les 3-4 ans dans la zone de la Poujade pour se mettre en phase avec l’IFS (ce sont les certifications à faire renouveler chaque année par audit, NDLR). Nous avons besoin d’espaces, on a dû louer des bureaux dans Laguiole car nous sommes trop à l’étroit.

Non. Et puis c’est un préjudice financier mais surtout moral. Quand quelqu’un vous arnaque pendant huit ans, c’est terrible. Notre souhait le plus fort est de tourner la page.

C’est une belle aventure qui perpétue les anciens et le travail de M. Valadier qui est toujours de très bons conseils. Mon mandat est renouvelable chaque année, on verra, j’ai 61 ans.

Ce n’est pas possible. On ne rachète pas une coopérative, ce sont les adhérents qui en sont les actionnaires. On est nos propres acteurs, maîtres de notre destin. Le but est d’être capable demain de valoriser le lait collecté et de bien rémunérer les productions. Nous avons la chance d’avoir encore cinq jeunes qui demandent à entrer à la coopérative, c’est du pain béni.

Centre Presse / Olivier Courtil
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