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"Paranoïa": Soderbergh signe un thriller angoissant, filmé à l'Iphone

  • "Paranoïa" de Steven Soderbergh sortira en France le 11 juillet
    "Paranoïa" de Steven Soderbergh sortira en France le 11 juillet Courtesy of Twentieth Century Fox France - Courtesy of Twentieth Century Fox France
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(AFP) - Après avoir revisité le film de braquage dans "Logan Lucky" l'an dernier, le cinéaste américain Steven Soderbergh confirme son retour à la réalisation avec un thriller paranoïaque et claustrophobe entièrement tourné à l'Iphone, un procédé sur lequel il ne tarit pas d'éloges.

(AFP) - Après avoir revisité le film de braquage dans "Logan Lucky" l'an dernier, le cinéaste américain Steven Soderbergh confirme son retour à la réalisation avec un thriller paranoïaque et claustrophobe entièrement tourné à l'Iphone, un procédé sur lequel il ne tarit pas d'éloges.


En salles mercredi, "Paranoïa" ("précédemment intitulé "Unsane") suit les pas de Sawyer Valentini (interprétée par Claire Foy, la reine Elizabeth de la série "The Crown").

La jeune femme, vivant seule, s'est récemment installée en Pennsylvanie. Elle est convaincue d'être harcelée par un homme qui l'abreuve de textos et la suit. Alors qu'elle va consulter pour ses angoisses, elle va se retrouver, presque son gré, enfermée dans une institution psychiatrique et tomber sur son harceleur.

Sa peur est-elle fondée ou commence-t-elle à délirer ? Thriller évoquant Hitchcock et "Répulsion" de Polanski, "Paranoïa" fait écho aux débats en cours sur le consentement dans les rapports hommes/femmes, mis en lumière depuis l'affaire Weinstein à Hollywood.

Le film est également un tableau sans concession de la psychiatrie et du marché des assurances maladie aux Etats-Unis, thème déjà abordé dans "Effets secondaires" de Soderbergh en 2013 (avec Rooney Mara et Catherine Zeta-Jones), avant qu'il annonce prendre sa retraite.

Le réalisateur d'"Erin Brockovich" a depuis changé d'avis mais s'est surtout consacré aux séries ces dernières années ("The Knick", sur les débuts de la chirurgie avec Clive Owen et plus récemment "Mosaic", avec Sharon Stone).

"J'ai repris goût à la réalisation grâce à +The Knick+". Je crois avoir confondu ma frustration envers le milieu du cinéma avec mon travail de réalisateur. Dès que je m'y suis remis, j'ai décidé de continuer", avait-il affirmé en février à Berlin, où le film avait été présenté hors compétition.

Car celui qui a remporté à 26 ans la Palme d'or pour son premier film, "Sexe, mensonges et vidéo" (1989), cherche depuis longtemps à s'émanciper de la logique des studios et a ainsi alterné au cours de sa carrière entre films de studio et oeuvres plus expérimentales.

- Bémols -
En tournant avec un Iphone, le réalisateur porté sur l'expérimentation semble prêt à ouvrir un nouveau chapitre dans sa carrière.

"C'est une époque fascinante pour faire des films. J'aurais aimé avoir un tel objet quand j'avais 15 ans", avait déclaré l'Américain de 55 ans à la Berlinale. "Ca vous apporte un degré de maîtrise assez gratifiant". Parmi les avantages évoqués, un tournage court (deux semaines), une équipe resserrée et un laps de temps réduit entre les répétitions et le moment de filmer.

Ce procédé "nous a permis de rester imbibés dans nos personnages, avec moins de restrictions que sur un plateau de tournage", avait renchéri Josh Leonard, un des acteurs. "On est contraint d'être toujours dans l'action."

Soderbergh reconnaît toutefois quelques bémols: les vibrations auxquelles est sensible le téléphone et la profondeur de champ qui doit être retravaillée.

Mais dans l'ensemble, il est conquis par cette nouvelle caméra et par la qualité de l'image. "Il fallait que le film soit viscéral. On est tellement habitué à une certaine esthétique (avec les images prises sur téléphone) qu'il y a une intimité entre le spectateur et l'image", dit-il.

A l'écran, difficile pour un oeil profane de deviner que le thriller a été tourné à l'iPhone: avec sa lumière sombre en intérieur, son grain parfois typique des caméras d'espionnage et ses gros plans sur les visages, le film se révèle un brillant exercice de style, angoissant à souhait.

Soderbergh n'est pas le premier à tourner avec un Iphone, même s'il est le plus convaincu et a déjà tourné un deuxième film dans ces conditions. Avant lui, Sean Baker ("The Florida Project") avait filmé la virée de deux transsexuelles dans "Tangerine" (2015) avec son téléphone, pour des raisons budgétaires. Et fin 2017, Michel Gondry avait réalisé un court métrage, "Détour", commandé par Apple.

Source : Relaxnews

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