Justice

Villefranche-de-Rouergue : six mois ferme pour des violences conjugales à répétition

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Hier après-midi à la barre du tribunal correctionnel, il reconnaît perdre pied depuis quelque temps déjà. Mais il a gardé la main leste. Jeudi 8 novembre en soirée, à Villefranche-de-Rouergue où le couple réside, il assène à son épouse un coup de manche à balai, lui jette à la figure une chaise, un tiroir… Scènes (malheureusement) presque ordinaire de la violence conjugale dont le prévenu, âgé de 32 ans, vendeur en magasin et en arrêt de travail, est coutumier. Six mois de prison ferme en 2016, des emprisonnements avec sursis auparavant et des mises à l’épreuve dont il avoue avoir emporté bénéfice. Mais ce soir-là, les vieux démons ont refait surface, l’alcool en particulier.

Au matin de ce jeudi, sa compagne se lève en retard. Il lui reproche de ne pas amener à l’heure leurs jumeaux de 20 mois à la crèche, lui reproche de ne pas assez s’occuper d’eux… Elle travaille, lui non (il est en arrêt de travail) mais cela ne change rien. Il s’alcoolise tout au long de cette journée et quand sonnent 20 heures, le ton monte à l’arrivée de sa femme, les coups pleuvent, elle saigne beaucoup, il est lui-même blessé au bras, appelle le Samu qui, à son tour appellera les gendarmes.

« Prendre du recul »

« Je regrette, je présente mes excuses, lance-t-il au tribunal présidé par Émeline Gardes. Je n’étais pas maître de moi-même à cause de l’alcool que j’avais bu ». Et pourquoi donc ? « Il fallait que je prenne du recul dans ma vie familiale… Je voulais quitter ma femme, me protéger de moi-même car je me sentais perdre pied… »

Le prévenu est calme, parle posément. La récidive, il en a pleinement conscience. « Pourquoi ne pas être dès lors parti avant, avoir quitté votre femme ? », interroge la présidente. « Elle ne voulait pas que je m’en aille… Et puis, il y a les enfants », avance-t-il.

« Pleinement victime »

C’est, pour l’heure, la mère des enfants qui focalise toute l’attention du procureur Olivier Naboulet qui rappelle qu’elle comparaît, en tant que victime de son mari, pour la troisième fois. « Elle a le courage de venir à l’audience, elle est pleinement victime et j’espère bien que ce sera la dernière fois », martèle-t-il. « En garde à vue, il ne reconnaissait pas les faits contrairement à aujourd’hui et a affirmé en parlant de sa femme, qu’elle s’était peut-être cognée contre une porte… Il est évident qu’il lui reste beaucoup de travail de réflexion à faire sur lui-même ». Et le procureur de requérir 26 mois de prison dont 6 avec sursis assorti d’une mise à l’épreuve de 24 mois.

« Il reconnaît et regrette les faits et vient prendre condamnation, mais le tribunal doit considérer les efforts qu’il a faits avec ses précédentes mises à l’épreuve », plaide son conseil Me Cécilia Fraudet en indiquant – et le prévenu le dira à la barre – qu’il demande « un suivi et des soins » durant sa détention.

Le tribunal suivra les réquisitions du procureur mais atténuera la peine en la ramenant à douze mois, dont six avec sursis et, notamment, une obligation de soins.

Christophe Cathala
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