Culture et Loisirs

Auzits : Jean-Claude Reymond, l’homme de fer

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  • Jean-Claude Reymond manie le marteau et l’enclume dans sa création d’objets en métal originaux, dont certains servent de trophées pour les sportifs qui participent à des compétitions dans le département.
    Jean-Claude Reymond manie le marteau et l’enclume dans sa création d’objets en métal originaux, dont certains servent de trophées pour les sportifs qui participent à des compétitions dans le département. F.C. -
  • Jean-Claude Reymond, l’homme de fer.
    Jean-Claude Reymond, l’homme de fer. F.C. -
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Installé à Auzits, le secrétaire général adjoint du Comité départemental de tennis sculpte le métal depuis des années.

Jean-Claude Reymond est né à Capdenac voilà 76 ans. À Paris, il a travaillé au sein de la Garde républicaine. À Toulouse, il a fait dans la gestion et la dépollution de l’eau. À Cransac et à Rodez, il a œuvré bénévolement pour les clubs de tennis locaux et il occupe encore aujourd’hui des fonctions de secrétaire général adjoint du Comité départemental de tennis. À Decazeville, il s’investit depuis longtemps, et sans compter, pour le succès du Téléthon.

Entre ces différents ports d’attache, Jean-Claude Reymond a finalement jeté l’ancre, voilà des années, à Auzits. C’est là, dans son atelier de Cantarane, aménagé en contrebas de la maison familiale, qu’il se laisse aller à sa passion créative. Il s’acharne, quasiment jour après jour, à maltraiter le fer. Il tord, il frappe, il coupe, il cisaille, il plonge dans le feu les malheureux restes de vieux outils récupérés ici ou là, dans des brocantes et autres vide-greniers.

À coups de marteau, de pinces, de disqueuse, de meuleuse, de fer à souder, il crée des objets décoratifs. Ou parfois utiles, en tant que porte-manteaux, luminaires, pendules… À ses débuts, il préférait le fer rouillé. Il est maintenant passé au fer brossé. Telle est donc l’expression artistique de Jean-Claude Reymond.

Sa fille est toujours là…

"À l’origine, il y a bien longtemps, c’est ma fille qui m’a demandé de lui fabriquer un objet bien précis, raconte-t-il le regard brillant. Tout est parti de là. Elle m’a même dit un jour que j’avais du talent. Et ça m’a encouragé, évidemment."

Depuis, la fille de Jean-Claude Reymond s’en est allée, trop tôt, trahie par la vie. Pour lui, continuer à créer des objets en ferraille revient quelque part à lui rester fidèle. "Ma fille n’est plus là. Poursuivre mon travail de création me permet d’être toujours en communion avec elle", a-t-il avoué un jour.

Alors Jean-Claude persiste à s’acharner sans pitié sur le fer. Sans prétention excessive, il se qualifie lui-même de sculpteur sur fer. Pour le plaisir. Pour son plaisir. Et pour celui de ceux à qui il offre ses objets. "Mon plaisir est justement de faire plaisir, c’est tout", glisse-t-il quand on lui demande s’il cherche à rentabiliser son passe-temps.

Des résultats inattendus

Son plaisir, cela dit, et aussi sa légitime fierté, c’est de voir également sa production mise en valeur, chaque année depuis 7 ans, lors du tournoi international de tennis de Rodez. Car, chaque année depuis 7 ans, le gagnant du tournoi reçoit comme trophée un objet spécialement façonné pour l’occasion par Jean-Claude Reymond. En 2019 encore, alors que la compétition ruthénoise fêtera ses 25 ans sous le signe des jeux olympiques et du sport santé, le lauréat s’en repartira dans ses sacs avec une production bien ferraillée, made in Reymond. À quoi ressemblera le prochain trophée en question ?

" Je ne sais pas, confie Jean-Claude Reymond. En fait, je ne sais jamais vraiment sur quoi va déboucher mon travail. Avant de m’attaquer à un nouvel objet, j’ai bien une réflexion, une projection de ce que cela pourra donner. Mais très souvent, j’arrive à un résultat final assez inattendu. Tout ce que je peux affirmer, c’est que je travaille la symbolique des choses. "

En tout cas, pour ce qui est des sculptures destinées à être ou avoir été des trophées pour le tournoi de tennis de Rodez, ou pour des manifestations cyclistes ou de courses à pied organisées par Vélo Passion Decazeville ou Jog 12, on retrouve souvent des formes très tortueuses. " Parce que pour un sportif, le chemin pour arriver au sommet n’est jamais tout droit ", explique-t-il.

Il tape encore la balle

Quoi qu’il en soit, au gré de la forge, de l’enclume et des outils de Jean-Claude Reymond, une pelle et deux fers à vache se sont transformés en chat ; une faux juchée sur une pioche a dessiné un voilier ; un marteau et quelques clés anglaises ont donné naissance à un bougeoir… Et chaque pièce née de l’imagination et des mains du sculpteur sur fer est recensée par son épouse, Evelyne, qui veille avec attention sur la production de son mari.

Un mari qui, malgré son âge et quelques petits ennuis de santé, trépigne à l’idée de reprendre la raquette. Car s’il a abandonné la pratique du rugby par la force des choses et du temps qui passe, Jean-Claude Reymond n’a jamais arrêté de taper dans la petite balle jaune. "Il faut rester actif, lance-t-il avec conviction. Même si, entre tout, c’est parfois compliqué à gérer, si on veut rester solide avec l’âge, on doit rester actif." Jean-Claude Reymond, un homme solide ; un homme de fer…

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