Musique

Mandailles : et de la femme troubadour jaillit la belle étincelle

  • La Beluga, étincelle du trobar.
    La Beluga, étincelle du trobar. Repro CP / Repro CP
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Une voix de femme, des instruments traditionnels, des compositions électro assistées par ordinateur et des textes venus du XIIe siècle : le trio la Beluga sera le 19 juillet sur la grande scène de l’Estivada de Rodez. Rencontre.

Quand on s’appelle Céline Mistral et que l’on vient de Marseille, on peut laisser à penser que rien que pour ça mais peut-être pour plus, les racines, ça compte. Venue il y a dix ans en Aveyron avec son compagnon tout aussi provençal qu’elle Frédéric Montels, "pour être loin de la folie des hommes" sourit-elle, Céline n’en est pas moins restée en Occitanie, pays dans la terre duquel elle puise pour nourrir son projet, en résumé donner une voix aux "trobaïritz", les femmes troubadours du XIIe siècle.

Et c’est en Aveyron, de Mandailles où le couple s’est installé, que l’étincelle est venue, avec la création dès 2013 de La Beluga, prononcer "la bélugue", mot qui veut dire "étincelle" en occitan. Céline confirme : "On garde toujours un pied dans nos racines culturelles, en évoquant le "trobar", le premier mouvement culturel du moyen-âge ".

D’abord plus acoustique et en duo avec Frédéric, un amoureux des instruments traditionnels venus des quatre coins du monde (parlez-lui d’harmonium indien ou de doudouk arménien), la Beluga va prendre une tout autre sonorité en 2016 avec l’arrivée de Franck Lepagnol, versé dans la musique électro, des tempos qui vont appeler peut-être l’utilisation du hip-hop, en mode slam ou scand.

Mais ces ajouts de modernité assistée par ordinateur n’ont pas fait oublier la motivation principale du projet La Beluga : remettre les textes des femmes troubadours d’antan sur le devant de la scène, au propre comme au figuré. "On trouve que ces textes-là sont très poignants, qu’ils véhiculent des émotions très fortes, et ce sont de plus des textes assez revendicatifs dans plein de thématiques", argumente Céline, qui rajoute : "Bon, il y a aussi une part de féminisme dans tout ça… "

La liberté des Occitanes

Le troubadour n’a pas été qu’un bonhomme en collants chantant des chansons de villages en châteaux. "Quand on parle de troubadour, on pense de suite à un homme. Le troubadour, d’abord, ce n’est pas qu’un interprète, c’est un compositeur et un poète aussi, il a donc ses lettres de noblesse au niveau intellectuel. Nous, ce qu’on aime, c’est qu’il y a aussi des femmes troubadours. Et ça, c’est une spécificité de l’Occitanie. Ici, les femmes avaient droit à un certain respect. Elles avaient possibilité d’accès à l’éducation, elles pouvaient hériter de leurs pères, ou choisir leur mari. Il n’a pas fallu attendre le XXe siècle pour que les femmes aient des droits, il y avait il y a huit siècles un courant humaniste ici qui leur en donnait déjà. On aime mettre en valeur cela. Il y a ça de très actuel dans les textes de ces femmes, une grande liberté d’expression. "

Une liberté que la Beluga remet au goût du jour, sur des compositions modernes (avec des mélodies du moyen-âge par ci par là) où les instruments anciens valsent avec les boucles électro, dans une sorte de trip hop médiéval d’aujourd’hui. Et l’utilisation de vocaux façon slam est là pour donner un peu plus de relief à ces textes multiséculaires, comme "des échos en français pour avoir une meilleure compréhension du texte". Tout le monde ne parle pas en langue d’Oc, pas vrai ?

Salué très officiellement en 2017 comme "Talent d’Aveyron", le groupe peaufine son répertoire et envisage la réalisation d’un album l’an prochain.

Pour l’heure, après avoir effectué son premier concert hors Aveyron en début de mois dans l’Aude, la Beluga se produira dans le cadre intime du Martinez à Pomayrols le mercredi 10 juillet, avant donc de grimper sur la scène de l’Estivada de Rodez le vendredi 19. Tout en continuant de mettre en musique des poètes, plus contemporains que le temps des troubadours mais toujours d’Occitanie, comme ce sera le cas le jeudi 25 juillet à Espalion, lors du vernissage de l’exposition consacrée au "félibre" local Joseph Vaylet.

Comme quoi la langue occitane peut produire encore quelques belles étincelles…

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