Justice

Vabres-l’Abbaye : 2 ans de prison requis à l’encontre du conducteur

  • Centre Presse / José A. Torres / Centre Presse
Publié le / Modifié le S'abonner

Une audience chargée en émotion. À la barre du tribunal correctionnel de Rodez, mercredi après-midi, un jeune homme de 18 ans la silhouette fluette devait répondre d’homicide involontaire dans un accident de la route. Il est accusé d’avoir, le 16 mars dernier à Vabres-l’Abbaye, provoqué un accident ayant entraîné la mort d’une femme de 33 ans. Sept autres personnes avaient été blessées dans la collision frontale. Que s’est-il passé pour que le jeune homme perde le contrôle de son véhicule et vienne percuter de plein fouet la voiture face à lui, en ligne droite ? Malgré les questions insistantes des juges et de l’avocate de la partie civile, Me Camille Jammes, le prévenu n’a pas fourni d’explications satisfaisantes.
« Je ne me souviens plus de rien, quelques minutes avant l’accident », s’est-il contenté de répondre. Ses amis, passagers de son véhicule et blessés lors de l’accident, ont eux aussi été entendus par les juges. Tous précisent avoir eu les yeux rivés sur leurs téléphones portables juste avant la collision. Et donc, ils ne peuvent fournir d’explications quant aux raisons de l’accident. Un témoignage toutefois a apporté quelques éléments de réponses. Le jour de l’accident, le véhicule du prévenu en cause est suivi par celui d’une amie. Celle-ci remarque des écarts, des accélérations brusques, des coups de volant donnés à droite, à gauche. « J’ai d’ailleurs pris mes distances avec lui car je trouvais sa conduite dangereuse », précise-t-elle.
Cette amie confie aussi avoir vu les passagers et le conducteur du véhicule s’agiter, chahuter.
Pour justifier ces gestes intempestifs, les passagers disent qu’ils tentaient de chasser une mouche dans l’habitacle. Des explications loin de satisfaire les membres de la famille de la victime venus en nombre lors de cette audience. D’ailleurs, son mari, blessé lui aussi dans l’accident, est venu apporter son témoignage : « J’ai vu qu’il avait la tête penchée peu avant le choc. Il ne regardait pas la route. » Puis, l’homme, bouleversé, rajoute : « Je veux savoir ce qu’il s’est vraiment passé. » Les témoignages, poignants, des membres de la famille de la victime se sont succédé à la barre. Avant que Me Camille Jammes ne prenne la parole. Elle déplore l’absence d’excuses du prévenu devant les juges et la famille de la victime. Le procureur de la République, Olivier Naboulet, requiert à l’issue de sa plaidoirie trois ans de prison, dont un an avec sursis ainsi que la suspension de son permis de conduire durant deux ans.
Le délibéré sera rendu mercredi 23 octobre à 14 heures.

Philippe Henry
Réagir