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Saint-Amans, premier évêque de Rodez

  • L’évêque saint Amans détruisant l’idole Ruth.Tableau du XIXe siècleà l’église Saint-Amans.
    L’évêque saint Amans détruisant l’idole Ruth.Tableau du XIXe siècleà l’église Saint-Amans. Reproduction Centre Presse / / Reproduction Centre Presse
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Voici le premier épisode d’une série consacrée à l’église Saint-Amans qui, historiquement, donnera naissance au quartier du Bourg.

L’église Saint-Amans est intimement liée à l’histoire de celui qui fut le premier évêque de Rodez. La tradition populaire lui attribue l’évangélisation des Ruthènes dans la seconde moitié du IVe siècle. Sa vie nous est relatée par des récits consignés par un clerc au début du VIIe siècle : la Vie et les Miracles de saint Amans après sa mort.

Saint-Amans fut d’abord élu à l’évêché de Lodève avant de revenir à Rodez, soucieux de lutter contre le paganisme qui sévissait dans sa ville natale. Assisté de son diacre Naamas, il parvient dans un premier temps à alléger les souffrances de la population accablée d’un lourd impôt en supprimant celui-ci peut-être par la destitution et la condamnation du fonctionnaire romain responsable.

Mais il restait le plus dur, convertir les habitants au tempérament "dur, âpre, inculte" et que "nulle discipline n’avait assoupli" d’après la tradition.

"Innombrables sont les miracles que la piété de saint Amans put obtenir de la complaisance divine", souligne l’historien Robert Taussat. Quelques-uns de ces prodiges sont représentés sur les tapisseries du XVIe siècle ornant le chœur de l’église.

Le plus célèbre épisode reste l’anéantissement de l’idole Ruth, objet de dévotion et de sacrifices de la part de ses adorateurs réunis lors de rituelles célébrations.

Ainsi, au cours d’une de ces fêtes païennes et après avoir tenté en vain, avec son diacre Naamas, de convaincre les Ruthènes à mettre fin à leurs libations, l’évêque se prosterne et supplie Dieu de l’aider dans cette épreuve.

C’est alors qu’une nuée grandit avec une rapidité surprenante en envahissant l’étendue tout entière de l’horizon. Le tonnerre soudain gronde et couvre les chants du peuple forcené.

Un éclair formidable partage le ciel et s’abat sur l’idole Ruth qui éclate en trois morceaux.

Ces derniers tournoient un moment dans les airs avant de retomber et laisser des "traces" dans le sol ruthénois ; l’un d’eux s’abat dans le quartier de l’Auterne (longtemps appelé Albespeyres "pierres blanches"), le second creuse un profond gouffre que l’on appellera La Youle (idole). Le dernier enfin chute dans un champ proche, creusant une sorte de cratère, appelé le pré de la Conque qui subsiste encore aujourd’hui (quartier de l’Amphithéâtre).

Frappés de surdité, les païens implorent le pardon du saint homme en demandant le baptême et une fois convertis recouvrent la santé.

Les miracles de saint Amans sont nombreux et ce même après sa mort, survenu un 4 novembre ; son corps fut placé aux côtés de son diacre, Naamas, dans la basilique que tous deux avaient contribué à élever.

À suivre…

Le quartier autour de l’église Saint-Amans est à découvrir lors des Journées du patrimoine, dimanche 22 septembre, à 10 heures et à 14 heures. Rendez-vous et départ place des Toiles.
Centre Presse
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