visite présidentielle

Emmanuel Macron à Rodez : un Grand débat pour apaiser

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  • Emmanuel Macron, en débat face aux Français : un concept qu’affectionne le chef de l’État.
    Emmanuel Macron, en débat face aux Français : un concept qu’affectionne le chef de l’État. Repro CPA / Repro CPA
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Ce soir à partir de 18 heures à la salle des fêtes de Rodez, Emmanuel Macron sera devant les citoyens. Pour expliquer le sens de sa réforme des retraites, pour gagner aussi la confiance des Français à quelques mois des municipales. Un exercice qui ne saurait lui faire peur.  
 

Que l’on ne s’y trompe pas, l’exercice est forcément plus politique que pédagogique. En évoluant devant les citoyens, au jeu des questions-réponses, le président de la République n’a qu’un message à livrer : « Je suis là pour vous entendre ». Les sceptiques devront reconnaître que l’exercice de la libre expression a au moins le mérite d’ouvrir la porte au déminage du contexte social.

Déminage social  et municipales

Un contexte social, plus tendu que jamais, avec une frange de Gilets jaunes qui, sur tant de sujets, ne veut pas désarmer, se voit alimenté par une réforme des retraites propre à soulever les catégories socioprofessionnelles concernées par les 42 régimes spéciaux.
Emmanuel Macron sait qu’il n’a pas droit à l’erreur à quelques mois d’une échéance électorale locale qui aura valeur de test, pour un mouvement présidentiel qui ne s’est pas encore frotté aux suffrages des municipales.
Il faut convaincre du bien-fondé de cette politique de réformes à laquelle les Français demeurent réfractaires par essence, quel que soit d’ailleurs le gouvernement en place.
Convaincre, rassurer, apaiser, est donc l’objectif de cet exercice aux accents démocratiques qu’affectionne le chef de l’État. Pour avoir mené l’expérience au printemps dernier des grands débats citoyens aux quatre coins de France.
Il s’en est plutôt bien très bien sorti, essoufflant les ardeurs en gilets jaunes, coupant l’herbe sous les pieds des traditionnels partenaires sociaux, considérés à tort ou à raison comme autant de filtres politiques à l’expression de la rue, elle-même lassée de défiler à tout bout de champ.
Rebelote donc avec les retraites, sujet transversal s’il en est.

Pédagogie à la marge

Le premier round de ce Grand débat est à Rodez (il y en aura d’autres, en principe), devrait donc ce soir, mettre à nouveau en lumière toutes ces causes individuelles qui forgent, à n’en pas douter, l’intérêt général.
Certes, le Grand débat sera aussi pédagogique. Les questions appellent des réponses claires, Emmanuel Macron ne faillira pas à cet aspect de l’exercice, même si ce dernier est finalement à la marge. Car les attentes et les promesses risquent de ne pas résister à la moulinette gouvernementale qui n’a pas l’intention de reculer sur l’essentiel. Et à la volonté du président qui ne saurait envisager non plus de laisser les citoyens gouverner à sa place.

Réforme des retraites : l’essentiel à savoir

Les 500 participants au Grand débat, ce soir à la salle des fêtes de Rodez auront en tête, au-delà de leurs préoccupations personnelles, les grandes lignes d’une réforme toujours en cours d’élaboration. Que retenir à ce jour de ce texte en gestation ?

La retraite universelle par points. Désormais, tous les Français seront égaux devant la retraite, c’est la philosophie même de la réforme qui veut que « chaque euro cotisé donne les mêmes droits à tous les Français ».
Le système se ferait désormais par points : le montant de la pension ne dépend donc plus de la durée de cotisation mais des points accumulés grâce au capital constitué par l’assuré sur son compte. Une sorte de « cagnotte virtuelle », plus proche d’un système par capitalisation. L’avantage est d’offrir une meilleure visualisation des droits des cotisants.

La fin des régimes spéciaux. Du régime universel découle la remise en cause des 42 régimes spéciaux, axe fort susceptible quant à lui de soulever des contestations.
Ces régimes différenciés devraient tous disparaître, mais certaines catégories d’actifs devraient garder leurs spécificités, sans que l’on sache précisément lesquelles.

Un « âge d’équilibre » ? Appelé aussi âge pivot, il serait fixé à 64 ans. Vous partez avant ? Vous subissez une décote (malus) de 5 % par année d’anticipation. Vous partez après ? c’est une surcote qui vous attend. Il s’agit bien d’inciter les gens à partir le plus tard possible. La formule ne séduit pas le Président qui préfère qu’un âge pivot soit déterminé pour chaque personne en fonction de sa durée de cotisation. Le débat est ouvert.

Des points de solidarité. Ils seraient créés pour les périodes de chômage, de maternité, de maladie, d’invalidité. pour que ces périodes d’inactivité subies ne soient pas pénalisantes. 

Christophe Cathala
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