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Rodez : l'église Saint-Amans aux mains des architectes

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  • « Le plan de l’édifice reprend donc le plan de l’église romane antérieure, avec une nef centrale large, encadrée par deux bas-côtés et un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Des chapiteaux romans sont même remployés dans l’édifice neuf. »
    « Le plan de l’édifice reprend donc le plan de l’église romane antérieure, avec une nef centrale large, encadrée par deux bas-côtés et un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Des chapiteaux romans sont même remployés dans l’édifice neuf. » Repro CP / / Repro CP
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Deuxième partie du volet consacré à la reconstruction de l’église ruthénoise Saint-Amans.

 

Après avoir abordé le déroulement du chantier de reconstruction de l’église Saint-Amans entre 1758 et 1764 et ses conditions matérielles, intéressons-nous aux choix architecturaux qui ont été faits pour le nouvel édifice. À cette époque, les grandes églises urbaines sont construites dans un style marqué par le remploi de formes de l’antiquité qui annonce le néo-classicisme.

Le parti adopté à Saint-Amans est tout autre. Un financement royal important explique que les travaux aient été diligentés par l’ingénieur de la Généralité de Montauban, Jean-Baptiste Boesnier. Depuis 1635 en effet, Rodez appartient à la région administrative de la Généralité de Montauban, cadre de l’administration royale. Jean-Baptiste Boesnier est ingénieur des Ponts et Chaussées mais aussi un érudit, proche collaborateur du comte de Caylus, lettré féru d’archéologie et d’antiquités, qu’il aide pour la rédaction des volumes de son Recueil d’antiquité.

Un intérieur roman dans une enveloppe moderne

Cette sensibilité à l’histoire et au patrimoine explique vraisemblablement en partie le choix singulier qu’il opère pour l’église Saint-Amans : restituer un intérieur d’église romane dans une enveloppe extérieure plus "moderne". Il rejoint ainsi la volonté des paroissiens et de leurs représentants, les consuls du Bourg, de perpétuer le souvenir de l’église médiévale, considérée comme la plus prestigieuse du diocèse pour la richesse de ses reliques et le caractère vénérable que lui conférait le corps de saint Amans, premier évêque de Rodez. Le plan de l’édifice reprend donc le plan de l’église romane antérieure, avec une nef centrale large, encadrée par deux bas-côtés et un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Des chapiteaux romans sont même remployés dans l’édifice neuf.

Pour l’intérieur, l’ingénieur Boesnier prend donc un parti annonciateur des préceptes qui seront en vogue au XIXe siècle. À cette époque en effet, l’illustre architecte Eugène Viollet-le-Duc remettra au goût du jour l’architecture médiévale, la réhabilitant véritablement après une période de désintérêt dans laquelle l’église Saint-Amans constitue une véritable exception.

À l’extérieur, cependant, le parti architectural pris pour l’église Saint-Amans rattache bien l’édifice à son époque. La façade en particulier décline le modèle type des façades baroques inspirées de l’église du Gesù, église siège de l’ordre des Jésuites, à Rome : une superposition de deux niveaux séparés par des corniches lisses saillantes, avec des formes héritées des ordres antiques, pilastres lisses et chapiteaux végétaux ici, et deux grandes volutes encadrant le deuxième niveau, couronné d’un fronton triangulaire.

L’éclectisme du style de la nouvelle église en a fait, en son temps, un édifice singulier dans son époque et a permis de pérenniser sa place exceptionnelle au sein du diocèse. À suivre…

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