Le "road trip" féminin finit mal à Saint-Léons

  • L'affaire a pu être jugée ce vendredi au tribunal de Rodez.
    L'affaire a pu être jugée ce vendredi au tribunal de Rodez. Archives Centre Presse - José A. Torres
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Trois jeunes femmes parties pour un périple sans but précis ont fait halte à Saint-Léons pour tenter de dévaliser une maison et se livrer à quelques violences.... L'une d'entre elles comparaissait ce vendredi au tribunal correctionnel de Rodez où  elle a été jugée. 

Un peu paumées, assurément immature et irresponsable tel qu'il a été dit l'audience pour l'une d'elles, voilà trois jeunes femmes habitant en région parisienne, parties pour un périple sans trop savoir où elles voulaient aller. Skier au Mont-Blanc, visiter l'Italie, voir la mer... Cette dernière proposition sera la bonne, elles filent vers Perpignan, se rendent compte assez rapidement qu'elles n'ont plus d'argent, décident de revenir vers Paris et s'arrêtent au hasard à Saint-Léons, le 9 février dernier. Là, elles s'introduisent dans une maison inoccupée à cet instant, tentent de voler ce qu'elles peuvent sans y parvenir car elles prennent la fuite, dérangées par deux témoins. 

Une seule d'entre elles se retrouve à la barre du tribunal correctionnel ce vendredi après-midi à Rodez. La seconde comparaîtra dans quelques jours pour d'autres faits, la troisième est mineure (17 ans) et aura affaire au tribunal pour enfants. La prévenue de ce jour a la double nationalité, française et croate. Elle a 21 ans, est poursuivie pour tentative de vol (c'est elle qui a forcé la porte de la maison avec un tournevis), violences (elle a asséné des coups de pied à l'un des témoins qui voulait l'intercepter) et menaces de mort, tournevis au poing.

Taper ou planter ? 

Si elle se fâche, c'est que l'homme retient par le bras sa copine de 17 ans, enceinte. Elle veut lui faire lâcher prise, balance quelques coups de pied ("je ne l'ai pas fait exprès") et lui lance : "Tu la lâches où je vais te taper". Le témoin, qui s'est porté par partie civile dira par la voix de son conseil, Me Camille Jammes:  "Elle m'a dit qu'elle allait me planter". Cette terminologie est réfutée par la prévenue qui, par ailleurs, reconnaît la tentative de vol. Pendant ce temps, le second témoin prévient les gendarmes qui  interpelleront le trio, après que leur voiture, dans laquelle elles ont pris la fuite, quittera la route, l'accident leur occasionnant de légères blessures.

Me Camille Jammes,  plaide pour la partie civile (le témoin agressé), la virulence et la violence de la prévenue qui aurait clairement manifesté l'intention de nuire à son client. Précisons que  l'avocate est en grève comme l'ensemble du barreau de l'Aveyron mais intervient par égard pour son confrère Me Leguay de Carcassonne où la grève a pris fin mercredi. Et Me Leguay, pour la défense de la jeune femme va s'employer à tempérer les réquisitions du ministère public, représenté par Anne-Bénédicte Robert. Celle-ci insiste sur la violence commise, n'exclut pas que d'autres vols puissent avoir été commis dans le périple de cet équipage au profil particulier. Et réclame 15 mois de prison ferme, la prévenue étant en récidive, pour avoir été condamnée trois fois pour des faits similaires.

La défense plaidera donc le désir de travailler, l'immaturité et le jeune âge de sa cliente pour laquelle "la prison ferme n'a pas de sens". Et souhaite que la peine soit assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve "pour qu'elle puisse concrétiser un projet professionnel". Il sera en partie suivi par le tribunal présidé par Mandana Samii qui condamne la jeune femme à 15 mois de prison dont 7 avec sursis et mise à l'épreuve  sur deux ans, avec obligation de travailler. Pour l'heure, la prévenue est retournée à la maison d'arrêt où elle était en détention provisoire.   

 

 

 

Christophe Cathala
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