Accident mortel de chasse dans le Lot : le tireur présumé mis en examen pour homicide involontaire

  • Frédéric Almendros, le procureur de la République dans le Lot.
    Frédéric Almendros, le procureur de la République dans le Lot. DDM
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Après le drame survenu à Calvignac, dans le Lot, le tireur présumé, originaire de Montbazens, a été placé ce vendredi sous contrôle judiciaire et mis en examen pour homicide involontaire. Il risque de trois à cinq ans de prison. 

Depuis ce vendredi 4 décembre, on en sait davantage sur le drame survenu à Calvignac, dans le Lot, mercredi en fin d'après-midi. Morgan Keane, un habitant de la commune de 25 ans, a succombé à un tir fatal d'un chasseur alors qu'une battue se tenait dans les bois près de chez lui. Ce vendredi matin, Frédéric Almendros, le Procureur de la République de Cahors, a donné des précisions sur les circonstances de ce qu'il qualifie "d'accident" : " Une battue au sanglier était organisée au lieu-dit La-Garrigue, entre 16 h 45 et 17 heures. L'un des chasseurs, âgé de 33 ans et originaire de Montbazens, en Aveyron, a tiré après avoir cru distinguer une masse sombre alors que, quelques instants auparavant, les chasseurs disaient avoir aperçu plusieurs sangliers dans les bois."

L'auteur présumé a donc tiré en contre-haut : entre 80 et 100 mètres de là, Morgan Keane s'est effondré, touché au thorax, alors qu'il était en train de couper du bois, une tronçonneuse éteinte au moment du tir, à proximité. L'un des chasseurs, alerté, est alors venu réaliser les premiers gestes de secours. En vain. 

Une information judiciaire a été ouverte, le tireur présumé est placé ce vendredi sous contrôle judiciaire et mis en examen. Il sera déféré devant un juge d'instruction. Inconnu des services judiciaires, il a été soumis à des contrôles d'alcoolémie et de stupéfiants qui se sont avérés négatifs. "Il n'apparaît pas indispensable de requérir son placement en détention provisoire car la personnalité du tireur permet de garantir sa représentation en justice et ne laisse aucun risque de réitération. Je le rappelle, il s'agit d'un accident", a souligné le Procureur de la République. L'hypothèse d'un règlement de compte est exclue. Le chasseur aveyronnais a d'ores et déjà une interdiction de chasser et de porter une arme. L'information judiciaire ouverte ne concerne pas que le tireur présumé mais douze autres personnes qui ont assisté à la battue et qui sont "susceptibles d'avoir des responsabilités"

De 3 à 5 ans d'emprisonnement

"Ce jeudi, sur le site, j'ai demandé à des experts en balistique d'établir des examens scientifiques et techniques sur les circonstances du tir. Nous devons savoir comment les règles de la battue ont été respectées ou bafouées", a ajouté Frédéric Almendros. Le chasseur faisait partie de la battue organisée par l'association La Diane cajarcoise. Il avait obtenu son permis de chasse très récemment, au mois de mai. Pour autant, il n'en était pas à sa première battue, d'après les éléments de l'enquête.

Celle-ci doit désormais déterminer les circonstances du drame. "Hier, sur le site, les enquêteurs se sont remis en condition réelle, au même moment de la journée pour déterminer la luminosité et la visibilité des lieux. Ils ont pris le maximum de photographies pour que le juge d'instruction ait le plus d'éléments. Une reconstitution de la scène n'est pas exclue", a signifié le procureur. Il a décrit l'endroit comme "dégagé" mais s'est demandé si "le mis en cause avait assez de visibilité". A-t-il pris la victime pour un sanglier ? D'après les informations de nos confrères de La Dépêche du Midi, des riverains auraient aperçu plusieurs sangliers dans les bois de Calvignac ce mercredi après-midi mais à ce stade de l'enquête, rien ne permet d'affirmer qu'un sanglier était présent quelques instants avant le tir fatal. 

Le chasseur risque trois ans d'emprisonnement pour homicide involontaire sauf si les faits sont requalifiés en homicide involontaire par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement. Auquel cas, il risquerait alors une peine de 5 ans de prison.

 

CPA
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Les commentaires (1)
LouBecarut Il y a 1 mois Le 04/12/2020 à 16:43

Honteux cette classification en "accident", en homicide "involontaire". Pourtant il possédait un fusil mortel. Pourtant il a pris et chargé son fusil et a tiré dans un lieu fréquenté, sur une cible non identifiée. Même si son geste a dépassé son intention, tout cela devrait normalement conduire à un homicide involontaire. 3 ans de prison pour un crime ce n'est plus de la justice. La chasse est hors la loi en France. Une epprsonne comme Daval n'a pas préparé son coup, n'avait pas d'arme: 25 ans en comparaison de ce criminel-là, c'est injuste. Un passe droit aux gang des chasseurs.