Le retour de la Légion étrangère en Aveyron a généré des centaines d'emplois

  • L’Armée a partagé ses données avec l’Insee.
    L’Armée a partagé ses données avec l’Insee. Archives J.-A. T.
Publié le , mis à jour

L’Insee a publié cette semaine le deuxième volet d’une étude censée mesurer les conséquences de l’installation, en 2016, de la 13e DBLE sur le Larzac.

À la fin de l’année 2020, période de la publication annuelle des données Insee du territoire en termes de population, le retour de la Légion étrangère dans le camp du Larzac (qu’elle avait quitté dans les années 1940), à La Cavalerie, ne se faisait pas encore sentir. Il faut dire que ces chiffres datent du recensement 2017, consolidés au 1er janvier 2018.

À cette date, l’arrivée des soldats n’était pas encore achevée. Et comme seuls les cadres ou les militaires anciens sont autorisés à vivre en dehors de la caserne, il faudra attendre encore un peu pour que la population du Larzac frémisse. Pour autant, ce serait faire erreur que de penser que le retour de la 13e DBLE en Aveyron n’a pas eu d’effets sur le territoire.

Beaucoup d’enfants

L’Institut national de la statistique a publié ce mardi une étude sur le sujet. "C’est une demande du ministère des Armées, détaille Magali Flachère, directrice de l’étude. Il se préoccupe de l’impact qu’il y a sur un territoire quand il ouvre ou ferme un camp. On parle d’un suivi de l’implantation. En l’occurrence, l’idée est d’aller voir, une fois le régime de croisière atteint, ce qui sera pérenne pour le Sud-Aveyron."

L’étude permet de chiffrer à 1 649 le nombre d’emplois générés par l’Armée sur le plateau. Dans le détail, il s’agit de 1 297 membres du camp (militaires et civils), de 28 salariés d’établissement locaux qui travaillent pour le camp et 324 emplois indirects générés par la consommation de la base. Ces chiffres, ne prennent également pas en compte les emplois liés aux différents chantiers réalisés depuis 2016 sur le périmètre de la base via des entreprises extérieures au territoire. "On a beaucoup de travaux qui ne sont pas réalisés via des marchés passés avec des entreprises locales, reprend la responsable de l’étude. Quand il s’agit de sociétés basées à Bordeaux ou à Paris, les emplois liés à ces chantiers ne sont pas comptés. Il y a également beaucoup de sous-traitance qui rend le décompte compliqué. L’Armée ne sait pas toujours qui fait quoi et où."

Deuxième volet après 2019

Quoi qu’il en soit, selon ce point d’étape réalisé par l’Insee, le nombre d’employés liés à l’implantation de la Légion sur le plateau poursuit sa croissance puisque selon la précédente étude publiée en 2019, ils étaient 1 410 en 2017 (dont 1 047 militaires et civils directement employés dans le camp).

Mais l’Insee a poussé encore plus loin son analyse des données, pour mieux cerner l’influence de la Légion sur le Sud-Aveyron. Elle estime que 7 salariés du camp sur 10 ayant l’autorisation de vivre en dehors de la caserne ont fait le choix de privilégier Millau et La Cavalerie pour s’y installer. Et comme ce sont souvent des familles nombreuses (3,9 personnes par foyers en moyenne contre 2,7 en Aveyron), ils commencent à occuper une place conséquente de la population millavoise (4,6 %). En tenant compte de l’ensemble des familles, la 13e DBLE fait travailler 2 462 personnes.

468 000 € de dépenses sur le territoire

Les statisticiens, qui ont effectué ce travail, en partenariat avec le ministère des Armées, qui a joué la transparence, ont également épluché les factures du camp. Si 80 % d’entre elles dépendent d’appels d’offres nationaux et n’ont donc pas de répercussions sur l’économie locale, les commandes passées localement pour assurer le fonctionnement courant sont stables depuis 2017. Elles représentent en moyenne 468 000 € chaque année. La moitié de ces dépenses concernent l’entretien des bâtiments (ménage) et de la base (espaces verts, petit entretien).

L’Insee réalisera un troisième volet de cette étude à la fin des chantiers d’équipement, sans doute en 2023. L’impact du retour de la 13e DBLE en Aveyron sera alors plus facile à mesurer.

Guilhem Richaud
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