La Ruthénoise Adèle Ginestet donne du corps à l’alto à la Haute école de musique de Lausanne

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  • Diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, l’altiste aveyronnaise de 23 ans Adèle Ginestet vient d’intégrer la Haute école de musique de Lausanne à Sion pour un master de soliste avec Tatjana Masurenko. 	Rui Dos Santos
    Diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, l’altiste aveyronnaise de 23 ans Adèle Ginestet vient d’intégrer la Haute école de musique de Lausanne à Sion pour un master de soliste avec Tatjana Masurenko. Rui Dos Santos
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Formée à Rodez par Marie-Josée Prudomme et Christophe Petit, la jeune femme de 23 ans est passée par le Conservatoire national supérieur de Paris.

Les premières notes sont sorties d’un cor. Celui dans lequel elle soufflait au sein de l’Espérance rignacoise, fanfare bien connue dont son père Thierry était le chef d’orchestre et dont il est d’ailleurs toujours le directeur. Adèle Ginestet a ainsi effectué ses premiers pas dans la musique avec cet instrument à vent (de la famille des cuivres) et c’est après seulement qu’elle a fait connaissance avec l’alto, fidèle partenaire à cordes qui ne la quitte plus depuis.

Née à Rodez, le 31 janvier 1998, elle a grandi dans le chef-lieu aveyronnais. Après avoir donc découvert le cor, c’est au Conservatoire qu’elle a peaufiné sa maîtrise, tant de la formation musicale que de l’instrument, en l’occurrence l’alto. "J’avais alors 9 ans et c’est l’enseignante de l’époque, partie depuis à la retraite, Marie-Josée Prudhomme, qui me l’a fait aimer, se souvient-elle. Puis, j’ai intégré l’orchestre avec Christophe Petit". La jeune Adèle Ginestet n’avait qu’une idée en tête : "Faire de la musique, jouer ensemble avec d’autres, partager cette passion". Aussi, après le collège Saint-Joseph à Rodez, direction le lycée Saint-Sernin à Toulouse pour un bac musique. Elle rêvait du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ou de Lyon. Le Graal ! Elle n’a pas oublié : "J’avais la patience pour faire ça". Elle a donc tenté le concours d’entrée en février 2016.

La première a été la bonne ! "Ca a marché, se réjouit encore l’intéressée cinq ans plus tard. A ma grande surprise. Je l’ai vécu comme une consécration". Elle y pensait au quotidien depuis des années, les portes du CNSM parisien s’ouvraient mais un autre choc est apparu dès le seuil franchi : "Je ne m’attendais pas à autant de travail". Mais, la passion était plus forte que tout, la flamme brûlait intensément. Elle a passé six mois de sa deuxième année à Cleveland aux Etats-Unis, puis consacré la cinquième année à un Erasmus à Munich. Après cinq ans durant lesquels elle n’a pas compté ni les heures, ni l’énergie, elle a décroché le prix tant convoité "mention très bien à l’unanimité du jury". Chapeau !

"Monter un festival à Rodez !"

Du coup, quand on lui parle, tout naturellement, de virtuosité, de talent, Adèle Ginestet rougit, s’excusant presque de ce parcours sans fausse note : "Je suis une travailleuse, je me donne les moyens de réussir. Oui, j’ai surement "un petit quelque chose". Mais, le plaisir est là. C’est ce qui compte. J’ai souvent eu de la chance". Elle pense, notamment, à la tournée qu’elle a pu faire en Europe, pendant deux ans, au sein du Gustav Mahler Jugenforchester. Très formateur. L’altiste ruthénoise vient d’intégrer la prestigieuse Haute école de musique de Lausanne à Sion, en Suisse, pour suivre un master spécialisé en soliste avec Tatjana Masurenko. "Cela va m’offrir beaucoup d’opportunités, explique la musicienne surdouée. Comme, par exemple, enregistrer un CD. Je ne me sens pas prête à voler de mes propres ailes. C’est encore prématuré".

Invitée, l’été dernier, par les frères sébazacois Clément et Antoine Berlioz, respectivement violoniste au sein de l’orchestre de l’Opéra Bastille et Garnier à Paris et altiste dans l’orchestre philarmonique de Marseille, pour participer aux concerts du quatuor Gaïa, Adèle Ginestet a "adoré l’expérience". "Je trouve formidable ce retour aux sources avec les copains et les collègues dans les valises pour proposer des choses devant la famille, les amis et parfois les enseignants qui nous ont mis le pied à l’étrier, se réjouit-elle. J’ai ressenti des choses et cela m’a donné des idées. Comme, pourquoi pas, monter, un jour, un festival de musique de chambre à Rodez ? Ce serait un pur bonheur".

En attendant, celle qui se qualifie volontiers "d’hyperactive" (les apparences sont donc parfois trompeuses) n’a pas coupé le cordon avec l’Aveyron. Même si elle reconnaît "ne pas revenir aussi souvent" que ce qu’elle aimerait ("J’ai adoré le premier confinement pour ça puisque je l’ai passé en totalité ici !", sourit-elle), elle met tout en œuvre pour sacraliser ses deux séjours par an, à Noël et l’été. "La famille est très importante pour moi, conclut-elle. Et, j’ai besoin de revenir pour me ressourcer, pour recharger les batteries, car je laisse beaucoup d’énergie dans les répétitions, les concerts, les voyages". Cette année, cerise sur le gâteau, elle aura même droit à une troisième escale aveyronnaise. Adèle Ginestet sera, en effet, de retour dans quelques jours pour le mariage de son frère aîné. Lui réserve-t-elle une surprise au rythme des notes de l’alto ?

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