Sur tous les fronts, les pompiers de l'Aveyron assurent la relève

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  • Au Sdis, à Rodez, les colonels Souyris (au second plan) et Blanco visitent des professionnels en formation.
    Au Sdis, à Rodez, les colonels Souyris (au second plan) et Blanco visitent des professionnels en formation. C.C.
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En soutien dans le sud de la France confronté aux grands incendies, en recrutement permanent de volontaires pour assurer le renouvellement des effectifs, en action de formation pour les jeunes générations appelées à le rejoindre : cet été comme toute l’année, le Sdis cultive la relève.

Aux prises avec de violents feux de forêts durant le mois d’août, les sapeurs-pompiers du Var, de l’Aude et de Corse ont pu, une fois encore, compter sur le soutien de leurs collègues aveyronnais. Ils ont ainsi été cinquante à partir au front, en deux colonnes, la "12/48" (avec les pompiers de Lozère) et l’ "Occitanie 2", aux côtés des Tarnais et Tarn-et-Garonnais.

Disponibilité contrainte mais assurée

Une relève indispensable, mais parfois contrainte par les effectifs disponibles. "On a pu fournir !, se réjouit le colonel Florian Souyris, directeur du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) de l’Aveyron. Et pourtant, le potentiel s’est avéré un peu plus faible cet été. Il faut y voir les effets de la pandémie dans son phénomène d’accumulation : les volontaires ont privilégié la famille et les vacances, ce qui est bien naturel, et les disponibilités ont été moindres… Mais il faut également remarquer que les grosses journées, avec 70 ou 75 interventions dans le département, sont restées à la marge cet été, en raison d’une météo peu clémente qui a un peu freiné l’activité opérationnelle".

Au final, quel que soit le contexte, l’engagement estival des sapeurs-pompiers n’a pas faibli, la force du volontariat (92 % des 1 600 effectifs aveyronnais) permettant les marges de manœuvre nécessaires.

Volontariat : un recrutement mieux ciblé

Cette force, le Sdis se doit de la cultiver sans relâche en gérant une centaine de mouvements tous les ans. Les départs (retraite, déménagements, vie familiale…) sont compensés plutôt bien par les arrivées. Mais imposent tout de même des vagues de recrutement, désormais ciblées par bassins d’activité durant trente ou cinquante jours. C’est le cas actuellement à Saint-Geniez et Sévérac-d’Aveyron, avec des actions de communication vers la population, les élus, les employeurs… "C’est mieux que des actions qui se prolongent dans le temps et qui finissent par ne plus être visibles, explique le colonel Souyris. D’autres départements l’ont expérimenté avec succès". Succès aussi en ce qui concerne les conventions passées avec les employeurs, qui assurent leur disponibilité aux volontaires. 450 d’entre eux (30 % de l’effectif total) bénéficient d’une convention avec l’un des 205 employeurs signataires. Et le dispositif est plus que jamais d’actualité.

Objectif cadres

Une problématique différente concerne le manque d’effectifs d’encadrement (chefs d’agrès, six ans de formation) lequel témoigne, dans certains secteurs, d’un problème de fidélisation. Les pompiers attendent beaucoup à ce sujet de la proposition de loi de Fabien Matras visant à consolider le modèle de sécurité civile et à valoriser notamment le volontariat des sapeurs-pompiers en clarifiant les actions.

Tout ce travail de terrain, au final, se traduit par "des effectifs globalement stables pour l’Aveyron, assure le colonel Souyris. Depuis le début de la pandémie, on n’a pas ressenti de freins, et le corps départemental a toujours répondu présent".

Un schéma pour l’avenir

En menant au fil des années les actions propres à assurer la relève naturelle des volontaires, le

Sdis demeure armé pour l’avenir. Celui-ci se prépare d’ores et déjà pour les cinq ans qui viennent et s’appuiera sur une feuille de route précise pour chacun des bassins d’activités de l’Aveyron autour, en particulier, des moyens à engager. Ce schéma départemental d’analyse et de couverture des risques devrait être validé vers la fin du mois de novembre.

Jeunes : l’apprentissage des valeurs

Ils seront à l’honneur, aux côtés de leurs familles et de leurs encadrants, vendredi soir au Sdis, à Rodez, en présence de la préfète : les Jeunes sapeurs-pompiers (JSP) constituent eux aussi une relève pour les effectifs volontaires, même si seul un tiers d’entre eux s’engageront au terme de leur parcours. Trois ans de formation sont nécessaires pour les 14-17 ans avant de pouvoir rejoindre un centre de secours, avoir un complément de formation et intégrer les équipes d’intervention. Ils sont ainsi en Aveyron 80 jeunes à intégrer les huit sections JSP réparties sur le département. "C’est un véritable engagement et l’on est très attentif à leurs motivations, explique le colonel Souyris. Quelques profils de jeunes gravitent dans ce monde, ils ont des parents qui sont, ou ont été, sapeurs-pompiers volontaires. D’autres découvrent l’activité grâce aux actions de sensibilisation que font les centres de secours dans les collèges…""Ce sont de petites graines que l’on sème"Tout de même, 70 % d’entre eux ne rejoindront pas les sapeurs-pompiers volontaires une fois leur brevet obtenu. "C’est normal et on ne fait pas cela que pour avoir un vivier, poursuit le colonel Souyris. Beaucoup de jeunes font des études qui les éloignent de leur domicile quand ils ne quittent carrément pas l’Aveyron. Mais certains reviennent nous voir et s’engagent quelques années plus tard… Ce sont de petites graines que l’on sème ! De toute façon, ces jeunes deviennent des acteurs citoyens, engagés. Cela leur servira toute leur vie. D’autant que, chez les sapeurs-pompiers, on leur apprend certaines valeurs et que, de plus, l’apprentissage du secourisme et de la vie en centre de secours est un vrai bénéfice".
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Christophe Cathala
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