Aveyron : le GIGN pour épauler ces élus qui deviennent " des cibles "

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  • Le négociateur du GIGN est intervenu tout au long de la journée auprès des élus locaux.
    Le négociateur du GIGN est intervenu tout au long de la journée auprès des élus locaux. Centre Presse - José A. Torres
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Ce mardi 19 octobre, à la caserne de gendarmerie à Rodez, une dizaine d'élus étaient réunis pour suivre une formation autour de la gestion des incivilités. Un négociateur du GIGN a assuré la formation. 

Les élus locaux se retrouvent parfois, et bien malgré eux, en première ligne face aux incivilités, à « une défiance croissante envers l’autorité, souvent violente ». Que ce soit pour des conflits de voisinage, de législation, de tapage nocturne, etc. Ce jour-là, mardi 19 octobre, devant une dizaine d’élus du territoire, se tient Fabrice G., négociateur au GIGN, référent en Midi-Pyrénées.

Cette formation proposée par l’Association des maires de l’Aveyron (ADM), doit permettre à ces maires, adjoints, conseillers municipaux, de faire face à « ces atteintes ». Elle est d'une durée de quatre heures avec un volet théorique et pratique, avec des mises en situations, en se basant sur l'expérience des négociateurs régionaux du GIGN. Ainsi, la cellule nationale de négociation du GIGN et les négociateurs régionaux, et l'AMF (Association des maires de France), interviennent régulièrement auprès d'élus de la France entière. 

Marielle Féral, chargée de mission formation auprès de l'ADM et conseillère municipale à Rodelle, l'assure : " Les élus sont de plus en plus confrontés à des situations violentes ". " Avec la crise sanitaire, cela n'a rien arrangé, complète-t-elle. Certains administrés peuvent être très tendus, ils exigent une réponse rapidement et peuvent se montrer parfois violents. "

" Nous sommes bien sûr au service des gens de notre commune, mais nous ne sommes pas toujours disponibles à 100 %, renchérit un autre élu. Et ça, certains ne l'entendent pas. Mais difficile lorsque des conflits apparaissent de ne pas se laisser submerger pas le stress, l'émotion. " C'est justement pour cette raison que le négociateur du GIGn est venu délivrer des clés de compréhension pour permettre à ces derniers de tenter de désamorcer des crises.

Apaiser une situation

L'attitude, la voix, le choix des mots... Tout autant d'éléments sur lesquels le négociateur du GIGN s'est appuyé pour sa démonstration : " Vous devez d'abord écouter la personne, se taire, parler de manière apaisée. Vous devez éviter de hausser le ton, avoir une attitude apaisée et apaisante, explique le gendarme. Il faut montrer de l'intérêt à votre interlocuteur. L'attitude compte pour beaucoup dans votre rapport à l'autre et dans l'objectif d'apaiser une situation. "

Par ailleurs, " vous devez proposer des questions ouvertes et non fermées, poursuit le négociateur. Ensuite, vous pouvez vous entourer de personnes qui sont spécialistes des questions posées par vos administrés. Vous pouvez par exemple faire appel à un médiateur lorsque cela est possible, ou à d'autres membres du conseil municipal. "

Ces formations sont proposées alors " qu'avant, on faisait appel à la gendarmerie pour régler le moindre problème. Aujourd'hui, les brigades sont moins nombreuses, situées loin des villages. C'est désormais aux élus de faire face à ces situations ", déplore un conseiller municipal.

" Je peux vous assurer, si jamais vous avez la gendarmerie au téléphone, en déclinant votre fonction, que nous serons là rapidement, assure le négociateur du GIGN. Nous avons la possibilité d'inscrire les élus dans notre base pour les identifier. Nous pouvons ainsi répondre plus efficacement à leurs demandes. "  

 

La méthode MAIRES, pour analyser les situations

Pour les élus, la gendarmerie a mis au point une méthode d'analyse lorsqu'ils sont sollicités et confrontés à un problème. Intutilée MAIRES, la méthode se décline ainsi : M, pour Motif. La sollicitation est-elle dans le champ de mes compétences ? Risque de violence ? A, pour Acteurs. Plusieurs individus ? Déjà connus ? I, pour Instant. Urgence ou non ? A quel moment de la journée ? R, pour Risques. Bien réfléchir aux implications si je me rendais sur place. E, pour Environnement. Le lieu où je dois me rendre est-il isolé ? Ouvert ou fermé ? S, pour Solution. En fonction des réponses précédentes, j'interviens en sécurité seul ou accompagné (collégue élu, policier municipal), ou bien je n'interviens pas ou j'appelle la gendarmerie. 

 

 

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