Un retour à la source pour fêter la millième ferme bio de l’Aveyron

Abonnés
  • Gilbert Espinasse, Gaby Pagès, Gildas Dousset et Vincent Espinasse.
    Gilbert Espinasse, Gaby Pagès, Gildas Dousset et Vincent Espinasse. Centre Presse
Publié le

Parmi les pionnières du bio dans le département, en 1968, la ferme Bio Nature de Sévignac, à Druelle-Balsac, a fait de nombreux adeptes. La 1.000e ferme bio vient en effet d’être certifiée à La Cavalerie.
 

C’est un « palier » qui vient d’être franchi dans le département, selon Gaby Pagès, coprésident de l’Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron (Apaba): le département compte désormais 1.000 fermes certifiées bio, ce qui classe l’Aveyron au 15e rang national en termes de nombre de producteurs bio. Un long chemin parcouru depuis 1968 et la conversion de la ferme de Gilbert Espinasse. Il est alors vu par ses pairs comme un «fou» qui «n’aura rien» de ses terres, et les premiers temps donneront raison à ces détracteurs. «J’ai mis sept ou huit ans à avoir des résultats convenables», se souvient Gilbert Espinasse.


«La ferme existe à Sévignac depuis la fin du XVIe siècle. En 1968, je me suis mis au bio, contre vents et marées et à l’époque, nous étions vus comme des farfelus, des rigolos, voire des terroristes pour certains agriculteurs. Ils ne comprenaient pas notre façon de faire», poursuit-il.
L’agriculteur deviendra le premier président de l’Apaba l’année de sa fondation, en 1990. Aujourd’hui encore, il en est selon l’actuel coprésident Gaby Pagès «l’un des piliers» et l’association, qui fédère actuellement 250 adhérents, continue plus que jamais son travail de promotion de pratiques agricoles plus vertueuses et respectueuses. Car la demande est là, du côté des consommateurs, mais aussi des producteurs, puisqu’actuellement, 7.787 hectares de terres agricoles sont en cours de conversion vers le bio dans le département.

En chiffres

1 000 fermes bio dans le département depuis mai 2021.
74 189 hectares en bio dans l’Aveyron, dont 7.787 en cours de conversion, soit 14 % de la surface agricole du département
7% d’exploitations supplémentaires créées en une année
6 % de surface agricole supplémentaires sont passées en bio depuis l’année dernière
11 % du total des exploitations agricoles du département certifié bio
L’Aveyron est le 15e département français en nombre de producteurs bio, le 3e du pays en termes de surface agricole bio et surfaces en conversion
250 adhérents et 8 salariés à l’Association pour la promotion de l’agriculture biologique en Aveyron


Désormais, la ferme Bio nature de Sévignac fait travailler deux jeunes agriculteurs, Vincent Espinasse (fils de Gilbert) et Gildas Dousset sur 62 hectares. Si l’élevage ovin représente l’essentiel de l’activité, on cultive aussi des pommes de terre destinées à la vente directe. «Pour ne pas perdre le lien avec les consommateurs», explique Gildas Dousset, arrivé il y a une dizaine d’années dans l’Aveyron. «J’ai très vite été interpellé par le bio, je ne voyais pas l’agriculture autrement», explique-t-il, visiblement ravi d’avoir rejoint cette «filière», «la seule dans laquelle on paye pour se faire contrôler» afin de garantir la certification bio.


Comme l’Apaba, les deux jeunes agriculteurs se font les porte-parole de l’agriculture bio: «C’est un acte militant d’acheter bio, une dynamique qui va loin… Il faut réapprendre les produits bruts, et le confinement a réveillé tout ça», soulignent-ils. L’Apaba va, elle, veiller à d’éventuelles évolutions en matière de législation sur le bio et notamment sur des possibles révisions (à la baisse) du cahier des charges du bio à l’échelle européenne.


La prochaine évolution législative, qui entrera en vigueur au début de l’année 2022 va, selon les adeptes du bio, dans le bon sens: les produits bio importés en Europe seront contrôlés et soumis aux mêmes contraintes que les produits européens et de nouveaux cadres ont été fixés autour des conditions d’élevage, allant dans le sens du bien-être animal.

L’Élevage des templiers, dernière-née des fermes bio du département

C’est officiellement, depuis mai 2021, la 1.000e. L’élevage des Templiers, situé à La Cavalerie, est une ferme élevant des bovins Highland Cattle, des porcs Mangalitza et proposant des colis de viande en vente directe mais aussi des spécimens pour la reproduction.
«J’ai souhaité élever des animaux de manière la plus naturelle possible. Ici, l’élevage est extensif et en plein air total, presque sauvage… Les animaux ne reçoivent aucun complément alimentaire pour l’engraissement. Ils prennent le temps de grandir à leur rythme. Le fourrage et les céréales sont produits sur l’exploitation de manière raisonnée avec le moins de travail de terre possible afin de préserver la faune souterraine. C’est donc logiquement qu’aujourd’hui je me suis décidé à faire certifier mon élevage en agriculture biologique. Je suis heureux de voir qu’avec ces plus de 1 000 exploitations installées en bio en Aveyron, les méthodes agricoles reviennent à un travail en partenariat avec la terre »,explique Loïc Saint-Martin, responsable de l’exploitation.

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
1€/mois
Xavier Buisson
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?