Allocations logement, aides sociales, plafonnement... : un bouclier loyers face à l’inflation

  • "Tout n’est pas possible", prévient Bruno Le Maire.
    "Tout n’est pas possible", prévient Bruno Le Maire. MAXPPP - Arnaud Journois
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L’exécutif souhaite limiter la hausse à 3,5 % pendant un an et revaloriser plusieurs aides sociales. Mais la "cote d’alerte" est atteinte sur les finances publiques, prévient Bruno Le Maire.

Un dispositif de bouclier loyers visant à plafonner la hausse des loyers à 3,5 % pendant un an figurera dans le futur projet de loi sur le pouvoir d’achat, a annoncé lundi le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. "Si on regarde le niveau d’inflation, on pourrait avoir du +4, +5, +6. C’est donc bien une protection que nous garantissons aux Français", a-t-il expliqué sur BFMTV.

Le gouvernement n’a pas voulu aller, par contre, jusqu’au "gel pur et simple des loyers". "ne fausse bonne idée", selon les mots de la Première ministre Élisabeth Borne. Les propriétaires sont, en effet, eux aussi touchés par l’inflation, avec des charges parfois en augmentation, voire des travaux de rénovation énergétique à effectuer dans leur logement sous la pression de la nouvelle législation.

Les aides et prestations sociales à la hausse

Les locataires bénéficieraient, eux, dans le même temps, d’un autre coup de pouce, une revalorisation des allocations logement de 3,5 %. Le gouvernement prévoit de revaloriser ainsi de nombreuses aides sociales de 4 % (prime d’activité, minima sociaux).
"Nous sommes là pour protéger nos compatriotes en particulier ceux qui ont le plus de difficultés à passer ce cap », a expliqué lundi le locataire de Bercy. Mais, dans la « lutte contre l’inflation, tout l’effort ne peut pas reposer uniquement sur l’État et sur la dépense publique, il faut également que les entreprises fassent un effort", a-t-il estimé.

Carburants : encore un effort

"Je vais demander au patron de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, de faire à nouveau un effort parce que le prix du carburant reste très élevé", a expliqué Bruno Le Maire avant une entrevue avec le PDG, ce lundi matin. Le géant pétrolier avait accordé une remise de 10 centimes d’euros sur le prix du litre de carburant en complément de la remise de 18 centimes financée par l’État jusqu’à la fin du mois d’août, avant un nouveau dispositif ciblant les gros rouleurs.

Le projet de loi sur le pouvoir d’achat prévoit également un renforcement de la “prime de transport” versée par les entreprises à leurs salariés pour couvrir une partie du coût de leurs trajets domicile travail.

Pouvoir d’achat : inquiétude croissante des Français

Le gouvernement craint en revanche de se retrouver entraîné dans une surenchère avec l’opposition avec laquelle il doit composer à l’Assemblée nationale, alors que le patron du PCF, Fabien Roussel, demande déjà une "une baisse de la TVA sur l’essence".
"Tout n’est pas possible, tout simplement parce que nous avons atteint la cote d’alerte sur les finances publiques", a affirmé lundi Bruno Le Maire. "Les conditions de financement ont changé", a-t-il expliqué, la France empruntant aujourd’hui "à plus de 2 %", alors qu’elle le faisait récemment à taux négatifs ou très faibles. Oublié le “quoi qu’il en coûte” appliqué au plus fort de la crise sanitaire.

À droite, le nouveau président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Olivier Marleix, demande d’ailleurs des gages : "On sera exigeants à l’égard du gouvernement pour que ce soit financé." Mais, a-t-il précisé, "on va tout faire pour converger avec le gouvernement" et "avancer sur ces mesures".

Difficile de braver l’opinion au moment où l’inquiétude des Français s’accroît.
Selon le baromètre Ecoscope OpinionWay-Square pour Les Échos, 74 % des Français redoutent une dégradation de la situation "dans les mois qui viennent". Les deux tiers ne font pas confiance au gouvernement pour défendre leur pouvoir d’achat.

Centre Presse Aveyron
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Les commentaires (2)
Anonyme13114 Il y a 1 mois Le 28/06/2022 à 09:40

Qui va payer? La France n' a qu'un mot d'ordre : la dépense publique dont nous sommes les champions de l'OCDE. A ce jour notre dette représente 40 000 euros par habitant. Quel pays allons nous laisser à nos enfants?

filochard Il y a 1 mois Le 28/06/2022 à 07:27

Cet homme doit dégager, il est nul
Charles Gave peut le remplacer