Les animaux ne manquent pas d’inventivité pour résister au froid

  • Le manul, ou chat de Pallas, utilise aussi sa queue touffue pour affronter les hivers rigoureux des steppes et des régions montagneuses d’Asie centrale.
    Le manul, ou chat de Pallas, utilise aussi sa queue touffue pour affronter les hivers rigoureux des steppes et des régions montagneuses d’Asie centrale. ValerijaP / Getty Images
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(ETX Daily Up) - Les animaux sauvages souffrent du froid, comme les hommes. Ils mettent en place des stratégies diverses -et souvent étonnantes- pour survivre aux températures les plus basses. En voici quelques-unes.

Par temps froid, certains animaux entrent en hibernation pendant plusieurs semaines voire mois. Cette stratégie de survie induit des modifications physiologiques majeures chez les bêtes concernées. Elles entrent dans un état de léthargie profonde, qui leur permet de ne pas avoir besoin de s'alimenter et de s'hydrater pendant toute la durée de leur hibernation.

Le spermophile arctique va encore plus loin. Cet écureuil au pelage brun clair dort de début d’octobre jusqu’à la mi-avril, soit plus de la moitié de l’année. Ce processus entraîne un ralentissement de son flux sanguin et une diminution de sa température corporelle, comme tout animal qui hiberne. Sauf que, dans son cas, elle descend jusqu’à - 2,9 °C. Il perd alors certaines connexions vitales entre ses neurones. Les biologistes ont toutefois constaté que son cerveau arrive à compenser ces pertes, en créant davantage de liens neuronaux qu’il n’y en avait avant l’hibernation. Cette capacité fascine la communauté scientifique, qui y voit une piste pour inverser les dommages cellulaires causés par des maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer.

Pelage et protéines

D’autres animaux comme le renard polaire survivent à la période hivernale grâce à leur pelage. Ce canidé vit dans des régions où les températures peuvent descendre jusqu’à - 70 °C. Sa fourrure blanche lui sert de couverture, tout comme sa queue touffue derrière laquelle il protège ses oreilles et son petit museau du froid. Le manul, ou chat de Pallas pour les ailurophiles, utilise aussi son imposante queue pour affronter les hivers rigoureux des steppes et des régions montagneuses d’Asie centrale. Elle mesure entre 25 et 30 centimètres, soit près de la moitié de tout son corps. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il pose ses deux pattes avant dessus pour les maintenir au chaud.


Toutes les bêtes ne peuvent pas compter sur leur toison lorsque les effets de l’hiver se font ressentir. Mais elles disposent d’autres atouts pour traverser cette saison. Citons la morue polaire. Cet animal aquatique est un organisme poïkilotherme, comme tous les poissons. En d’autres termes, sa température corporelle est directement liée à celle de son milieu naturel. La morue polaire vit généralement dans des eaux dont les températures varient de 0 à 4 degrés, même si elles peuvent parfois descendre plus bas. Qu’à cela ne tienne, elle s’adapte en produisant des protéines antigel. Elles se lient aux cristaux de glace de son sang afin d’éviter que celui-ci ne gèle entièrement.

Tous pour un et un pour tous

Pas de protéine antigel pour les manchots empereur. Pourtant, ils doivent faire face à des températures inférieures à - 40 °C et à des vents soufflant parfois jusqu’à 250 km/h. Son secret réside dans les quatre couches de plumes superposées qui recouvrent son corps. Elles s’imbriquent les unes dans les autres, ce qui crée une structure "coupe-vent" imperméable à l’eau. Si leur dos et leur ventre sont très bien isolés, les manchots empereur perdent un peu de chaleur au niveau des yeux, de leurs ailerons et de leurs pattes. Ils disposent toutefois d'une épaisse couche de graisse sous la peau et d’un système de circulation sanguine particulier, ce qui leur permet de maintenir leur température corporelle malgré des conditions météorologiques extrêmes.

Mais la véritable force des manchots empereur réside dans leur organisation sociale. Au coeur de l’hiver, ils forment ce qu’on appelle une tortue. Ils s’entassent les uns contre les autres, têtes baissées pour se tenir chaud. Ils changent constamment de place pour éviter que les mêmes restent exposés au froid. Cette stratégie est très efficace puisque la température au coeur du groupe peut atteindre 34 °C, contre - 35 °C autour d’eux. Plus impressionnant encore, les manchots empereur adoptent ce comportement dès le plus jeune âge. On le retrouve dans les crèches, ces regroupements de poussins qui ont lieu lorsque les manchots adultes s’absentent pour se nourrir en mer.

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