789 taurillons abattus à Rodez : "Une affaire choquante et menée en catimini", dénonce la Conf paysanne

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  • Les taurillons en direction de l'abattoir de Rodez, ce samedi, dans l'indifférence générale...
    Les taurillons en direction de l'abattoir de Rodez, ce samedi, dans l'indifférence générale... Centre Presse - Jean-Louis Bories
Publié le , mis à jour

Plusieurs jours après l'abattage des 789 taurillons à Rodez, à la suite d'un imbroglio administratif entre la France et l'Algérie, le syndicat aveyronnais dénonce une "affaire choquante". 

L'affaire a fait grand bruit. Elle suscite néanmoins encore beaucoup d'interrogations, voire de dégoût... Samedi dernier, près de 800 taurillons, refusés par l’Algérie à la suite d’un imbroglio administratif entre Paris et Alger, ont été abattus à l'abattoir de Rodez. Ils venaient de passer plusieurs jours en mer, avant d'accoster au port de Sète. "Un dénouement sordide pour des animaux qui auront vécu l’enfer durant plusieurs semaines", avait dénoncé l'association 30 millions d'amis.

A lire aussi : Agriculture : les 789 taurillons toujours bloqués au port de Sète vont être abattus à Rodez

Cette semaine, c'est la Confédération paysanne qui monte au créneau. "Le troupeau a été refusé en Algérie car il y avait suspicion sur 3 animaux de rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), maladie non contagieuse pour l’Homme, à l’origine de simples rhumes pour les animaux et non mortels pour ces derniers. Nous dénonçons depuis 2006 l'obligation vaccinale pour l’IBR qui n’est qu’une maladie commerciale ne rendant pas impropre la viande à la consommation", expliquent les représentants aveyronnais du syndicat. Le ministère de l'agriculture avait indiqué que ces trois taurillons portaient la mention "IBR positif" sur des documents joints à leur certificat d'export, laissant croire "à tort" qu'ils étaient porteurs du virus... À l’issue de "discussions infructueuses", les services de l'Etat français ont décidé de faire revenir le bateau et d’abattre ces 780 animaux car ils ont "été affouragés avec du foin" d’Algérie, pays où une autre maladie animale, la fièvre aphteuse, est présente

"Jeter toute cette nourriture, cela est pour le moins choquant"

"Nous dénonçons la mise à l'équarrissage d'animaux sains, représentants au minimum 150
tonnes de viande gaspillée, soit près de 750 000 steaks hachés. On nous dit que l’abondance c’est
fini et que nous entrons dans l’ère de la sobriété et on jette toute cette nourriture ! À l’heure où un
Français sur quatre ne mange pas à sa faim, cela est pour le moins choquant"
, dénonce la Conf'. Et d'ajouter dans un communiqué de presse : "Combien cela va-t-il coûter ? Qui va payer la facture ? À qui appartenaient ces animaux ? Nous attendons les réactions des services vétérinaires bien silencieux, nous demandons plus de transparence. De nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir dans cette affaire menée en catimini. Si nous continuons à considérer le vivant comme une marchandise comme les autres, à produire l'alimentation comme une denrée industrielle standardisée et échangeable à travers la planète, comment ferons-nous face aux risques sanitaires engendrés par ces échanges d’animaux vivants ? Nous paysans n’élevons pas nos animaux pour les envoyer à l'équarrissage à cause d’une gestion sanitaire aberrante. On se moque du travail paysan !"

Réquisitionnée par la préfecture pour l'abattage, la coopérative aveyronnaise Unicor a affirmé qu’elle "n’avait d’autre choix que de répondre à cette injonction". L’entreprise a dit déplorer "cette situation tant du point de vue de la bientraitance animale que du respect du travail des éleveurs Français" et à souligner "qu'aucun des 800 taurillons présents sur ce bateau ne sont issus de fermes d'adhérents de la coopérative"... 

Le périple morbide de ces 789 taurillons s'est terminé samedi dans l'Allier, où ils ont été incinérés. Et non dans le Lot-et-Garonne comme cela était prévu, la chambre d'agriculture et les agriculteurs locaux ayant appelé à la mobilisation pour "ces animaux traités comme de vulgaires carcasses de voitures. Au prix de la viande, alors qu’il en manque, les sortir du circuit de commercialisation pour la consommation humaine est inimaginable."

 

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