Crise énergétique : la facture va doubler dans les stations de l'Aubrac, à quel prix pourra-t-on skier cet hiver ?

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  • Comme ici à Brameloup, le domaine skiable devrait être réduit.
    Comme ici à Brameloup, le domaine skiable devrait être réduit. Centre Presse - José A. Torres
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En attendant l’or blanc, Laguiole et Brameloup avancent des pistes de réflexion pour faire face à la prévision du doublement de leur facture énergétique.

Croiser les doigts pour que tombe la neige ne suffit plus aux stations de l’Aubrac. Laguiole et Brameloup, doivent aussi se préparer à la flambée des prix de l’énergie. « Nous avons étudié les perspectives avec le Sieda (syndicat des énergies de l’Aveyron, NDLR), ça fait peur. Cela doublera nos factures, de 25 000 à 50 000 € concernant Laguiole et de 12 000 à 24 000 pour Brameloup », annonce Vincent Alazard, président du syndicat mixte des stations de ski de l’Aubrac aveyronnais.

Maire de Laguiole : « ça ne passe plus »

Face à cette douloureuse hausse énergétique annoncée, « ça ne passe plus », lâche Vincent Alazard. Les représentants des stations se préparent à fixer une hausse des prix des forfaits commune à l’ensemble des stations de ski de l’Aubrac et avancent plusieurs pistes de réflexion qu’ils mettront sur la table, en fin de semaine, au cours du prochain conseil syndical. Première hypothèse : jouer sur les créneaux horaires avec une ouverture avancée d’une demi-heure et/ou une fermeture avancée d’une demi-heure. Deuxième éventualité : la fermeture un à deux jours par semaine hors vacances scolaires.

Troisième hypothèse : la réduction du domaine skiable, en particulier le ski de fond, ainsi que la réduction du fonctionnement des téléskis. Quatrième hypothèse : jouer sur la fabrication de la neige de culture avec une heure creuse dont le tarif est de 0,14 € le kWh et de 0,23 € le kWh en heure pleine. « Concernant la neige de culture, on ne maîtrise pas. C’est la difficulté pour nous car la neige étant rare, la fenêtre de tir est réduite pour anticiper la météo et se permettre d’attendre de fabriquer en heure creuse. Il faudra être affûté sur les prévisions, avoir le bon sens paysan », dit Vincent Alazard. Le maire de Laguiole explique avoir aussi consulté la station voisine du Lioran qui « envisage de limiter son domaine. » Cette option a aussi pour avantage de faire moins rouler les véhicules gourmands en carburant pour le damage.

80 000 € de travaux à Laguiole

Au chapitre des bonnes nouvelles pour le maire de Laguiole Vincent Alazard, la reconduction de la convention passée avec la société Stem suite à l’appel d’offres relancé cet été. « Cela permet d’être opérationnel de suite pour réaliser à la rentrée les travaux de mise en sécurité de 80 000 € (dont 30 % est financé par l’État, NDLR). On est content aussi car cela garantit une continuité du personnel avec toujours Christophe Rançon comme chef d’exploitation et son épouse à la billetterie. » Quid du recrutement qui avait été compliqué l’hiver dernier ? « On a embauché un saisonnier le contact favorable avec les autres saisonniers laissent envisager de bonnes perspectives », répond Vincent Alazard qui ajoute : « Par le biais de la Stem, notre prestataire, cela donne droit au chômage technique pour les saisonniers ce qui sécurise les ressources financières des agents. » Cela n’a toutefois pas fait changer le point de vue de la station voisine de Brameloup qui ne souhaite pas travailler avec un prestataire en raison du coût.

Roger Auguy : « L’idéal serait qu’il n’y ait pas de neige ! »

C’est la solution envisagée aussi par Brameloup. Pour Roger Auguy maire de Prades-d’Aubrac, « l’idéal serait qu’il n’y ait pas de neige cet hiver, le déneigement ne sera pas gérable avec le syndicat mixte ».

En revanche, l’actuel président du syndicat mixte des stations de l’Aubrac aveyronnais, n’entend pas rogner sur le service apporté aux écoles et ski clubs. « On doit s’inscrire dans la solidarité. Au niveau des écoles et des skis clubs, il faut garder les jours ouverts, il faudra voir les autres jours de la semaine. »

Face à l’incertitude annuelle de la neige et la flambée énergétique, le fonctionnement des stations au rythme des quatre saisons devient inéluctable. Devalkart et trottinettes électriques ont été proposées cet été, ce qui a permis de réaliser une recette de 9 000 €. « Cela n’a pas permis de dégager des bénéfices mais cela participe à la dynamique », résume Vincent Alazard, conscient que la balle est dans le camp du Département pour lancer ce projet. Cela passe par la mise en place tant attendue du nouveau syndicat mixte qui, outre les communes couvrant les stations (Laguiole, Saint-Chély-d’Aubrac, Prades-d’Aubrac et Saint-Geniez-d’Olt-et-d’Aubrac), comptera la communauté de communes du Nord-Aveyron et le Département qui représentera 45 % des voix. « On attend », conclut le maire de Laguiole.

L’échéance, reportée à 2023, inquiète au moment où la situation n’a jamais été aussi alarmante pour le devenir des stations. Une petite éclaircie pourrait venir mi-novembre du parc naturel régional (PNR) de l’Aubrac qui connaîtra le montant octroyé par l’Europe via le Feder (Fonds européen de développement régional) et géré par la région Auvergne-Rhône-Alpes, suite à la mise en place du pôle pleine nature. Cela avait permis d’obtenir 500 000 € en 2016. « Une somme qui ne sert pas uniquement aux stations », rappelle Mylène Gras, en charge du pôle pleine nature pour le PNR qui annonce la disparition du groupement d’intérêt public : « On aura un suivi moins personnalisé. » Pas de nature à rassurer les stations.

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Olivier Courtil
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