Il se promenait avec une hache à la main dans Rodez : "Je ne suis pas malade", jure-t-il au tribunal

  • Le prévenu était pris en charge au foyer d'hébergement d'urgence de la côte des Besses.
    Le prévenu était pris en charge au foyer d'hébergement d'urgence de la côte des Besses. Centre Presse - José A. Torres
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Présentant des troubles paranoïaques, un jeune homme était jugé en début de semaine devant le tribunal de Rodez pour plusieurs faits de violences, menaces de mort et port d'armes dans la ville cet été.

"Sa place n'est pas ici". L'avocat ruthénois, Me Arnaud Cagnac, n'a pas caché son malaise devant le tribunal de Rodez à l'heure de défendre son client, en début de semaine. Un jeune homme de 31 ans, actuellement hospitalisé à Sainte-Marie et accompagné dans la salle de deux infirmiers de l'hôpital psychiatrique. Il y a trois ans, ce Guinéen arrivait en Italie par bateau, sans aucune attache sur le Vieux Continent. Après un passage dans un centre pour migrants, non loin de l'île de Lampedusa, il rejoint la France. Marseille puis Rodez. Il est alors pris en charge par le foyer d'hébergement d'urgence de la côte des Besses. Rapidement, son état psychiatrique pose question.

Paranoïa

Jusqu'au 12 juin dernier, où en fin d'après-midi, il s'en prend au personnel de la structure. Il met le feu à une bouteille de gaz devant le foyer puis brandit une hache et profère des menaces de mort. Selon ses mots, il souhaiterait récupérer une somme d'argent, 45€... Elle a été virée sur son compte bancaire, mais il ne comprend pas. Puis, ses troubles paranoïaques, reconnus par plusieurs psychiatres, prennent le dessus : "Vous m'avez empoisonné, je vais tuer quelqu'un !", ne cesse-t-il de dire. Avant de prendre la fuite. Il sera retrouvé par la police quelques minutes plus tard, errant du côté de Layoule, toujours la hache dans sa main. Plusieurs promeneurs s'en étaient inquiétés auprès des forces de l'ordre ! L'arrestation n'est pas des plus simples mais personne n'est blessé.  

Admis à Sainte-Marie en hospitalisation d'office, il ressort quelque temps après. Et il est de nouveau aperçu cette fin d'été se promenant autour du foyer de la côte des Besses. Sa présence est rapidement signalée par les effectifs. Le trentenaire est de nouveau en rupture de traitement et se montre une nouvelle fois menaçant jusqu'à ce que les policiers remettent la main dessus. Dans son sac à dos, ils retrouvent deux couteaux... Au commissariat, il refusera de sortir de sa cellule, de se tenir debout et demandera en boucle "une pilule pour déboucher" son sexe. Ce mardi, devant le tribunal, il est apparu comme "assommé" par les médicaments. "Pourtant, ils n'ont pas l'air d'être très efficaces !", fait remarquer la présidente, Christine Piccinin. Car le discours, lui, n'a pas changé. Il a une nouvelle fois assuré qu'on "l'empoisonnait avec les médicaments", qu'il n'était "pas malade" ou encore que "des Italiens du camp" l'auraient suivi jusqu'à Rodez pour lui "faire du mal à la côte des Besses".

"Je veux bien que les policiers municipaux ne soient pas très bien payés, mais..."

Pour la représentante du ministère public, "ces faits auraient pu très mal tourner : on parle quand même de hache, de couteau et d'une mise à feu d'une bouteille de gaz." "Il doit prendre son traitement pour ne représenter aucun danger pour la société et lui-même", assure-t-elle en requérant quatre mois de prison ferme. Le tribunal doublera cette peine, en le condamnant à neuf mois ferme. Et une interdiction de paraître en Aveyron durant cinq ans. "J'ai dû mal avec cette idée de déplacer les problèmes ailleurs...", avait plaidé Me Arnaud Cagnac. Qui n'a également pas mâché ses mots à l'heure d'évoquer les demandes de dommages et intérêts des policiers municipaux de Rodez, premiers à intervenir côte des Besses le 29 août dernier. "Je veux bien qu'ils ne soient pas très bien payés et qu'ils cherchent à arrondir leurs fins de mois, mais venir demander 1.000€ pour quelques insultes qui fusent lors d'une arrestation, c'est trop ! Tout en sachant que ce sont les policiers nationaux qui ont arrêté mon client ensuite... Ils ont simplement fait leur boulot" Les demandes de constitution de partie civile des municipaux n'ont pas été retenues.

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