Alain Marc un aquarelliste des schistes amoureux de l'Aveyron

  • Fête de la Saint-Bourrou de Marcillac.
    Fête de la Saint-Bourrou de Marcillac. FV/CP
  • Alain Marc sillonne les pays du monde avec le même appétit.
    Alain Marc sillonne les pays du monde avec le même appétit. FV/CP
  • Alain Marc en pleine action.
    Alain Marc en pleine action. FV/CP
  • Le Causse noir.
    Le Causse noir. FV/CP
  • Alain Marc et son dernier ouvrage "Carnet de routes".
    Alain Marc et son dernier ouvrage "Carnet de routes". FV/CP
  • Ferme typique de la région de Villefranche-sur-Rouergue avec son pigeonnier et sa grange en rez-de-chaussée de maison.
    Ferme typique de la région de Villefranche-sur-Rouergue avec son pigeonnier et sa grange en rez-de-chaussée de maison. FV/CP
  • Les rougiers de Camares, dans le sud du département, entre le Causse du Larzac et les monts de Lacaune.
    Les rougiers de Camares, dans le sud du département, entre le Causse du Larzac et les monts de Lacaune. FV/CP
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Carnets de voyage. Alain Marc est aquarelliste, carnettiste. Il connaît l’Aveyron comme sa poche où l’on trouve pêle-mêle des couleurs et des pois de senteur, des crayons et des plumes de pinsons, des cansons et de belles chansons. Rencontre.

Voici quarante ans qu’il se mélange les pinceaux sur les routes de l’Aveyron. Dans la boîte à gants de la camionnette, il a soigneusement replié sa carte fétiche, annotée, soulignée, triturée. Dans la poche arrière d’une veste de pêcheur, un carnet de croquis se tient à carreaux entre une mine 2B rétractable et une palette d’aquarelles miniature. Le carnettiste voyage léger. Qu’il soit à Ouarzazate, au fin fond de la Birmanie ou sur les routes de l’Aveyron. C’est là qu’il emmène ses stagiaires, dix à douze personnes maxi, désireux d’en découdre avec les peuplades de l’Asie mineure ou les paysans du Causse noir, avec un bleu outremer ou un vert émeraude, à la manière d’un Titouan Lamazou ou d’un Eugène Delacroix.

Un professeur voyageur

Alain Marc est leur mentor, leur professeur voyageur: "J’ai appris de mon père, lui-même peintre, sculpteur et carnettiste". Jean Marc le père dessine son époque épique et une Espagne encore aux mains de Franco, il entraîne son fils à qui il offre son premier carnet quand d’autres reçoivent leur première dinky toys: "C’était un jeu, je dessinais ma journée". Mais si, sur le croquis, le coq ne semblait pas prêt à chanter: "Mon père me disait de regarder davantage… Le dessin et particulièrement le carnet de voyages est un formidable moyen d’ouvrir les yeux sur le monde. Le dessin permet d’observer, de mémoriser" Et le voyage: "Comme le “duende “au flamenco, permet de vivre de temps à autre des moments magiques, surtout lorsqu’on s’écarte des sentiers battus pour découvrir des territoires moins connus, révéler des richesses cachées, rencontrer des minorités ethniques. Il y a un petit côté ethnologique dans les carnets de voyage…"

Fête du train dans un village birman

Pour ces carnets de voyages au bout du monde, la logistique est confiée à une agence d’Albi (Culture au cœur), mais sur les routes de l’Aveyron, Alain Marc est seul maître à bord: "J’ai un planning, un itinéraire, mais je prévois toujours des moments libres pour pouvoir répondre à l’imprévu…" Une invitation à la fête du train dans un village birman ou celle d’une bergère et ses moutons sur le plateau du Larzac.

Un petit truc "Personnellement, je n’utilise pas de gomme"

Alain Marc et sa troupe tournent la page, une bergère dans un coin, une alouette, un buisson d’aubépines dans l’autre: "Il faut déjà bien maîtriser le dessin pour se lancer dans le carnet de voyage, parce qu’il faut être rapide, il faut savoir saisir l’instant et savoir dessiner n’importe quel sujet." Le carnet de voyage ne se peaufine pas comme l’aquarelle. Première leçon: "Éviter de s’éparpiller, prévoir, même de manière succincte, une sorte de story board ou de fil conducteur ne serait-ce pour éviter les redites. Ne pas raconter ce que l’on voit déjà sur l’image, apporter d’autres informations. Et inversement." Un petit truc ? "Personnellement, je n’utilise pas de gomme. Ca apprend à dessiner plus juste. Si on se trompe, il suffit de redessiner un trait plus exact à côté. Du coup, il ne faut pas appuyer sur la mine lors des esquisses, c’est au moment du trait définitif qu’on peut forcer. Mais le trait doit être exact, ensuite, on peut se permettre toutes les libertés... " Et la liberté, ça le connaît.

Frédérique Verhaeghe
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