Des vaches aubrac sans cornes pour le marché international

  • Une vache aubrac, ses cornes et son veau. Seuls les animaux destinés à l’export pourraient être privés de leurs attributs.
    Une vache aubrac, ses cornes et son veau. Seuls les animaux destinés à l’export pourraient être privés de leurs attributs. Centre Presse
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Élevage. L’Upra d’Aubrac effectue actuellement des prélèvements embryonnaires pour accoucher, à l'horizon 2020, de vaches aubrac sans cornes. Objectif : répondre aux exigences de l'exportation.

Des lapins phosphorescents, des pastèques carrées et aujourd'hui des vaches sans cornes. Deux ans de réflexion et de débats passionnels ont été nécessaires au conseil d’administration de l’Unité pour la promotion, la sélection et la diffusion de la race aubrac (Upra) pour savoir s'il devait, oui ou non, s'engager dans la production de vaches aubrac sans cornes. "Ça a choqué au début mais l’objectif est d'offrir une solution aux 20-25% d’éleveurs qui écornent leurs animaux par sécurité (alors que la réglementation va l’interdire) et de répondre au marché international, en particulier l’Amérique latine", explique Henry Peyrac, président de l’Upra.

Aubrac à 99,60%

Pour se lancer dans cette démarche, la structure aveyronnaise a pu s’appuyer sur le génie génétique et le travail mené pendant 25 ans par la famille Baumer basée près d’Hambourg (Allemagne). "Nous avons eu la chance d’avoir cet éleveur qui a effectué un travail exceptionnel sur ce sujet. On sait aujourd’hui ce qu’il en est, la pureté du sang est de 99,60% d’aubrac donc il n’y a pas de dénaturation de la race". Reste que les cornes font partie du standard de la race. D’où certaines tensions. 

Classe "épreuve"

Pour couper court aux critiques, un second registre racial a été mis sur pied. En plus de la classe historique, la classe "épreuve" a été créée pour recenser les futures aubracs sans cornes. "Ce compromis vient des éleveurs eux-mêmes. Les animaux en classe épreuve ne pourront jamais accéder à la classe historique, tout le monde est rassuré". Reste à passer à la pratique. Pour cela, l’Upra fait effectuer actuellement, par l’entreprise de sélection Midatest basée dans le Tarn, des prélèvements embryonnaires sur quatre génisses en provenance de l’éleveur allemand en question, et quatre autres génisses doivent suivre. "Nous pourrons proposer des taureaux homozygotes donc transmettant systématiquement des aubracs sans cornes à l’horizon 2020".

Les cornes resteront sur le cheptel aveyronnais

N’espérez donc pas voir des aubracs sans cornes au sommet de l’élevage du 1er au 3 octobre prochain à Cournon (63). "Mais on a aussi des génisses sans cornes génétiquement", précise Henry Peyrac, rassurant une dernière fois sur ce bouleversement dans les habitudes et les mentalités mais ne remettant pas en cause la qualité de la race en pleine expansion. Et de conclure: "Ces animaux répondent aux débouchés à l’international, pas pour le plateau de l’Aubrac". Ouf, les cornes ne sont pas encore tombées sur leurs têtes en Aveyron.

Olivier Courtil
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