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Rodez-Paris : le train de nuit va-t-il disparaître définitivement ?

  • Environ 80 personnes en moyenne utilisent quotidiennement le train de nuit.
    Environ 80 personnes en moyenne utilisent quotidiennement le train de nuit. José A. Torres - José A. Torres
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Transport. Le rapport du député Philippe Duron inquiète les usagers et les syndicats du rail. Il pourrait préconiser la suppression de 160 des 300 trains Intercités et par conséquent les trains de nuit. Une hypothèse plus que probable selon Frédéric Konefal, CGT cheminots.

L’avenir du train de nuit Rodez-Paris, est-il compromis ? C’est en tout cas la crainte de Frédéric Konefal, élu de la CGT cheminots à Rodez et des associations d’usagers.

En novembre dernier, Alain Vidalies, secrétaire d’Etat chargé des transports, de la mer et la pêche, a confié au député Philippe Duron la présidence d’une commission chargée de réfléchir à l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET), plus connus sous l’appellation commerciale « Intercités » de la SNCF, constatant que le service rendu ne répond qu’imparfaitement à la demande des voyageurs et des territoires.  

Or ce rapport, dont les conclusions doivent être rendues à la fin du mois de mai, préconiserait de supprimer quelque 160 trains (sauf les TER) sur 300, répartis en quinze lignes irriguant la France et qui transportent chaque jour près de 100 000 voyageurs. 

«Un retrait massif» des trains Intercités

En moyenne, en effet, le taux de remplissage de ces trains atteint péniblement les 50% et l’entretien du matériel coûte cher. La plupart des wagons ou des locomotives ont plus de 30 ans de moyenne d’âge. Même la taxe, créée en 2014, sur les TGV et payée par la SNCF de 309 M€ par an n’y suffit pas. En 2014, le déficit était de 80 M€, selon Alain Le Vern, responsable national des Régions et Intercités à la SNCF.

Pour toutes ces raisons, la SNCF a remis au député Duron un document préconisant «un retrait massif» des trains Intercités. Pour l'heure, la SNCF se refuse à tout commentaire tant que le rapport n’a pas été rendu public. 

«Travail de sape»

Au Sénat, des élus communistes se sont alarmés de cette hypothèse. Ils ont notamment dénoncé la «suppression organisée de toutes les offres de nuit» mais aussi de «toutes les dessertes nationales Intercités». Le 3 février dernier, le député Yves Censi a interrogé le secrétaire d'Etat sur le sujet (vidéo).

A Rodez, Frédéric Konefal prédit que la «fin du train de nuit pour 2017». Ou même avant. «Le travail de sape a commencé lorsque la SNCF supprime le train de nuit dès qu’il y a des travaux sur la ligne alors que ce n’est pas nécessaire» constate-t-il.

La «conjoncture d’événements tels que le lancement de la ligne LGV Toulouse-Bordeaux (qui est encore loin d’être acté, NDLR), d’importants travaux programmés sur la ligne Brive-Paris vont être le prétexte pour supprimer le train de nuit»Rien de très nouveau pour le syndicaliste de la CGT cheminots prêt aujourd'hui à «interpeller les élus locaux sur la disparition du train de nuit qui serait préjudiciable à beaucoup d’usagers».

La crainte des usagers

Des usagers de la ligne qui ne se font pas d’illusions. Président du comité de défense de la ligne ferroviaire Rodez-Paris qui regroupe 310 adhérents, Christophe Schimmel, l'affirme. «La stratégie de la SCNF est de supprimer tous les trains de nuit sur la région Midi-Pyrénées. Bientôt, il n’y aura plus aucune liaison directe entre Rodez et Paris». D’après lui, il ne restera donc que les TER, qui s’arrêtent à Brive, pour relier Rodez à la capitale. Une stratégie qui risque de laisser à quai les usagers qui n’ont pas de quoi s’offrir un billet d’avion pour Paris, et qui n’ont pas toute une journée à perdre dans le train… 

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