Présidentielle au Portugal: le candidat de la droite grand favori

  • Le candidat de la droite, Marcelo Rebela de Sousa, vote à la présidentielle, le 24 janvier 2016 à Celorico de Basto, dans le nord du Portugal
    Le candidat de la droite, Marcelo Rebela de Sousa, vote à la présidentielle, le 24 janvier 2016 à Celorico de Basto, dans le nord du Portugal AFP - FRANCISCO LEONG
Publié le , mis à jour

Les Portugais votaient dimanche pour une élection présidentielle qui pourrait, selon les sondages, voir la victoire dès le premier tour du très populaire candidat de la droite, Marcelo Rebelo de Sousa, grand favori face à une gauche divisée.

Enjeu clef de ce scrutin, le chef de l'Etat dispose d'une arme surnommée "bombe atomique" au Portugal: le droit de dissoudre le Parlement, alors que le gouvernement socialiste en place depuis novembre dépend d'une alliance fragile avec la gauche radicale.

Crédité de 52 à 55% des voix dans les sondages, M. Rebelo de Sousa, un professeur de droit et commentateur de télévision de 67 ans, a une large avance sur son principal adversaire, l'indépendant de gauche Antonio Sampaio da Novoa, qui recueille 17 à 22% des intentions de vote.

"Le professeur Marcelo est le meilleur candidat, c'est un homme politique expérimenté qui inspire confiance", estime Cesario Correia, un retraité de 69 ans, après avoir voté dans un quartier populaire de Lisbonne.

Un avis que ne partage guère José Nascimento, un comptable de 57 ans, qui a choisi une candidate de la gauche: "Marcelo fait du spectacle, c'est une personnalité du show biz qui promet tout à tout le monde".

Antonio Sampaio da Novoa, lui aussi professeur d'université, n'a pas réussi à obtenir le soutien du Parti socialiste, qui avance en ordre dispersé, comptant une autre candidate d'envergure, l'ancienne ministre de la Santé Maria de Belem Roseira, avec 8 à 13% des voix.

- Affluence accrue -

Sans choisir entre ces deux candidats, le Premier ministre socialiste, Antonio Costa, s'est contenté dimanche d'appeler à "une participation active" à l'élection du président, qui sera "le représentant de l'ensemble des Portugais".

Populaire au-delà de son camp politique comme commentateur vedette à la télévision, Marcelo Rebelo de Sousa a mené une campagne très personnalisée, sans affiches ni tracts, privilégiant le contact direct avec les électeurs.

"C'est un candidat consensuel au discours modéré, qui capte des voix à gauche et à droite. Mais pour être élu au premier tour, il faut que les électeurs se mobilisent", a expliqué à l'AFP le politologue José Antonio Passos Palmeira.

A 16H00 (locales et GMT), la participation était de 37,69%, supérieure au taux de 35,16% enregistré à la même heure lors du dernier scrutin présidentiel en 2011.

Cette affluence accrue est "une bonne nouvelle", a estimé M. Rebelo de Sousa, souriant, à la sortie d'un bureau de vote de la petite ville de Celorico de Basto (nord).

Quelque 9,7 millions de Portugais sont appelés à se rendre jusqu'à 19h00 dans les bureaux de vote, les premières projections étant attendues à 20H00. Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix, un second tour aura lieu le 14 février.

- Electron libre -

Président du Parti social-démocrate (PSD, centre droit) de 1996 à 1999, Marcelo Rebelo de Sousa passe pour un électron libre de la politique portugaise, connu pour son indépendance d'esprit.

S'il dispose du soutien officiel du PSD et du CDS (droite), il a pris ses distances avec des partis associés à quatre ans d'austérité budgétaire.

"Je ne serai le président d'aucun parti", a promis ce spécialiste du droit constitutionnel, s'engageant à être "un arbitre au-dessus de la mêlée".

A part la couleur politique, tout le distingue du président sortant, Anibal Cavaco Silva, qui achève à 76 ans son deuxième quinquennat consécutif, dont la fin a été marquée par la crise née des élections législatives du 4 octobre.

Ce conservateur à l'allure rigide n'a jamais caché sa réticence à nommer un gouvernement socialiste appuyé au Parlement par des partis de gauche radicale anti-européens.

A l'inverse, le "professeur Marcelo" s'est montré plutôt conciliant envers le gouvernement dirigé par Antonio Costa, son ancien élève à la faculté de droit de Lisbonne.

S'il est élu, "il ne sera pas l'ennemi politique du gouvernement socialiste", a déclaré à l'AFP le politologue Antonio Costa Pinto. Mais en cas de crise, "il n'hésitera pas non plus à convoquer de nouvelles élections, s'il est convaincu qu'elles déboucheront sur une majorité stable".

Au grand dam des ténors de la droite, qui misent sur leur candidat pour leur faciliter le retour au pouvoir, M. Rebelo de Sousa a qualifié d'"absolument absurde" l'hypothèse d'une dissolution du Parlement dès son arrivée au palais présidentiel.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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