Camboulazet

Camboulazet : « Avec ce café, c’est la vie qui s’en va... »

  • Le bistrot de Dany et Edmond Gombert, ici avec leur fille Marie-Josée, a été racheté pour devenir une habitation. Les travaux ont déjà débuté.
    Le bistrot de Dany et Edmond Gombert, ici avec leur fille Marie-Josée, a été racheté pour devenir une habitation. Les travaux ont déjà débuté. Lola Cros / Lola Cros
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Le 31 mai, le bistrot d’Edmond et Danièle Gombert, dernier commerce du village, a baissé le rideau. Une page historique se tourne. 

Dans le village, il était le repaire par excellence. Celui de plusieurs générations de Camboulazet. Jusqu’en 1976, des flopées de gamins en culottes courtes déboulaient tous les midis dans le bistrot, métamosphosé pour une paire d’heures, en cantine communale.

On s’y retrouvait aussi pour jouer à la belote, pour retirer le journal du dimanche, ou pour manger une soupe aux fromages en rentrant de soirée. Le club de foot y avait même installé son siège. Lui, c’est le bistrot d’Edmond et Danièle Gombert. Il ne portait pas spécialement de nom, tout le monde le connaissait et garde en tête son lot d’anecdotes.

Aujourd’hui, à Camboulazet, tranquille village de 400 âmes voisin de Baraqueville, on parle de lui à l’imparfait. Le mois dernier, le couple d’octogénaires a décidé de baisser le rideau, après 87 ans d’activité. Le grand-père de Danièle l’avait ouvert en 1929, à son retour de la guerre.

Plus aux normes

«Depuis quelque temps, la préfecture nous mettait en garde, commence Danièle Gombert. Le café n’était plus aux normes, notamment pour l’accessibilité. Ces travaux représentent un investissement énorme que nous ne pouvions pas faire, étant donné que l’affaire n’est pas viable. Et forcément, dans ces conditions, sachant que nous n’avons aucune solution d’agrandissement, nous ne trouvions pas de repreneur.»

Un départ à la retraite un peu forcé, mais pas précipité. Edmond Gombert confie y réfléchir depuis trois ans. Ces dernières années, il n’ouvrait que les vendredis soirs et dimanches.

Président d’honneur du club de foot local, c’est avec un gros pincement au cœur qu’il a baissé le rideau. Il aimait son bistrot, au moins autant que les confidences «les plus croustillantes» des jeunes.

Dépeuplement

«Avec lui, c’est la vie qui s’en va de Camboulazet», se désole déjà le maire de la commune, Jean Bonneviale. Ce café, c’était le dernier commerce du village. Ultime résistant à l’attraction des agglomérations alentours. Ultime arme contre le dépeuplement. Il a quelques années encore, Camboulazet pouvait compter sur deux épiceries, deux cafés, une mercerie, un coiffeur, un menuisier, etc. Depuis, le «lien social» reposait sur ce bistrot, lové au carrefour du village, en bordure de la départementale qui traverse Camboulazet, au pied de l’église.

Alors, le maire et les élus planchent pour ouvrir un nouveau lieu de sociabilité et de rencontres.

Lien social

Une «salle des animations» destinée à accueillir les amoureux de la belote, entre autres. Les idées se bousculent dans la tête de Jean Bonneviale qui imagine déjà un terrain de pétanque devant cette salle, «avec un petit espace buvette». Des projets suspendus à l’implication de villageois. Aussi, les villageois ont développé toute une chaîne de solidarité pour distribuer le journal du dimanche aux abonnés et palier à l’absence de Danièle et Edmond.

Qui ne seront jamais loin, dans tous les cas.

Lola Cros
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