L’accordéon est-il vraiment d’ici ?

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    L’accordéon est-il vraiment d’ici ?
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On vénère en Aveyron l’accordéon comme s’il avait été de tout temps l’instrument d’ici. Mais en fait, il n’y a véritablement qu’un siècle, un siècle et demi environ que le vénérable s’est installé dans nos campagnes. Car l’accordéon est si ce n’est un migrant, du moins un citoyen du monde.

La preuve, la Baleine d’Onet-le-Château accueillera le 67e trophée mondial de l’accordéon fin octobre, avec quelque 200 accordéonistes représentant une quarantaine de nations, après une sélection nationale qui aura lieu au même endroit en juin. Vous voyez que le territoire du piano à bretelles est vaste.

En fait, le système de l’accordéon daterait de quelque 2500 avant JC et proviendrait d’Asie. Parvenu en Occident autour du début du XVIIIe siècle, les inventeurs vont se pencher par la suite, surtout dans la première partie du XIXe siècle, sur le procédé, afin d’aboutir à l’aube du XXe siècle à l’accordéon moderne, qui serait né en Italie.

Ensuite, l’accordéon va se diffuser dans le monde et, fait non anodin, pour nous, va supplanter la cabrette (et la valse la bourrée) entre les deux guerres dans les bals musette bougnats du Paris d’alors. Il en fera de même par chez nous, s’installant durablement ici, mais aussi en Amérique latine, dans les musiques traditionnelles de Grande-Bretagne, de la Réunion ou des pays de l’Est entre autres.

Un exemple d’intégration réussie pour un instrument qui, malgré son côté rétro et vieillot pour bon nombre de jeunots, est l’un des plus récents à pouvoir se passer de la fée électricité.

Deux albums à écouter :

- Richard Galliano, « New jazz musette », chez Ponderosa.

- Frédéric Viale, « Les racines du ciel », chez Socadisc.

Centre Presse / Laurent Roustan
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