Éducation : quels rythmes pour les écoliers au mois de septembre ?

  • Beaucoup s’interrogent, aux quatre coins du département, sur l’opportunité de revenir à quatre jours d’enseignement par semaine
    Beaucoup s’interrogent, aux quatre coins du département, sur l’opportunité de revenir à quatre jours d’enseignement par semaine
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À Rodez, Olemps ou Luc-la-Primaube notamment, des sondages auprès des parents sont en cours. On leur demande, en substance, de se prononcer sur l’opportunité de revenir à quatre jours de classe hebdomadaires contre quatre et demi actuellement dans les classes de primaires et maternelles. La possibilité de ce retour en arrière de quelques années (le rythme de quatre jours et demi a été adopté à la rentrée 2014) a été mise sur la table par le nouveau ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, conformément à un engagement du président Macron. Et beaucoup s’interrogent, aux quatre coins du département, sur l’opportunité de revenir à quatre jours d’enseignement par semaine.

« Ça a été compliqué à mettre en œuvre, ça sera compliqué à détricoter. Ces nouveaux rythmes scolaires, tout le monde y a été plus ou moins à reculons. Il y a beaucoup d’interrogations, notamment chez les enseignants par rapport au rythme de l’enfant. De toute façon c’est l’inspecteur d’académie qui décide », explique Jean-Philippe Sadoul, maire de Luc-la-Primaube, qui a lancé il y a quelques jours une consultation en direction des parents.

À Olemps, les activités proposées dans le cadre de l’accueil périscolaire font « presque l’unanimité » selon la maire Sylvie Lopez. Sur les 145 élèves de primaire et les 85 de maternelle, 90 % fréquentent le Temps d’accueil périscolaire, gratuit par ailleurs. « Même si le conseil municipal est plutôt favorable à l’idée de rester sur une semaine de quatre jours et demi (au moins cette année), une consultation est en cours. Il faut essayer de tout prendre en compte : dans les familles, certaines personnes sont passées à temps plein, ont décidé de travailler le mercredi... Il faut que les parents s’organisent, on pourrait difficilement leur annoncer que tout changera en septembre », explique l’élue.

Actuellement et dans l’attente d’un décret officiel, les cartes sont entre les mains des services de l’Éducation nationale qui a la possibilité de délivrer des dérogations. Pour cela, il faut qu’un consensus soit trouvé entre les différentes instances (enseignants, représentants des parents d’élèves et des municipalités) à l’occasion des conseils d’écoles. Si le consensus est avéré, l’inspecteur d’académie tranchera en prenant en compte, on l’imagine, plusieurs critères comme les habitudes de fonctionnement, l’adaptabilité des transports scolaires et, surtout, l’intérêt des enfants.

L’intérêt des enfants, c’est aussi ce qui préoccupe la délégation aveyronnaise de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) et son président Bernard Anglade. « Cinq matinées d’enseignement qui se suivent, c’est très bien, explique-t-il. Nous ne sommes pas du tout pour un retour en arrière, les travaux des chronobiologistes prouvent que ce rythme est le bon. Les maires vont-ils s’improviser chronobiologistes ? », s’interroge le président. Pour lui, les représentants de la FCPE aux conseils d’écoles auront à se prononcer, dans ces instances, contre le retour à quatre jours hebdomadaires.

Du côté cette organisation, forte de près de 2 000 adhérents et seule instance syndicale représentative des parents, on redoute par ailleurs une « ingérence » des mairies dans l’organisation des rythmes scolaires.

Une crainte que partage le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles). « Nous sommes pour ouvrir le passage à quatre jours, mais avec un énorme bémol : nous ne voulons pas que ce soient les mairies qui gèrent ce qui se passe dans les écoles. Le cadrage doit être national. Cela paraît cependant impossible à tenir. Je ne vois pas comment le conseil départemental pourrait réorganiser les transports, réaménager les emplois du temps », explique Valérie Tavernier, secrétaire départementale

« Nous sommes dans le flou, affirme pour sa part Jean-Louis Grimal, président de l’Association des maires de l’Aveyron. Repasser à quatre jours pourrait représenter des contraintes pour certaines communes ou communautés de communes qui ont investi en personnel. À l’origine, nous n’étions pas favorables à la semaine de quatre jours et demi. Cela favorise l’école des villes par rapport à l’école des champs ou ces rythmes scolaires se sont transformés en garderie. En tant que président de l’ADM de l’Aveyron, je suis favorable à ce qu’on revienne en arrière, mais cela sera compliqué : des habitudes ont été prises par les parents, les communes... ».

La principale difficulté, de l’avis de l’ensemble de ces acteurs du monde éducatif, sera de réussir à satisfaire les écoles désireuses de revenir à quatre journées dès la rentrée 2017. La fin de l’année étant fixée au 7 juillet, les différents interlocuteurs seront indisponibles, notamment du côté de l’Éducation nationale, qui travaillait par ailleurs il y a quelques jours encore sur l’organisation de la rentrée... de 2018. Si les horaires changent, les transports scolaires devront s’adapter et, là aussi, la tâche s’avère titanesque pour le conseil départemental, qui aurait à remettre à plat au plus vite son système de ramassage scolaire.

Centre Presse / Xavier Buisson
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