Le 10 mai 1940 : le sacrifice des Aveyronnais à Dunkerque

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    Le 10 mai 1940 : le sacrifice des Aveyronnais à Dunkerque
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Dans la mémoire collective, la bataille de Dunkerque est synonyme d’une brutale défaite, d’une humiliation pour les armées alliées. C’est oublier l’héroïsme des soldats français et britanniques pour freiner l’avancée des soldats de la Wehrmacht.

En ce mois de mai 1940, la bataille de France tourne rapidement à la déconfiture pour les Alliés. Les forces de l’aile gauche française et le corps expéditionnaire britannique se retrouvent, dès le 28 mai, enfermés dans une vaste poche autour de Dunkerque. Encerclés après la percée allemande de Sedan, 400 000 soldats sont pris au piège.

Du 26 mai au 4 juin, 300 000 d’entre eux parviendront, sous un déluge de bombes et de feu, à monter in extremis à bord d’une myriade d’embarcations militaires, mais plus encore dans celles réquisitionnées aux civils, pour gagner l’Angleterre et y poursuivre la guerre contre le IIIe Reich. C’est au cœur de cette opération, nommée « Dynamo », que nous entraîne le film de Christopher Nolan, sorti mercredi dans les salles. Mais pour permettre à ces soldats de fuir, il a fallu le sacrifice de milliers d’autres.

Le 122e RI de Rodez, alors composé d’Aveyronnais, de Tarnais et de recrues des départements limitrophes, s’est particulièrement illustré lors de cette bataille. Le régiment a reçu pour ordre de barrer la route aux Allemands, coûte que coûte. « Ils se sont battus comme des lions », raconte Vincent Besombes, président du comité de Rodez du Souvenir Français.

Le drapeau du régiment qui accompagnait les soldats, fut même brûlé dans les dunes de Dunkerque pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi. Dans Les derniers combats pour la défense de Dunkerque, publié en 1962, l’abbé Maurice Frézouls, qui avait directement participé à cette bataille, évoque ainsi la défense héroïque des unités françaises.

Au détour d’un chapitre, il reprend les écrits du journal du général Barthélémy : « Le général commandant le 16e Corps vient me voir dans mon fossé et me demande de tenir coûte que coûte, pour permettre les embarquements ».

Ces derniers mots couchés sur le papier sont éloquents. Il évoque ainsi une « mission de sacrifice ». Ainsi, bon nombre d’Aveyronnais reposent désormais au sein des cimetières militaires de Teteghem ou de Zuydcoote. Ferrieu, Courtaillac, Osty, Hérail... Des noms d’ici gravés à jamais dans ces terres marquées par l’une des plus grandes batailles de la seconde guerre mondiale.

Centre Presse / Philippe Henry
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