Le festival de BD Luz’en bulles cherche à reprendre un peu de pétillant

  • Le public est venu nombreux rencontrer les auteurs, qui dédicacent leurs ouvrages.  M.M.
    Le public est venu nombreux rencontrer les auteurs, qui dédicacent leurs ouvrages. M.M.
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Non, le festival n’est pas menacé. Oui, il va continuer. C’est une affaire qui marche, qui tourne, et personne n’a envie que ça s’arrête. Les dessinateurs sont notre meilleure pub, ils nous disent « Ne grossissez pas, ne changez rien» explique avec un large sourire Esther Chureau, bénévole de Luz’arts, l’association de Saint-Georges-de-Luzençon qui porte le festival. Mais on doit concilier la présence des auteurs et celles de jeunes talents et donc avoir quelque chose de consistant à leur mettre sous la dent. C’est sûr qu’on a besoin de se renouveler. On est cinq à l’année pour le gérer, ce n’est pas assez. Surtout que nous ne sommes pas spécialistes de BD. »

Voilà l’envers de l’univers d’un festival qui semble pourtant réunir toutes les composantes du succès : dix-huit auteurs de BD venus samedi et dimanche, hébergés bénévolement par une population locale d’un tout petit village qui s’est attachée à cette rencontre, des ateliers de dessin pour petits et grands qui ne désemplissent pas, 20 à 25 bénévoles mobilisés pendant trois jours, le soutien inconditionnel de la mairie, dont les employés aident à la préparation, celui du département et de la région, et de nombreux sponsors privés. Des artistes locaux investis depuis le départ : William Maury, Jean-Luc Garrera et Daf, qui assure un stand de caricatures sur place, et des artistes venus d’ailleurs pour présenter leurs créations qui en redemandent, et même, une réputation dans le monde de la BD, pour l’accueil, la convivialité et la gentillesse locale.

Le public est au rendez-vous, le concert du samedi soir pendant la création d’une fresque hors norme par les dessinateurs, attire du monde. Et les libraires Caumes et Syllabes, qui alternent une année sur l’autre, plébiscitent la rencontre et la belle vitrine offerte à leurs collections. Bref il n’y a qu’un couac cette année, issu de la difficulté que rencontrent les porteurs locaux de cette initiative à ne pas manquer : c’est la première fois, en six ans d’existence, que Luz’en Bulles n’organise pas le tremplin jeune, destiné aux jeunes auteurs non publiés (sans limite d’âge). Ce qui est pourtant la raison d’être du festival : permettre à des dessinateurs d’être reconnus et de rencontrer des auteurs connus. Mais faute de renouvellement, se présentaient cette année trop de personnes qui l’avaient déjà fait.

L’initiateur du festival, Emmanuel Potier, dessinateur dans le Journal de Millau, apportait le côté « bédéphile » aux bénévoles et des idées pour solliciter des auteurs. L’événement a pris à une époque où celui le rendez-vous de Compeyre manquait dans le paysage depuis 2005. Et en six ans, Luz’en Bulles a réussi l’exploit de mettre en avant trois talents qui ont vu leur travail récompensé par des parutions. A défaut de réussir à inviter une maison d’édition, qui assurerait une force d’attractivité pour les auteurs, le festival a du mal à assurer des récompenses attrayantes pour les jeunes.

Mais les bénévoles ne manquent pas d’idées. Esther Chureau évoque une déconcentration du festival, parle de rendez-vous concomitants à la Maison du peuple, ou dans la nouvelle médiathèque de Millau... Bref, en images ou en bulles, le festival n’a pas dit son dernier mot.

Centre Presse / CORRESPONDANT
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