Bassin Decazevillois

Decazeville, capitale d’une France blessée et oubliée

  • Des territoires à reconquérir.
    Des territoires à reconquérir.
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Aujourd’hui et demain, à travers un colloque national, la ville du Bassin entend faire entendre la voix des centaines de territoires français traumatisés par un déclin économique et social.

En son temps, le premier ministre Lionel Jospin avait parlé de " syndrome decazevillois ". Il évoquait alors les petites villes françaises en proie à la fermeture massive de leurs services publics. Bien des années plus tard, et pour situer une nouvelle fois la ville du Bassin au centre du pays (mais si…), voilà que l’on va pouvoir parler des " Rencontres de Decazeville ". L’idée de ces " Rencontres " est née de la réflexion d’un groupe d’élus decazevillois. L’objectif est d’échanger ses expériences propres avec d’autres acteurs venus d’autres territoires français qui, eux aussi, ont vu leur tissu économique mis à mal lors de ces cinquante dernières années.

De la Bretagne à la Creuse

Decazeville a perdu la mine et la sidérurgie. Les destinées de La fonderie de La Souterraine, dans la Creuse, ou des abattoirs de volailles, en Bretagne, pour ne citer que deux exemples parmi des centaines, démontrent si besoin que la problématique locale est loin d’être isolée. En Aveyron, par exemple, Millau, avec les difficultés rencontrées en son temps par l’industrie de la ganterie, est aussi passée par là, mais a sans doute réussi à mieux redresser la barre.

Aujourd’hui et demain, dans les salles du Laminoir et du cinéma La Strada, sous la forme d’un colloque grand format, élus locaux d’ici et d’ailleurs, parlementaires, chercheurs et universitaires, chefs d’entreprise et autres représentants syndicaux se retrouveront pour évoquer le sujet. L’État sera également présent notamment à travers le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET).

Important de se réunir

" Seuls, on peut aller très vite, mais groupés on peut aller plus loin, soulignent les organisateurs decazevillois. Il est donc important de se réunir pour que de nombreux territoires puissent être mieux entendus et trouvent dans un travail collectif des voies d’avenir pérennes. "

Ces deux jours de discussions, de débats, d’échanges, de conférences, ne devront surtout pas déboucher sur de simples verbiages. Outre que chacun pourra donc éventuellement reprendre localement ce qui a réussi en d’autres endroits pour tenter de sortir de l’ornière économique, il va s’agir de hisser un nouveau drapeau suffisamment grand et suffisamment haut pour être vu depuis Paris.

Un drapeau et les couleurs d’un renouveau sous lesquels se retrouveront une majorité de territoires qui, comme Decazeville, ont eu à subir quelques séismes économiques dévastateurs, que l’on parle d’agriculture, d’agroalimentaire, d’exploitation de gisements minéraux, d’industrie, de services, de défense nationale, d’arsenaux…

Un enjeu national

Des bassins de vie comme celui de Decazeville, dont l’un des soucis est donc aujourd’hui d’être mieux entendus et davantage reconnus, on en compterait près de 300 à travers l’Hexagone. Ce colloque decazevillois, dont l’écho chez les territoires concernés semble déjà constituer une réussite, aura déjà pour objet de constituer un réseau susceptible de déboucher, le cas échéant, sur la création d’une association ou d’un organisme identifié et identifiable, capable de faire du lobbying jusqu’en haut lieu.

Voilà quoi qu’il en soit un vaste sujet, qui rejoint les notions de désindustrialisation et d’inégalité des territoires, entre des mégapoles tentaculaires et florissantes et des espaces ruraux isolés et exsangues. Un enjeu national dont Decazeville entend être le porte-parole.

 

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