Adieu le blouson en vinyle, Courrèges renonce au plastique

  • Les couleurs dragées chères à André Courrèges, fondateur de la maison, sont portées comme ombres à paupières. Les matières sont pour la plupart naturelles mais des bandes de vinyle apparaissent sur des vestes.
    Les couleurs dragées chères à André Courrèges, fondateur de la maison, sont portées comme ombres à paupières. Les matières sont pour la plupart naturelles mais des bandes de vinyle apparaissent sur des vestes. AFP PHOTO PIERRE GUILLAUD
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(AFP) - Adieu le blouson en vinyle iconique Courrèges: la nouvelles créatrice de la maison française au style futuriste Yolanda Zobel a décidé de renoncer au plastique, une matière qui "appartient au passé".


La directrice artistique allemande de 43 ans a présenté sa première collection pour Courrèges mercredi soir dans la boutique historique de la maison à Paris à côté de laquelle un espace adjacent La Fin du Plastique a été inauguré quelques heures plus tôt avec le mot d'ordre "Future is behind us" (l'avenir est derrière nous).

Les fameux blousons courts ou mini-jupes trapèzes en vinyle sont exposés sur des cintres avec des t-shirts en cotton bio dans cet espace où les chiffres noirs sur fond blanc symbolisent le compte à rebours.

Ces silhouettes d'éternelles jeunes filles étaient présentes lors du défilé dans un espace exigu où les mannequins frôlaient les invités, qui étaient tous debout.

Les couleurs dragées chères à André Courrèges, fondateur de la maison, sont portées comme ombres à paupières. Les matières sont pour la plupart naturelles mais des bandes de vinyle apparaissent sur des vestes.

Ou forment un maillot de bain blanc qui rappelle la tenue futuriste de Mila Jovovich dans le Cinquième élément comme un ultime hommage à une époque révolue.

Ces pièces en plastique proviennent des stocks, qui une fois épuisés, ne seront plus renouvelés, explique Yolanda Zobel à l'AFP.

"Le message de cette collection est qu'il faut être actifs au présent pour un meilleur futur. C'est notre responsabilité de faire passer ce message par la beauté et par la mode", souligne-t-elle. "On ne peut pas lancer quelque chose de nouveau sans dire au revoir au passé".

Dans les années 1960, André ́Courrèges, qui a conçu le blouson en vinyle ou des bottes en PVC, "considérait les possibilités infinies qu'offrait la conquête spatiale" et l'apparition du plastique "comme un symbole fort du progrès".

Aujourd'hui, dans un "monde qui se noie dans le plastique", les préoccupations de Yolanda Zobel "sont plus quotidiennes" afin de "faire découvrir Courrèges à̀ un public plus jeune, international", explique le groupe dans un communiqué.

La maison possède encore en stock 6000 mètres de vinyle, mais le compte à rebours est lancé: la maison va dès à présent inscrire "sur chaque nouveau produit en vinyle le chiffre attestant du compte rebours ainsi mis en place jusqu'au dernier centimètre".

L'artiste plasticien Christophe Hamaide-Pierson a imaginé un environnement "global, immersif, intégrant le vinyle Courrèges, offrant un commentaire sur son existence".

On y trouvera une collection capsule composée de pièces en eco-nylon, des mailles, des sous-vêtements seconde peau et des accessoires.

Yolanda Zobel formée dans une école de mode berlinoise et qui a travaillé auprès des maisons historiques comme Giorgio Armani, Chloé ou Jil Sander, et des plus avant-gardistes, à l'image d'Acne Studios, a été nommée en février créatrice de Courrèges pour donner une nouvelle impulsion à la maison française en perte de vitesse.

Ses collections pour Courrèges "mêlent les genres, les origines ethniques, les âges", sont "à la fois structurées et inachevées, fluides, féminines mais déterminées et innovantes", assure la maison.

Relaxnews
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