La précarité et la pauvreté gagnent du terrain en Aveyron

Abonnés
  • Les bénévoles de la délégation autour du président Garnier.
    Les bénévoles de la délégation autour du président Garnier. RB / RB
Publié le / Mis à jour le S'abonner
-- partages

Toujours plus de pauvres, plus de précaires, c’est l’un des constats du rapport sur la pauvreté fait par le Secours Catholique.

Le Secours catholique vient de publier son rapport statistique annuel sur l’état de la pauvreté en France, et il est alarmant. Dans l’Aveyron et le Tarn, l’association a encore reçu près de 15 000 personnes en 2017, au maximum de ses capacités. Le rapport met en lumière un accroissement de la précarité.

Dans le département, le revenu médian des ménages accueillis est de 636 € mensuels, ce qui représente moins de 40 % du revenu médian du Tarn et de l’Aveyron qui est de 1 630 €. Par ailleurs, 11,7 % des personnes reçues en 2017 ne disposaient d’aucune ressource. Des revenus en baisse alors que dans le même temps le coût de la vie et notamment celui de l’énergie, ont explosé. "En clair, résume Patrick Garnier, le président de la délégation Tarn-Aveyron du Secours Catholique, après paiement de leurs factures, il reste, à ces personnes, entre 3 et 5 euros par jour pour vivre, ou plutôt survivre."


Quand ruralité rime avec précarité


"Une économie de survie » à laquelle sont encore cette année majoritairement confrontées des femmes et des familles monoparentales. En revanche, ce qui se confirme en 2017, c’est que la précarité continue de s’étendre pour toucher plus durement d’autres catégories de personnes, à l’image des seniors, des travailleurs précaires et des familles étrangères en situation d’extrême pauvreté. D’ailleurs, si la population accueillie dans les 46 lieux de vie de la délégation locale a été « plutôt stable en nombre", ce qui se révèle en revanche, c’est la part très importante des seniors - retraités ou non - qui représentent désormais un tiers des bénéficiaires, contre un quart quelques années plus tôt.

À la lecture du rapport on découvre également que 38 % des 15 000 personnes accueillies en 2017, vivent dans des communes de moins de 5 000 habitants et 13,8 % dans des communes isolées (contre respectivement 21,3 % et 3,3 % en moyenne dans le reste du pays). À la lecture de ces chiffres (lire par ailleurs) c’est un constat "très inquiétant" qui est dressé par Patrick Garnier, le président de la délégation Tarn Aveyron du Secours Catholique.

"On entend beaucoup de discours, ici et là. Des lois sont même votées, mais sur le terrain rien n’est fait, résume le militant. Les centres des villes moyennes comme Villefranche-de-Rouergue, Decazeville ou Millau se paupérisent chaque année davantage. Mais comme on vient de le voir, la campagne n’est pas épargnée non plus. C’est juste que la pauvreté y est un petit peu moins visible", estime-t-il encore.


Pour la mise en place d’une aide unique


"Au fil des ans et des rapports, on se répète mais les problèmes sont toujours les mêmes", dit le président en pointant notamment du doigt "la complexité administrative, mais aussi le recul des services publics. Des causes qui peuvent encore être aggravées par la fracture numérique. Tout est tellement compliqué que 25 % des gens qui peuvent prétendre aux allocations familiales ne le font pas. Même chose pour le RSA (Revenu de solidarité active) avec un tiers des personnes éligibles qui ne le réclament pas. Il faut simplifier tout cela", martèle celui qui milite pour la mise en place d’une aide unique.


Un peu à l’image du dispositif "Territoire zéro chômeur longue durée", actuellement en phase d’expérimentation sur 10 territoires. Une initiative jugée "encourageante" par Patrick Garnier à mettre au crédit d’associations de lutte contre l’exclusion. "Un exemple à suivre", selon le président Garnier.


"Un Secours catholique plus militant"


 "Présentes sur le terrain, les associations savent souvent ce qu’il convient de faire. Elles sont d’ailleurs souvent force de propositions. Et ce qu’elles mettent en place fonctionne en général très bien (covoiturage, covoiturage solidaire, recyclerie, aide à l’emploi, etc.) » Prônant « un Secours Catholique plus militant", Patrick Garnier conclu en exhortant les gens "à sortir de l’individualisme. 60 % des personnes qui nous ont sollicités l’an dernier voulaient d’abord et surtout qu’on les écoute".

Rachid Benarab
Voir les commentaires
Réagir