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Lacrymo sur un chauffeur à Decazeville : un gilet jaune en garde à vue

  • Le gilet jaune a été interpellé par la police puis placé en garde à vue.
    Le gilet jaune a été interpellé par la police puis placé en garde à vue. BHSP - BHSP
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Ce lundi matin, 3 décembre, un moniteur de camion-école a reçu un jet de gel lacrymogène de la part d’un gilet jaune. Il a été secouru par d’autres gilets jaunes qui ont aussi alerté la police. L’auteur présumé a été interpellé et sera jugé.

Une cinquantaine de gilets jaunes ont à nouveau mis en place des barrages filtrants ce lundi dès 8 heures au giratoire de la Vitarelle à Decazeville sur la RD 840.
Des barrages jusqu’alors sans incident et dans une ambiance bon enfant.
C’est en l’absence de la police sur place que s’est produit vers 10 heures un incident grave.
L’enquête ouverte par les policiers decazevillois doit déterminer les raisons et les conditions dans lesquelles un moniteur de camion-école est descendu de son véhicule où avaient aussi pris place des stagiaires, et a reçu dans les yeux, le visage et le crâne du gel lacrymogène utilisé à son encontre par un gilet jaune.

Secouru par d’autres gilets jaunes

Le moniteur a été immédiatement secouru par d’autres gilets jaunes, pour qu’il se lave le visage avec de l’eau puis du sérum physiologique.
Les gilets jaunes, choqués par cet acte de violence, ont également appelé la police qui a alors interpellé le gilet jaune mis en cause, formellement reconnu par sa victime. Aucune bombe lacrymogène n’a alors été retrouvée sur l’auteur présumé qui a nié être l’auteur du jet de lacrymo, mais a toutefois été interpellé et conduit au commissariat de Decazeville où il a été placé en garde à vue.
Des recherches effectuées dans la foulée par la police et des gilets jaunes ont permis de retrouver une bombe lacrymogène dans un massif situé à proximité. L’enquête a mis en lumière le type de bombe (classée en arme de catégorie D selon ses caractéristiques) et le fait que son port est interdit.
Cet incident a choqué bon nombre de gilets jaunes, certains décidant même de quitter le giratoire : « Je suis là depuis le 17 novembre, tous les jours, je ne peux pas cautionner ça, je pars », lançait ce trentenaire suivi par une autre gilet jaune.
La majorité des gilets jaunes decazevillois condamne ces violences mais poursuit leur mouvement avec leurs revendications liées au pouvoir d’achat et à davantage de justice sociale.

Jugement en mars

Selon le parquet de Rodez, l’homme interpellé, âgé de 54 ans, aurait reconnu les faits au cours de sa garde à vue, et expliqué avoir eu peur.
Entendu, il a été relâché à l’issue de cette dernière et sera jugé en mars 2019 dans le cadre de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité pour violences avec arme de catégorie D et port d’arme de catégorie D.

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