Les circuits courts, un véritable choix de vie pour Sandra et Xavier Bro

  • Sandra et Xavier Bro, dans leur point de vente à domicile, à Saint-Izaire.
    Sandra et Xavier Bro, dans leur point de vente à domicile, à Saint-Izaire. CPA
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Depuis quelques années, ce couple installé sur les hauteurs de Saint-Izaire, dans leur ferme des Armayrols, fonctionne exclusivement en circuit court : ils proposent de la viande d’agneau, de poulet et des œufs sur les marchés locaux et en vente directement sur leur exploitation. Ils pratiquent une agriculture raisonnée, en adéquation avec leurs valeurs.  

Perchée sur les hauteurs de Saint-Izaire, la ferme de Sandra et Xavier Bro embrasse toute la vallée. La ferme des Armayrols, au cœur du parc naturel des Grands Causses dans le Sud-Aveyron, abrite un troupeau de 180 brebis de race Lacaune, croisée Suffolk qui pâturent sur l’exploitation. Des volailles, des Cou nus, connues pour leurs rusticité, sont élevées dans des cabanes qui jouxtent l’exploitation. Depuis maintenant trois ans, Sandra et Xavier Bro font l’expérience du circuit court, jusqu’ici avec réussite.

Sandra Bro était productrice de lait de Roquefort jusqu’en 2016. "Le prix payé était bon jusqu’alors, raconte-t-elle. Seulement, on m’a demandé d’augmenter ma production pour pouvoir maintenir le prix payé. En gros, c’était travailler plus pour gagner la même chose."

"Un retour sur ce que je fais"

L’idée de se reconvertir, d’être à son propre compte fait son chemin depuis déjà un moment. "Je vendais déjà des agneaux auprès de mes amis. J’avais de très bons retours Mais se lancer entièrement dans la vente directe c’est autre chose", se souvient Sandra Bro.

Le projet est mûrement réfléchi. Toutes les possibilités sont étudiées. Après plusieurs mois passés à travailler sur le projet, le couple se lance : "Tout n’est pas encore parfait, certaines choses peuvent encore améliorer, glisse Xavier Bro. Mais, dès le début, nous avons reçu le soutient de beaucoup de monde à commencer par d’autres qui font de la vente directe ou des techniciens de la chambre d’agriculture. Il n’y a pas de concurrence entre nous."

Au fil des semaines, le couple trouve sa clientèle. "Le plus intéressant, c’est le contact avec les consommateurs, soulignent-ils. Avant, dans nos métiers respectifs, cela n’était pas possible."

"Moi par exemple, explique Sandra, j’ai toujours travaillé seule. Aujourd’hui, j’ai un retour sur ce que je fais, ce que je produis. C’est beaucoup plus valorisant pour moi et mon travail."

Aujourd’hui, Sandra et Xavier abattent leurs volailles au sein même de leur ferme des Armayrols. Ils ont aménagé, après plusieurs mois de travaux, une salle flambant neuve au sein d’une ancienne dépendance de la maison où ils peuvent abattre et conditionner les poulets.

Marchés locaux

"Aujourd’hui, nous abattons entre 50 et 60 volailles par semaine. Dans quelques mois, nous avons pour objectif le nombre de 80 à 100, mais pas davantage."

Car si Xavier et Sandra Bro ont choisi cette voie, c’est aussi pour "trouver une qualité de vie. Même si c’est beaucoup de travail, nous ne comptons pas nos heures, on trouve du sens à notre travail quotidien".

"Un aspect est également important, celui de la maîtrise des coûts, rajoute Xavier Bro. Avec ce fonctionnement en circuit court, c’est à nous de fixer le prix des produits que nous vendons. C’est parfois un casse-tête de faire cela au plus juste, de trouver un équilibre entre un prix juste pour le consommateur qui soit à la fois rémunérateur pour nous. ".

Une fois les poulets conditionnés, Sandra Bro part vendre ses produits sur les marchés du département et de la région. "Nous avons, ces derniers mois, trouvé plusieurs points de vente, que ce soit dans des magasins près de chez nous, ou à Albi par exemple", détaille-t-elle alors qu’elle s’apprête à reprendre la route, chargée de ses produits.

Centre Presse
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