Histoire de voir

Quand les vitraux illuminent Notre-Dame de Rodez

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  • … Et vitrail côté sud.
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L’artiste Stéphane Belzère a créé en 2003 les nouveaux vitraux de la cathédrale Notre-Dame. C’est le 14e épisode de notre série consacrée à ce bâtiment emblématique de la ville.

Quand on contemple la cathédrale Notre-Dame de Rodez aujourd’hui, nous embrassons du regard trois siècles de chantier. Bien peu de bâtisseurs ont pu la voir ainsi.

Achevée ? Une cathédrale n’est jamais terminée : il faut continuer à la soigner, voir à la reconstruire, face à l’inexorable ressac du temps, des saisons, des années, des siècles effaçant, la main des hommes posée un instant sur les pierres.

Il faut enfin permettre à la création artistique contemporaine de "s’insérer dans un tel monument en lui étant fidèle, tout en lui apportant du nouveau" (Jacques Le Goff, historien spécialiste du Moyen Âge).

Monde médical

Ainsi en 2003, l’artiste franco-suisse Stéphane Belzère, avec l’atelier parisien Duchemin, remporte le concours pour la création des vitraux des sept baies des chapelles du déambulatoire. L’État, propriétaire du monument, et le clergé ont défini le parti général : une iconographie religieuse dans un style contemporain.

Tout en s’adaptant à la commande, l’artiste a introduit des motifs qui lui sont chers : formes organiques et images issues de la biologie et du monde médical.

Stéphane Belzère s’était inspiré quelques années auparavant de bocaux contenant des fragments anatomiques observés au Muséum d’histoire naturelle. Le monde médical lui apporte également de nombreuses ressources pour représenter le sang du Christ par des globules rouges ou encore évoquer Dieu sous la forme d’IRM cérébral.

Pour cette dernière, l’atelier et l’artiste mettent au point une technique inspirée des mandalas : le motif cérébral est réalisé par la juxtaposition de poudres de verre coloré, appelées frittes, fusionnées sur une plaque de verre.

Ces vitraux contemporains tranchent par l’éclatante luminosité des verres. Le verre coloré est plaqué sur du verre blanc et gravé à l’acide, puis rehaussé de jaune d’argent. Le savoir-faire de l’atelier Duchemin a permis à l’artiste de s’affranchir au maximum du réseau de plomb, tout en conservant la technique du verre teinté dans la masse.

Le plomb n’est plus un simple élément structurel mais participe à la création graphique.

De tous les côtés

Côté sud figure d’abord le songe de Booz, issu du livre de Ruth dans l’Ancien Testament. Mais la vision qu’en donne Belzère est directement inspirée par les vers du poème Booz endormi de Victor Hugo dans la Légende des siècles. Dans la verrière de la chapelle suivante, saint Michel terrassant le dragon marque la partie basse et, dans le ciel, les figures de saints semblent flotter dans un mouvement ascensionnel. À l’inverse, le rouge évoque ensuite les profondeurs de l’Enfer où sont aspirés les corps des damnés repoussés vers le bas par saint Michel qui, cette fois, ferme le sommet de la composition.

La dernière baie de ce côté est un éloge à la vie et à la multiplicité de la Création. Dans le bleu profond de l’eau, des formes organiques, dont les plus définies évoquent des fœtus d’animaux, illustrent la Genèse.

Au nord, la première baie depuis l’ouest représente les sacrements par leur traduction en langage des signes. Le sang du Christ, symbolisé par les globules rouges, irrigue l’humanité qui les reçoit. Les personnages représentés renvoient au décor peint de la chapelle : en haut, sainte Agnès jeune enfant martyr au IVe siècle et saint Blaise vénéré comme guérisseur en Aveyron, au centre, saint Amans premier évêque du Rouergue et saint Martial appelé l’apôtre des Gaules ou d’Aquitaine qui aurait traversé la région lors d’un périple, et en bas, Isaïe, prophète de l’Ancien Testament, scié en deux, pour évoquer son martyr, et enfin Jérémie, un ouvrage à la main, car auteur d’un livre de l’Ancien Testament.

Enfin la baie suivante illustre la Transfiguration de la chair ou Résurrection. Les masses organiques contorsionnées et sombres à peine distinctes dans le rouge profond du bas de la fenêtre se déploient progressivement en gagnant en hauteur tandis que le rouge laisse place à un jaune lumineux puis à la lumière vive du blanc.

À suivre…

Crédits photographiques et remerciements : André Méravilles.

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