Tribunal de Rodez : 18 mois de prison pour l’agresseur sexuel

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  • L’audience d’hier a été entièrement consacrée  à cette affaire. L’audience d’hier a été entièrement consacrée  à cette affaire.
    L’audience d’hier a été entièrement consacrée à cette affaire. Illustration CP -
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Tout au long de la journée d’hier, les juges se sont penchés sur une affaire d’agressions sexuelles commises dans le Nord Aveyron par un conducteur de taxi. Les faits plus anciens remontent à 1999.

Certains faits reprochés au chauffeur de taxi jugé hier tout au long de la matinée devant le tribunal correctionnel de Rodez remontent à plus de vingt ans. Le prévenu, aujourd’hui âgé de 73 ans, est accusé d’avoir agressé sexuellement quatre femmes handicapées lors de trajets effectués à bord de son véhicule depuis une institution spécialisée à la frontière entre l’Aveyron et le Cantal. Les faits se seraient étalés de 1999 jusqu’en 2015.

Tout au long de l’audience, malgré les questions insistantes de la partie civile et du représentant du parquet, le prévenu a toujours nié, évoquant un complot orchestré contre sa personne aussi bien par les gendarmes ou par des concurrents malveillants…

Les faits reprochés sont graves : les victimes expliquent que le conducteur aurait à plusieurs reprises posé sa main sur leurs cuisses, caressé leurs nuques, touché leurs cheveux, tenu des propos déplacés, etc. Selon certaines, il aurait même tenté de les embrasser de force, de caresser leur poitrine.

"Il a bousillé mon existence"

"Au début je n’ai rien dit car il me faisait peur", explique une victime devant les gendarmes. Le père de l’une d’entre elles, âgée de 36 ans, a apporté un témoignage précis, poignant, sur les conséquences de ces agressions sur sa fille. "Je l’ai toujours cru, elle a toujours dit la vérité, a-t-il affirmé à la barre. C’est quelque chose qui la hante aujourd’hui. Depuis qu’elle a parlé de cette agression, elle régresse. Elle est perdue." Une autre victime des agissements du chauffeur a confié lors de sa déposition : "Il a bousillé mon existence. Je vais vivre avec ce poids toute ma vie."

Les avocats de la défense ont bien tenté de faire préciser les propos parfois maladroits du prévenu : "Vous reconnaissez avoir un côté tactile, votre femme et votre sœur le disent. Peuvent-elles – les victimes – avoir mal interprété vos gestes ? Que peuvent-elles avoir ressenti ?". "Oui, je reconnais que je suis trop familier", avoue à demi-mot le septuagénaire.

"Je reconnais certains gestes maladroits mais je ne suis pas un salaud", finit-il par concéder avant les plaidoiries de la partie civile.

L’avocat de l’une des victimes, Me Bessière, qualifie l’audience de "nauséeuse". "Il, le prévenu, n’a pas bougé d’un iota sur ses explications", a-t-il poursuivi. Me Plenacassagne, conseil d’une autre victime, assène : "Ma cliente a dû être hospitalisée trois jours avant la confrontation avec le prévenu. Elle n’est plus la même."

"Qu’un seul discours"

Pour le représentant du ministère public, Chérif Chabbi, ce dossier aurait pu être "jugé devant une cour d’assises". "Les preuves de culpabilité existent, rajoute-t-il. Et malgré toutes les questions posées lors de cette audience, il n’a tenu qu’un seul discours. Je n’ai rien entendu, sauf des approximations." Avant de donner ses réquisitions – 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôt – le procureur évoque "l’espoir de celles qui attendent depuis des années" des explications sur ces faits.

En préambule de leurs plaidoiries, les avocats de la défense Me Galtier et Me Dibandjo ont expliqué vouloir "le faire parler, expliquer les choses. On l’a entendu, très maladroitement, sortant de sa bouche". "Et doit-on s’arrêter à sa maladresse ?", glisse Me Galtier.

Ce dernier est longuement revenu sur une lettre écrite par l’une des victimes à destination des gendarmes. Point de départ de l’affaire. Elle y dénonce des faits "qui sont des gestes et des propos déplacés. Mais en aucun cas on n’y parle d’agression sexuelle. Je crois à cette première version qui était spontanée. Première version donnée dans ce courrier écrit tranquillement à son domicile, pas sous la contrainte", plaide l’avocat. " Cela a son importance car tout le dossier a été monté à partir de cette lettre", poursuit-il. Les conseils du prévenu ont également repris les témoignages versés au dossier. " Sur les vingt-et-une personnes interrogées, dix-huit lui sont favorables. Il n’y a pas eu un seul mot sur les éléments à décharge", rajouter Me Galtier.

"Les éléments qui caractérisent les infractions sont maigres". Pour Me Dibandjo son client a été victime "de la rumeur". "La justice ce n’est pas la vengeance", rappelle l’avocat, plaidant pour une peine "juste". Après avoir délibéré, les juges ont condamné le septuagénaire à trois ans de prison, dont dix-huit mois ferme. Il lui est désormais interdit d’exercer sa profession et d’entrer en contact avec les victimes. Il doit également respecter une obligation de soins.

Philippe Henry
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