La maison d’arrêt de Druelle se pare de couleurs avec Jokolor

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  • L’équipe du Spip et de l’école avec les détenus, fiers de poser avec leur beau travail.
    L’équipe du Spip et de l’école avec les détenus, fiers de poser avec leur beau travail. Centre Presse / Salima Ouirni / Centre Presse
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Le service pénitentiaire d’insertion et de probation a participé à la création d’une fresque, avec l’artiste Jokolor. Le projet s’est inscrit dans une dynamique de prévention et de la lutte contre la radicalisation. Un vrai succès.

Il est vrai que tout le monde ne pourra pas apprécier le travail mené par Jokolor, à la maison d’arrêt de Druelle, avec les détenus. Pourtant, ce travail à la fois pédagogique et artistique mérite largement le détour, tant la qualité d’exécution est efficace.

Le long des couloirs, les portraits de Mandela, Simone Veil, Jean Moulin, Martin Luther King ou Pasteur forcent le respect, l’admiration.

Deux notions qui ont conduit les détenus à sélectionner ces figures marquantes de la grande Histoire. Cette réalisation a pu aboutir grâce au travail de la maison d’arrêt en collaboration avec le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip), ainsi que l’école interne, dépendant de l’Éducation nationale.

Une collaboration de longue haleine qui a amené les détenus volontaires à travailler sur un projet, au début conceptuel. "Nous avons choisi la thématique du héros, y compris fictif, à travers l’histoire mondiale et le temps, depuis l’Antiquité. Le but étant de travailler sur la notion du héros positif et négatif pour dégager une définition", explique la professeur de l’école.

Après avoir mis sur la table une sélection de noms, dont celui du footballeur Zinedine Zidane, les élèves détenus ont travaillé sur la biographie des uns et des autres. Une étape riche en enseignements pour les détenus. "J’ai appris beaucoup sur l’histoire de ces gens. On entend des noms, et on croit qu’on les connaît, mais en réalité non", explique un détenu, qui a aimé l’étape de la documentation.

"J’ai appris que Martin Luther King avait pu mettre en place beaucoup de choses, sans violence. Je pensais qu’on ne pouvait s’imposer que par la violence et c’est pour cela que je suis ici ", explique un autre détenu.

Les élèves ont choisi des personnages qui font écho à leur propre histoire. "Pour moi, la prison abîme et casse les gens. Quand j’ai appris que Nelson Mandela avait fait de la prison, mais qu’il n’a jamais baissé les bras et qu’il a été au bout de toutes ses convictions, je me suis dit, toi aussi tu peux sortir et rester dans la course. Vous imaginez, qu’il a été en prison et qu’il est devenu président !", confie un jeune père de famille.

Une vraie évasion

Un autre détenu, beaucoup plus jeune, a lui opté pour la figure de Simone Veil. "Je n’ai pas connu ma mère. Alors, tout simplement, j’ai été attiré par cette dame", confie avec timidité un jeune élève.

Après avoir écarté des figures héroïques fictives ou des stars du football, après avoir réfléchi sur ce concept pendant des mois, le groupe a aussi retenu… Louis Pasteur. " C’est un homme qui a contribué à sauver beaucoup de personnes, dans le monde", ajoute un autre détenu.

La recherche, la découverte des personnages et à travers eux une partie de l’histoire de l’humanité a été, selon les détenus, un vrai plaisir, partagé par leurs deux professeurs et l’équipe du Spip.

En plus de ce cadeau, en détention, les élèves ont aussi appris à côtoyer un artiste. "C’est le seul atelier où j’avais l’impression de ne plus être en prison, une vraie évasion", souligne l’un des détenus. Ce projet a également permis aux élèves l’apprentissage de techniques artistiques. "Nous avons travaillé avec un vidéoprojecteur. Nous avons réfléchi aux couleurs et à certains éléments qui rappellent la vie du héros", se remémore l’un des détenus qui a choisi Jean Moulin, par rapport à sa famille, entrée dans la Résistance.

La fresque des héros restera chez ces détenus comme un bon souvenir, dans la grisaille de leur détention. " En proposant ce projet, nous ne savions pas qu’il aurait autant d’impact sur nos élèves", ajoute la professeur, avec une émotion certaine, mâtinée de la satisfaction du travail bien accompli.

Salima Ouirni
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