À La Cavalerie, le maire et son conseiller municipal en viennent aux mains

  • La mairie de La Cavalerie, théâtre d’un vif échange entre le maire et son conseiller municipal.
    La mairie de La Cavalerie, théâtre d’un vif échange entre le maire et son conseiller municipal. Archives E. T. / Archives E. T.
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François Rodriguez et l’élu d’opposition Bruno Ferrand ont eu une vive altercation, vendredi 28 février, sur fond de demande de documents administratifs. La campagne a pris un tournant dans l’abject.

Surréaliste. Déjà heurtée au sein du village et sur les réseaux sociaux, la campagne des municipales à La Cavalerie a connu un nouveau rebondissement de taille, en fin de semaine dernière. Le maire François Rodriguez et le conseiller municipal d’opposition Bruno Ferrand en sont venus aux mains dans les couloirs de l’hôtel de ville, devant témoins. Une scène à peine croyable, qui en dit long sur le climat régnant à La Cavalerie à moins de quinze jours du premier tour des élections municipales.

Vieilles querelles

Un village où le maire sortant se représente, face à la liste menée par Loïc Massebiau. Bruno Ferrand, qui a été premier magistrat de la commune de juillet 2011 à décembre 2015 (1), est le fils de Christian Ferrand, colistier de Massebiau. Ce contexte n’est pas innocent à l’altercation entre les deux hommes. Sachant que, de notoriété publique, ces derniers alimentent depuis plusieurs années de vieux ressentiments…

Les querelles personnelles ont néanmoins basculé dans l’échange physique, vendredi 27 février. Cela faisait déjà plusieurs jours que la mayonnaise montait. Le 13 février, Bruno Ferrand avait formulé par écrit une demande de documents administratifs au maire François Rodriguez. "Je veux consulter le registre des délibérations signées par le maire, indique Bruno Ferrand, qui admet que sa démarche est faite dans l’intérêt de Loïc Massebiau, candidat qu’il soutient. Normalement, ces documents sont consultables sur simple demande. Ce que je cherche ? Je ne veux pas tomber dans la diffamation. Mais j’ai constaté des dysfonctionnements, certains choix politiques de la municipalité…" Il souhaite notamment consulter la copie d’une lettre de démission d’une conseillère municipale, les budgets primitifs, des journaux de comptes…

"Je sais qu’il y a des contraintes techniques. Mais on peut aussi me transférer des choses très simplement."

Ferrand pose sa démission

Le 19, Bruno Ferrand s’est rendu en mairie, où il a essuyé un refus des secrétaires de lui fournir les documents. "J’ai leur ai demandé de ne rien donner, confirme le maire, qui se dit dans son bon droit. J’ai en revanche précisé que Bruno Ferrand devait prendre rendez-vous avec moi. Ce n’est pas que je ne veux pas lui donner ces documents, mais je veux savoir ce qu’il veut très exactement, le recevoir et être présent. Or, il n’a pas pris rendez-vous."

C’est donc vendredi, en début d’après-midi, que tout chavire. Venu en mairie en présence d’un huissier saint-affricain, Bruno Ferrand renouvelle sa demande de documents aux secrétaires. "Il les a agressées verbalement, affirme François Rodriguez, présent sur les lieux. J’ai confirmé que les consignes étaient strictes. S’il veut les documents, il prend rendez-vous. Les services administratifs de la commune ne sont pas à sa disposition. Une nouvelle fois, il n’a pas voulu."

Dans la foulée de ces quelques échanges, Bruno Ferrand remet au maire sa démission de son poste de conseiller municipal. L’affaire aurait pu en rester là. Mais les événements se sont subitement accélérés. "Là, je vois partir Bruno Ferrand vers Alain Aussel (mari de la conseillère municipale Sabine Aussel, NDLR), témoigne François Rodriguez. J’ai senti que ça allait mal tourner. Je les ai séparés, j’ai pris Bruno Ferrand et je l’ai mis dehors. Je l’ai poussé, effectivement. Il cherchait la bagarre. Mais je ne l’ai pas frappé."

Un huissier et d’autres témoins assistent à la scène

Les mots fusent. L’atmosphère est électrique. Les secrétaires de mairie assistent à l’altercation. Témoin de la scène lui aussi, le candidat Loïc Massebiau abonde dans le sens de Bruno Ferrand. " Il y a eu cette altercation avec M. Aussel. Le ton est monté, j’ai entendu des mots à mon égard, assure Bruno Ferrand, qui se dit "choqué" émotionnellement. M. Rodriguez m’a projeté contre un mur et m’a mis hors de la mairie. J’attends le constat d’huissier. Je ne trouve pas normal qu’on me refuse cet accès aux documents."

Droit dans ses bottes, François Rodriguez a déposé une main courante à la gendarmerie, dimanche après-midi. Bruno Ferrand, qui promet d’aller au bout de sa démarche, a lui porté plainte pour voie de fait. Ambiance…

(1) En décembre 2015, huit des quinze élus municipaux, parmi lesquels six membres de la majorité Ferrand, avaient démissionné, provoquant une élection municipale partielle à renouvellement intégral remportée par François Rodriguez.

Une campagne menée dans "un climat délétère"

"Cela fait plus de vingt ans que j’habite le village et je n’avais jamais vu ça pour une élection municipale. Tout le monde y va de sa petite phrase, de sa petite critique, de son petit coup bas contre les uns ou les autres. Vivement qu’on en termine, de cette campagne." Comme d’autres témoignages de Cavalériens, celui-ci résume assez bien l’atmosphère qui habite cette campagne à La Cavalerie. Pris dans ce que certains appellent "la guéguerre entre le clan Rodriguez et le clan Ferrand", des Cavalériens en ont assez de cette atmosphère. "Les Ferrand veulent faire tomber Rodriguez, ils veulent récupérer ce qu’ils estiment être leur dû, nous dit cet habitant, bien renseigné sur les coulisses politiques du village. Ce sont des histoires personnelles." à moins de quinze jours du premier tour des municipales, les rumeurs vont bon train sur les soi-disant "petits arrangements", magouilles, copinages ou le passé des uns et des autres. "Chaque équipe porte le soupçon sur l’autre, en assurant qu’ils ont des documents, des témoignages…, confie un autre Cavalérien, bien au fait de l’actualité de sa commune. Le climat est délétère, c’est de la politique de caniveau. À qui va bien pouvoir profiter tout cela au final ? Certainement pas à nous, pris en tenaille dans cette politique de bas étage."

 

Victor Guilloteau
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