Cécile, infirmière à Lausanne : " La solidarité dépasse les frontières"

  • Cécile au sein du Chuv de Lausanne : « Être u cœur du service à la personne, c’est important dans une carrière et humainement très fort. »
    Cécile au sein du Chuv de Lausanne : « Être u cœur du service à la personne, c’est important dans une carrière et humainement très fort. » Repro CPA / / Repro CPA
  • « Au Chuv, nous avons un pan de mur entier de dessins et d’encouragements d’enfants ».
    « Au Chuv, nous avons un pan de mur entier de dessins et d’encouragements d’enfants ». Repro CPA / / Repro CPA
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Infirmière de liaison dans le centre hospitalier universitaire à Lausanne, la native de Saint-Geniez-d’Olt est affectée au service Covid dans un pays qui a levé une partie des mesures de confinements instaurées depuis la mi-mars.

Touchée de plein fouet par la pandémie de coronavirus, la Suisse, par la voix de son Conseil fédéral, a annoncé une série d’assouplissements des mesures prises pour limiter la propagation du virus. Dès le 27 avril, les hôpitaux pourront à nouveau pratiquer toutes les interventions, y compris celles qui ne sont pas urgentes. Les cabinets médicaux, les salons de coiffure et de massage et les instituts de beauté pourront également rouvrir, de même que les magasins de bricolage, les jardineries, les pépinières et les fleuristes. Des mesures qui, comme nous l’explique Cécile Blaquière, infirmière de liaison au Centre hospitalier universitaire vaudois (Chuv) de Lausanne, "s’apprécient différemment entre la partie alémanique plutôt favorable à un déconfinement rapide et la partie romande, – la plus touchée avec le Tessin en nombre de cas –, plus frileuse face à la réouverture des écoles par exemple."

Installée sur les rives du lac Léman depuis 15 ans, la native de Saint-Geniez-d’Olt est, pour reprendre le lexique du président français, "sur le front" depuis le début de cette pandémie.

"Situation extraordinaire"

"Globalement, les dates de confinement correspondent à celles de la France." Comme en France en effet, les citoyens ont été invités à rester chez eux. Les Suisses n’étant, en revanche, pas contraints de remplir une attestation dérogatoire pour en sortir. Une politique risquée, davantage basée sur la responsabilité individuelle et la discipline helvétique que sur la coercition. "Malgré ça, explique l’infirmière, tous les Suisses ont particulièrement bien joué le jeu en faisant preuve d’un incroyable sens des responsabilités. Ils ont assez rapidement compris la gravité de la situation." Il faut dire que pour un pays de 8 millions d’habitants qui partage notamment ses frontières avec l’Italie et la France, la solennité du moment n’a pas laissé planer le doute très longtemps. "Les sept membres du Conseil fédéral ont très tôt pris la parole pour expliquer clairement la situation, les mesures à respecter, le but de tout ça. À l’unanimité, ce qui est assez rare ici pour être pris très au sérieux." Depuis la grande conférence de presse du vendredi 16 mars, la Suisse vit ainsi en "situation extraordinaire", selon les termes choisis par la confédération qui a pris des mesures que le pays n’avait pas connues depuis la seconde guerre mondiale.

"Les magasins ont fermé, hormis les magasins alimentaires, qui comme en France ont été pris d’assaut dans les premiers jours. Mais les choses sont vite rentrées dans l’ordre", se souvient Cécile, qui dans le même temps a vu son hôpital se transformer pour faire face le plus efficacement possible à l’arrivée de patients atteints par le Covid. "L’anticipation a été le maître-mot de l’hôpital. C’est assez remarquable. Avant même les premiers cas, nous avions des colloques réguliers, en lien direct avec l’Office fédéral de la santé publique pour nous mettre en garde. L’accent a très vite été mis sur les moyens. Lesquels mettre à disposition pour être le plus efficaces et en offrant le plus de sécurité aux patients."

Densité médicale

"Ce qui a aussi, je pense, fait la différence, c’est notre densité médicale, très importante en Suisse. Nous avons beaucoup de cliniques, de structures de soins. Ce maillage a permis d’amortir plus efficacement cette vague. Tout le monde a joué le jeu, les cliniques privées ont décalé les opérations non urgentes et tout le personnel soignant a été réaffecté à la prise en charge des cas Covid. Les chirurgiens sont redevenus médecins. Les effectifs ont été doublés dans les services dédiés. Des médecins retraités ont été réquisitionnés, des infirmières également. C’est assez exceptionnel."

Côté moyens, là encore, rien à signaler, poursuit la trentenaire. "J’ai toujours travaillé en sécurité. Avec des masques, des gants, des blouses. Tout a rapidement été sous contrôle, explique l’infirmière. À aucun moment ne s’est posée la question de savoir si nous devions, oui ou non, intuber un patient qui arrivait en soins intensifs… Nous avions une capacité de 70 lits mais nous n’avons jamais accueilli plus de 40 patients en même temps. Ce qui nous a permis de prendre en charge des cas Français et Italiens. Honnêtement, c’est là que tu prends conscience que tout fonctionne incroyablement bien. Dans le calme, malgré tout ça. C’est assez remarquable et vraiment réconfortant !"

Solidarité

Quant à la suite ? "J’espère que l’allègement des mesures de confinement ne va pas précipiter la deuxième vague mais nous sommes prêts. À l’hôpital, nous serons forcément touchés à un moment donné. Ça paraît inévitable. C’est pourquoi nous faisons tourner les équipes pour en assurer le fonctionnement optimal sur la durée."

Demeure pour la jeune femme un sentiment assez fort. Celui d’être là, au cœur du service à la personne, pleinement à sa place. "On retrouve aussi ces valeurs de solidarité, d’entraide, de reconnaissance forte de la population vis-à-vis des soignants. Au Chuv, nous avons un pan de mur entier de dessins et d’encouragements d’enfants. C’est très touchant et particulièrement motivant." Elle qui correspond régulièrement avec sa sœur, salariée dans un Ehpad aveyronnais, n’en oublie pas la France : "C’est très fort de partager ça avec elle mais plus largement, que l’on soit infirmière ou qu’on ne le soit pas, être confronté à cette crise renforce les liens et nous démontre que cette solidarité dépasse les frontières." Plus que jamais nécessaire en temps de confinement.

Levée progressive du confinement dès lundi

Cabinets médicaux, salons de coiffure et de massage, instituts de beauté seront les premiers à pouvoir rouvrir leurs portes, a dit l’exécutif helvétique. « Si l’évolution de la situation le permet, l’école obligatoire et les autres magasins devraient rouvrir leurs portes le 11 mai », a-t-il ajouté. Les établissements scolaires du second degré, les écoles professionnelles et les universités rouvriront quant à eux à partir du 8 juin. « Le passage d’une étape à l’autre n’aura lieu que s’il n’y a pas d’augmentation significative des cas de Covid-19 », précise le Conseil fédéral. Selon le dernier bilan officiel disponible, l’épidémie de nouveau coronavirus a tué en Suisse 1 017 personnes et en a contaminé 26 732.
 

Aurélien Delbouis
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