Sinistrés, les transporteurs routiers planchent sur l’après-Covid

  • Sans action rapide, beaucoup d’entreprises « ne pourront pas payer et disparaîtront », selon le syndicat.
    Sans action rapide, beaucoup d’entreprises « ne pourront pas payer et disparaîtront », selon le syndicat.
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Le secteur, qui emploie dans le département quelque 2 500 personnes, a formulé plusieurs pistes de réflexion par la bouche du syndicat Otre. Afin de sortir au plus vite – et dans les meilleures conditions – de la crise actuelle.

Depuis l’arrivée du coronavirus, les pertes sont, en moyenne, de l’ordre de 50 à 60 % du chiffre d’affaires selon les estimations des patrons d’entreprises du transport routier. Dans l’Aveyron, cette activité représente 2 500 emplois dans les secteurs du transport routier de marchandises (1 700 salariés), du transport de personnes (autocars, tourisme, scolaires, près de 450 salariés) ainsi que le transport sanitaire, de fonds ou les déménagements.

Entre mesures d’urgences et de relance structurantes, le syndicat OTRE (Organisation des transporteurs routiers européens) a souhaité proposer plusieurs pistes au gouvernement, détaillées par son secrétaire général départemental Frédéric Domenge : " Tout d’abord nous demandons l’activation de la clause de sauvegarde dans nos secteurs ", explique-t-il. La mise en place de cette directive européenne permettrait avant tout de suspendre le cabotage. Cette pratique permet à un chauffeur étranger de travailler sur " des trajets France-France ". " L’État paye des salariés au chômage partiel… et laisse des chauffeurs étrangers continuer à travailler", regrette Frédéric Domenge.

TVA amoindrie pour tous

L’OTRE demande par ailleurs "l’annulation des charges sociales et non leur report, ainsi que le report des crédits", en direction plus précisément du secteur du tourisme en autocar, complètement sinistré selon Frédéric Domenge du fait de l’annulation des voyages, séjours linguistiques et de l’arrêt des clubs sportifs. Sans action rapide, "ces entreprises ne pourront pas payer et disparaîtront". Dans ces domaines, la reprise de l’activité n’est pas attendue "avant le printemps 2021" selon le secrétaire départemental.

Outre l’application d’un label sanitaire, une sorte de guide des bonnes pratiques, applicable à l’ensemble des chauffeurs travaillant en France, l’OTRE soumet la proposition d’une TVA amoindrie à 5,5 % pour tous, alors qu’elle est actuellement de 20 % dans le transport de marchandises et de 10 % pour les autocars. Enfin, la dernière des pistes consisterait à "soutenir l’investissement des entreprises, notamment en direction de la transition écologique" par le biais de crédits d’impôts et aides fiscales.

L’OTRE fédère dans l’Aveyron 75 % des entreprises du secteur du transport, soit 135 sociétés.

X.B.
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