Vendeur d’automobiles… et "bel escroc", il est condamné au tribunal de Rodez

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  • Chérif Chabbi, procureur :  "Le plus triste, c’est que les victimes dans ce dossier ne verront certainement jamais un centime d’indemnisation…".
    Chérif Chabbi, procureur : "Le plus triste, c’est que les victimes dans ce dossier ne verront certainement jamais un centime d’indemnisation…". Archives José A. Torres - José A. Torres
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À la tête du garage automobile "ASS" au milieu des années 2010 à Onet-le-Château, un homme et son ancienne maîtresse ont été condamnés à plusieurs années de prison pour diverses escroqueries, travail dissimulé et non-déclaration de revenus au fisc.

Mars 2015. La brigade de recherches de la gendarmerie de Rodez est intriguée par de nombreuses petites annonces de ventes automobiles sur un célèbre site internet. Elles proviennent toutes d’un même garage : ASS, installé route d’Espalion à Onet-le-Château. La société appartient à une ressortissante roumaine, déclarée sous le régime d’autoentrepreneur et installée à Saint-Laurent-d’Olt. Elle y vit avec sa famille et son amant, un quadragénaire originaire de la banlieue parisienne… Quelques années auparavant, ce dernier a été condamné par le tribunal de Chartres pour diverses escroqueries et n’a plus le droit d’exercer le métier de vendeur d’automobiles.

Pourtant, en Aveyron, le duo a pignon sur rue et enchaîne les transactions. "On vendait une voiture par jour", confie-t-il au tribunal, expliquant avoir conclu un "deal" avec une casse automobile située juste à côté. L’homme y rachetait des véhicules anciens avant de les revendre à petits prix, entre 500 et 3 000 €. La plupart du temps, les affaires se concluent avec de l’argent liquide… Sans aucune déclaration, le chiffre d’affaires de la "petite entreprise" dépassant les 800 000 € à l’année quand le statut d’autoentrepreneur ne permet pas de dépasser 86 000 € !

Le procès "d’un bel escroc"

Mais au fil des mois, "l’escroc" enchaîne les erreurs : des véhicules achetés ne sont jamais livrés, les contrôles techniques ne sont pas effectués et le kilométrage est parfois "trafiqué". À la gendarmerie, les plaintes pleuvent. Une acheteuse indiquera même que son véhicule s’arrêtait au beau milieu de la route et se verrouillait très régulièrement… "A la fin, j’ai perdu pied", racontera le prévenu, présenté par la partie civile comme un "beau parleur", "un bel escroc". Face au tribunal, l’homme, au bagout certain, assumera tout.

Pourtant, en 2015, quand les enquêteurs entendent pour la première fois sa maîtresse, le duo décide de se faire la belle. Direction la Hongrie puis la Roumanie. Un mandat d’arrêt international est alors délivré à leur encontre et on ne retrouvera leurs traces qu’en 2018. Ils sont alors extradés vers la France. Lui est incarcéré, elle placée sous contrôle judiciaire… Ce qui n’empêchera pas cette dernière de se faire une nouvelle fois la belle dans son pays d’origine et d’être absente à son procès, hier à Rodez.

"Je suis seul ici, ce n’est pas normal. Je me suis fait avoir, demandez-vous où est l’argent depuis", dira-t-il en direction de la présidente Sylvia Descrozailles, avant d’y répondre de lui-même : "Il est dans les casses automobiles et en Roumanie ! À la fin, ils étaient douze à vivre dans notre maison… Moi, je suis incarcéré alors qu’eux, ils ont la belle vie là-bas. Tous mes problèmes viennent de ma rencontre avec cette dame".

Un mandat d’arrêt lancé à l’encontre de sa maîtresse

"Vous remettez toute la faute sur votre ancienne maîtresse mais celui qui vendait les voitures, c’est vous. L’escroc, c’est vous ! Et vous avez laissé de pauvres gens dans le besoin…", lui répondront néanmoins les avocats de la partie civile, Me Cédric Galadrin en premier lieu, et le procureur, Chérif Chabbi, lors de ses réquisitions, rappelant au prévenu ses anciennes condamnations pour des faits similaires… "S’il y a une victime là-dedans, c’est surtout le fisc ! Mon client regrette ces faits, s’engage à indemniser les victimes mais il y a de nombreux absents dans ce procès", a quant à elle fait valoir Me Anne-Sophie Monestier-Charrié, avocate de la défense, rappelant également que sur plus de 800 ventes automobiles "seulement une trentaine de plaintes ont été enregistrées…"

Déjà incarcéré depuis 2018, son client a finalement écopé de cinq années de prison, dont deux avec sursis. Sa maîtresse, elle, a été condamnée par défaut à trois ans de prison et un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre…

En attendant, le vendeur d’automobiles véreux devra une nouvelle fois répondre de ses actes au mois de mars prochain face à de nouvelles victimes.

Quant aux dizaines de milliers d’euros que le duo doit désormais verser aux victimes, le procureur lui-même ne s’est fait que peu d’illusions : "J’ai bien peur que vous n’en voyiez jamais la couleur…"

JDM
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