Aveyron : s’occuper du corps et de la tête pendant le confinement acte 2

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  • Les adeptes de la course à pied sont les rares sportifs amateurs qui peuvent prétendre s’entraîner sans trop de contraintes.
    Les adeptes de la course à pied sont les rares sportifs amateurs qui peuvent prétendre s’entraîner sans trop de contraintes. repro cpa
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Si le corps est moins sollicité qu’en temps normal depuis le début du deuxième confinement, le mental, lui, peut pâtir de cette nouvelle pause forcée.

Pour ce deuxième confinement, les sportifs amateurs doivent, comme au printemps, s’adapter à la situation et essayer, a minima, de limiter les conséquences négatives qu’elle peut avoir. Pratique restreinte voire nulle, absence d’entraînement et / ou de compétition, mais aussi de visibilité à court terme : les écueils sont là, avec tout ce que cela peut engendrer sur le plan physique ou mental, mais les opportunités également, que ce soit de s’améliorer ou de résoudre des problèmes sur lesquels les intéressés ont pu fermer les yeux depuis plusieurs semaines ou mois.
« Tout est au ralenti en ce moment, voire à l’arrêt, ce qui limite les choses. La problématique est liée au fait que les objectifs sont loin dans le temps et très incertains étant donné que personne ne sait quand tout va reprendre, ni de quelle manière. Il faut partir du principe que les compétitions auront lieu et essayer d’étaler un peu plus la préparation dans le temps ; on en a beaucoup, il faut l’utiliser », explique David Ancel, préparateur mental installé à Olemps, qui suit un peu moins de sportifs présentement que d’habitude.
« Ceux qui viennent me solliciter actuellement sont ceux qui avaient déjà cette idée depuis un moment et qui se décident à franchir le pas du fait du contexte, révèle-t-il. Je ne peux pas proposer de suivis sur trois mois, je suis sur une formule plus longue, qui permet de commencer le travail maintenant et de couvrir la reprise des compétitions si elle intervient au cours des semaines à venir. Le levier sur lequel je joue est de leur dire que la situation est ce qu’elle est, qu’il n’y a pas besoin d’analyser les choses, d’être déçu et de chercher à rebondir ; non, il faut qu’ils soient flexibles, car les compétitions reprendront un jour, et ce jour-là, ceux qui seront prêts seront ceux qui se seront le mieux adaptés. De plus, cela permet de voir la situation de façon différente, d’être un peu plus tranquille et de donner un sens à l’entraînement. »

« Une forme d’anxiété »

Cette trêve forcée ne doit en tout cas pas donner lieu à une remise totale en question, selon le spécialiste du tir à l’arc.
« Si des choses ont fonctionné par le passé, il faut les garder ou les adapter, les remettre au goût du jour, et ne pas vouloir trop en faire. Lorsque ce sera possible, il faudra reprendre les compétitions tranquillement et échelonner jusqu’à l’objectif final s’il y en a un, pour atteindre son pic de forme à ce moment-là », éclaire-t-il, en soulignant ressentir chez certaines des personnes qu’il suit une forme d’anxiété, ce que confirme Tin Kojic, ostéopathe installé à Luc-la-Primaube.
« Depuis le début du deuxième confinement, je constate deux tendances chez les gens qui viennent me consulter. La première est liée à un aspect un peu psychologique : beaucoup sont, non pas déprimés, ce serait un peu exagéré, mais mal mentalement du fait qu’il n’y a plus de compétitions et qu’ils ne peuvent plus s’entraîner pour certains. La seconde relève du physique, avec des sportifs qui prennent le temps de soigner les petits bobos qu’ils traînaient depuis un moment », détaille celui qui collabore au Roc handball et qui base une bonne partie de son travail du moment sur l’écoute.
« C’est l’une des premières choses à faire, pour essayer de remonter un peu le moral, confie-t-il. La période est difficile mais permet de tout remettre en perspective. Le sport est important mais à côté de ça, il y a des gens qui meurent ou qui sont en difficulté. La sinistrose ambiante est pesante et joue beaucoup, et les chaînes d’information en continu notamment. Il faut s’informer mais, comme je disais, relativiser également, pour ne pas souffrir physiquement. Actuellement, je constate une recrudescence de douleurs liées à cette baisse de moral, très souvent dans le dos, qui est l’un des points de somatisation principaux. »

Éviter de trop en faire

Un autre risque de la période actuelle est de voir des pratiquants accroître de façon importante leur volume d’entraînement et / ou l’intensité de leurs séances, dans une forme de dérivatif, avec comme risque, renforcé par la période automnale ou hivernale, de se blesser.
« On voit aussi des personnes plutôt sédentaires qui se remettent au sport parce qu’elles sont en télétravail ou confinées et qui se livrent à des reprises trop rapides. Il faut être progressif », souligne le fils de l’entraîneur de l’équipe féminine première du Roc handball.
« On constate cette tendance à la surcharge chez beaucoup de coureurs à pied et à terme, ils risquent de le payer, surtout s’ils ne s’hydratent pas bien ou si la prise en charge médicale, en cas de petit pépin, n’a pas lieu dès le début. Il ne faut surtout pas chercher à en faire plus qu’auparavant ou alors, y aller de façon vraiment progressive, peut-être avec l’aide d’un coach sportif, pour guider. On sent clairement qu’il y a un besoin d’air frais, notamment parce que l’on voit plus de monde qui court que d’habitude, mais il faut savoir rester raisonnable », insiste Cyril Druilhe, kinésithérapeute installé à Rodez et lui-même coureur à pied, qui accueille néanmoins moins de sportifs en ce moment que d’habitude : « On a surtout des patients en fin de traitement, on voit moins de blessures à la suite de reprises. L’explication tient pour moi au fait que la pratique sportive en compétition étant arrêtée du fait du confinement, il y a moins de traumatologie. Comme les gens concernés ne savent pas quand ils vont reprendre et qu’ils n’ont pas forcément de protocoles d’entraînement de la part de leur staff, ils mettent moins d’intensité dans ce qu’ils font pour se maintenir en forme, et, par conséquent, se blessent moins. »
 

R.G.
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