Rodez : la détresse d'une mère "toxique" à la barre

  • L'illustration du complexe d'Œdipe à la barre du tribunal de Rodez, ce mercredi matin.
    L'illustration du complexe d'Œdipe à la barre du tribunal de Rodez, ce mercredi matin. José A. Torres - Illustration
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À 77 ans, elle est poursuivie pour "harcèlement" sur la personne de son fils.

A-t-elle compris le sens de son procès et la raison de sa présence devant le tribunal de Rodez ? On en doute. À 77 ans, cette dame domiciliée à Gap, malentendante et contrainte de s'appuyer sur son avocate, Me Elisabeth Rudelle-Vimini, pour entendre les questions de la présidente Sylvie Rouanne, comparaissait pour "harcèlement" sur son unique fils, âgé de 39 ans.

C'est lui qui le 9 août 2019 dépose plainte à la gendarmerie de Rodez. Voilà plusieurs années qu'il a décidé de s'installer dans l'Aveyron et de couper les ponts avec sa famille. Sa mère ne l'accepte pas. Elle lui envoie alors de nombreuses lettres, l'appelle avec plusieurs téléphones portables et se rend même à son domicile et à son travail après avoir retrouvé sa trace et son adresse grâce à un détective privé installé à Paris. "Je n'ai plus une grande espérance de vie et je ne peux pas accepter de ne plus avoir de relation avec mon seul enfant, je ne peux pas faire comme s'il n'existait pas", confesse-t-elle, émue, devant le tribunal. "Il est sous influence de sa compagne", poursuit-elle, alors que son fils, lui, a préféré ne pas se présenter devant la juridiction.

"Je n'ai jamais vu une relation mère-fils aussi toxique"

"Il ne veut plus la croiser, il n'a plus la force physique. Ce harcèlement lui a coûté sa santé, il ne peut plus travailler, vit sous une angoisse permanente... On voit souvent des relations toxiques entre les parents et les enfants dans ces salles d'audience mais comme cela, jamais !", plaide son avocate, Me Emma Plainecassagne, rappelant l'enfance douloureuse et les nombreux passages de l'enfant en hôpital psychiatrique. "Aujourd'hui, il en va de sa survie, sa mère en a fait son objet depuis de trop nombreuses années", avance-t-elle encore, alors que le ministère public a, lui, tenté dans ses réquisitions de "trouver une peine adaptée" pour la septuagénaire. Une amende de 3000€ a été réclamée. "Si l'on doit taper au portefeuille pour que ce harcèlement s'arrête, il faut le faire", souffle Olivier Naboulet, procureur de la République.

La décision a été mise en délibéré au 12 mai prochain. En attendant, la juge Sylvie Rouanne s'est évertuée à faire comprendre à la mère de famille "que son fils ne voulait plus de contact" avec elle et qu'il fallait "respecter ce choix"... 

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