Réduire les émissions de méthane serait la mesure la plus efficace pour ralentir le réchauffement climatique (et c'est possible)

  • Si le méthane est actuellement à l'origine d'environ 30% du réchauffement climatique, il présente toutefois l'avantage  de se décomposer dans l'atmosphère au bout d'une dizaine d'années, soit bien plus rapidement que le CO2.
    Si le méthane est actuellement à l'origine d'environ 30% du réchauffement climatique, il présente toutefois l'avantage de se décomposer dans l'atmosphère au bout d'une dizaine d'années, soit bien plus rapidement que le CO2. Clara Bastian / Getty Images
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(ETX Studio) - Limiter dès maintenant nos émissions de méthane pourrait non seulement changer la donne dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais cela est en plus totalement à notre portée, affirme une nouvelle étude de l'ONU. Selon le rapport, cette stratégie pourrait nous permettre de réduire la température de la planète de 0,3°C d'ici 2045. 

Quand on évoque le réchauffement climatique, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) se retrouvent bien souvent sur le devant de la scène. Mais les émissions de méthane (CH4), autre gaz à effet de serre, contribuent également au réchauffement de notre planète.

D'après des estimations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), l'impact du méthane sur l'environnement serait 84 fois plus important que celui du CO2 sur une période de 20 ans. Or, les émissions de méthane rejetées dans l'atmosphère ont augmenté de 9% entre 2000 et 2017, selon une étude du Global Carbon Project dévoilée en juillet 2020.

Si le méthane est actuellement à l'origine d'environ 30% du réchauffement climatique, il présente toutefois l'avantage (non négligeable) de se décomposer dans l'atmosphère au bout d'une dizaine d'années, soit bien plus rapidement que le CO2 (environ 100 ans). De surcroît, il existe des stratégies simples et peu coûteuses pour limiter ses émissions, assure un nouveau rapport réalisé par le programme environnemental des Nations Unies Climate & Clean Air Coalition

Principalement connu pour sa pollution liée à l'élevage de bétails (et donc à la viande que nous mangeons), le méthane représente la deuxième source de réchauffement de la planète. Mais ce gaz à effet de serre est également impliqué dans la gestion des déchets (notamment les décharges à ciel ouvert qui émettent du méthane dans l'atmosphère), ainsi que l'exploitation des combustibles fossiles.

Identifier et réparer plus efficacement les fuites de méthane lors des extractions des énergies fossiles, améliorer la captation du biogaz issu des déchets organiques, changer l'alimentation des vaches destinées à l'élevage - par exemple en troquant le maïs ou le soja contre des graines de lin ou de la luzerne - font partie des stratégies à mettre en place pour limiter les émissions de méthane. 

Bien sûr, la nature et l'ampleur des stratégies à mettre en place varient selon les pays. "En Europe et en Inde, c'est dans le traitement des déchets qu'il y a le plus de potentiel de réduction. En Chine, c'est dans l'industrie du charbon et l'élevage. En Afrique, dans l'élevage et l'industrie du pétrole et du gaz", indique l'étude. 

D'après les auteurs du rapport, réduire dès maintenant les émissions de méthane permettrait d'éviter un réchauffement de la planète de près de 0,3 °C à l'horizon 2045. Au-delà de l'aspect environnemental, diminuer les émissions de méthane permettrait également d'éviter 255.000 décès, ainsi que pallier la perte de 26 millions de tonnes de récoltes. 

Relaxnews
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