Les manifestations, un risque de contamination faible

  • Une absence de distanciation constatée.
    Une absence de distanciation constatée. ALEXIS BETHUNE
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Les rassemblements sont-ils des foyers de propagation du virus ? Si la possibilité existe, le risque demeure faible. Explications.
 

Alors que près de 200 000 personnes ont manifesté samedi dernier en France, les avis des scientifiques divergent sur conséquences de ces rassemblements sur le plan sanitaire. Les manifestations futures "bombes épidémiques en puissance" ? C’est le problème que soulève Le Figaro ce mardi. Alors que quelque 10 000 personnes ont par exemple manifesté samedi dernier à Montpellier, le quotidien a demandé à des scientifiques leurs projections.

Pour la professeure Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, "cela tombe sous le sens. Avec un variant très contagieux, des personnes non-vaccinées donc plus susceptibles d’être infectées et de transmettre le virus, et une grande promiscuité, il y a de quoi créer de beaux clusters". Un danger qui serait accentué avec le variant Delta, supposé beaucoup plus contagieux.

Un risque faible, selon certaines études

Les dernières études montrent qu’en réalité le risque serait faible. Le Figaro relate qu’une "étude de l’université de Californie en février dernier, synthèse de cinq enquêtes internationales sur la transmission du Sars-CoV-2, signalait que les contaminations en extérieur représentaient moins de 10 % des infections". Santé publique France n’a pour le moment recensé que des clusters en intérieur. Mais, on le sait, ceux-ci sont difficiles à tracer. La professeure Annesi-Maesano, directrice de recherche de l’Inserm et professeure d’épidémiologie environnementale à Montpellier, affirme que "pour que le virus se transmette de l’un à l’autre, il faudrait vraiment que le malade ait craché, que cela atteigne la main de son voisin qui touche à son tour son nez ou sa bouche. La contagion est donc loin d’être systématique."

"On se tromperait de priorité en pointant du doigt les manifestations, alors que beaucoup d’endroits clos manquent encore d’un système de ventilation adéquat", nuance la scientifique auprès du Figaro.

JDM
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