Thierry Campion (La mascotte à Paris) : "On a besoin de stabilité et de sérénité"

  • Patron de La Mascotte, à Paris (18e arrondissement), dans le quartier de Montmartre, prenant le relais de ses parents, depuis le 1er avril 1992, le Nord-Aveyronnais Thierry Campion garde le sourire : "On n’a pas retrouvé le rythme d’avant la crise sanitaire, notre santé n’est pas sereine mais ça ne va pas trop mal".	Rui Dos Santos
    Patron de La Mascotte, à Paris (18e arrondissement), dans le quartier de Montmartre, prenant le relais de ses parents, depuis le 1er avril 1992, le Nord-Aveyronnais Thierry Campion garde le sourire : "On n’a pas retrouvé le rythme d’avant la crise sanitaire, notre santé n’est pas sereine mais ça ne va pas trop mal". Rui Dos Santos Rui Dos Santos
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Si le Nord-Aveyronnais âgé de 58 ans, qui tient les rênes de ce bel établissement, situé au pied de la butte de Montmartre, reconnaît que "la situation n’est pas trop mauvaise", il attend toutefois de voir comment vont se passer octobre, novembre et décembre, qui sont "les mois forts" pour la brasserie. Il croise donc les doigts pour être "épargné par les grèves, les manifestations...".

Pas trop mal ! Mais, ce n’est pas le fruit du hasard. Cela ne s’est pas fait sur un simple claquement de doigts. On ne s’est pas laissé faire, on a tout mis en œuvre pour essayer de rebondir". à la question de savoir comment La Mascotte a traversé la pandémie, Thierry Campion, qui tient les rênes de cet établissement, situé 52, rue des Abbesses à Paris (dans le 18e arrondissement), depuis le 1er avril 1992, date à laquelle il a pris le relais de ses parents, assure que "la brasserie conserve le cap".

Le Nord-Aveyronnais de 58 ans garde le sourire et la foi. Il détaille son propos : "Au cours du premier confinement, on a remis les lieux en état. On a saisi la chance de reprendre en main des choses qu’on avait laissées de côté, notamment des travaux. Cela a été bénéfique". Et il saute aussi sur l’occasion pour "saluer les aides du gouvernement" :

"Elles ont été nécessaires, à la hauteur du problème. Cela a été un soulagement. On a poussé un grand ouf avec le report des emprunts et des charges, car on avait beaucoup investi. Sans oublier, le chômage partiel, qui a été une bouffée d’oxygène. On avait tout de même près d’une trentaine de salariés". S’il a donc "assez bien maîtrisé" la première parenthèse, celle de la fermeture pure et simple, Thierry Campion avoue "avoir beaucoup appris" de celle qui devait durer de fin octobre à début décembre 2020 et qui, en fin de compte, s’est poursuivie jusqu’à mi-janvier 2021. "On a fait un bon mois de décembre grâce à nos plateaux de fruits de mer, souligne-t-il. On a profité des fêtes". Tant et si bien qu’il a même enfilé une nouvelle tenue : "On est resté sur le trottoir !".

Pour éviter les interprétations, il donne quelques détails : "Cela faisait longtemps que je voulais explorer le créneau de la vente à emporter. On s’est engouffré dans un nouveau marché, c’est intéressant". Le maître des lieux étaie avec quelques chiffres : "Cela nous a permis de faire revenir un peu de personnel (deux ou trois en cuisine, des chefs de rang, des serveurs...) pour atteindre entre 10 et 15% du chiffre d’affaires habituel". Mais l’objectif était également ailleurs : "On a gardé le lien avec nos habitués, qui représentent 80% de notre clientèle, en leur proposant des plats traditionnels, comme les traiteurs de l’époque. Et quand on a rouvert en mai, ils étaient tous là. Pas de doute, on est une brasserie de quartier".

Le sentiment est-il le même pour l’été ? "Ce n’est pas l’euphorie ! ça bouge un peu mais les touristes ne sont pas notre cheval de bataille", tempère Thierry Campion. Lequel va être surtout attentif à la fréquentation d’octobre, de novembre et de décembre. "On a besoin de stabilité et de sérénité", conclut le patron de La Mascotte.

Rui Dos Santos
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